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M. Thibault se rend dans rExtrême

Ouest. — Plus heureux était alors un missionnaire catholique que nous connaissons déjà. L’important fort Edmonton avait pour gouverneur un catholique du nom de John Rowand. Ce fonctionnaire ayant écrit que les Indiens de son voisinage ne voulaient point du ministre Rundle, qui avait passé avec lui l’hiver de i84o-4i, mais accepteraient les services d’un prêtre catholique, M. Thibault se rendit, dans l’été de 1842, à ce poste lointain, où il fut reçu à bras ouverts non seulement par les métis et les Canadiens-français qui s’y trouvaient, mais encore par les Cris et les Pieds-Noirs qui le fréquentaient.

Même ceux qui avaient embrassé le méthodisme se convertirent alors à la religion que leur prêcha le prêtre canadien.

Ce missionnaire répéta l’année suivante son expédition

LES MISSIONNAIRES

apostolique. Il fit un grand nombre de baptêmes, et établit même une mission, celle de Sainte-Anne, à quelque /i5 milles à l’ouest d’Edmonton. Ces voyages devaient avoir pour les catholiques les conséquences les plus importantes. Ils leur ouvraient les portes du Grand-Nord, où leurs travaux ont depuis été couronnés de si remarquables succès.

55. Le Fléau des Boissons enivrantes. — A la Pdvière- Rouge, d’autres soucis occupaient les autorités de la petite colonie. En mars i843, celle-ci comptait 5.i43 habitants, dont 2.798 étaient catholiques et 2.345 protestants. Des blancs sans principes ne se faisaient pas scrupule de distiller des boissons enivrantes, pour les vendre ensuite aux Indiens et aux métis, au grand détriment de la morale et de l’ordre public. Dès le 8 juin i84o, le conseil de l’Assiniboia avait défendu sous les peines les plus sévères ce trafic odieux et, le 25 juin de l’année suivante, toute distillation privée de spiritueux avait été interdite. Les évêques catholiques de l’Est avaient de plus, à la demande de Mgr Provencher, envoyé aux autorités de la compagnie, à Londres, un mémoire incriminant indirectement cette corporation et demandant la répression des abus signalés. Enfin, comme la distillation clandestine des spiritueux continuait malgré tout, des métis français influents avaient, le 17 juin i843, pétitionné le conseil en vue de voir s’établir dans la colonie une distillerie publique dont les opérations seraient sous le contrôle du gouvernement, requête à laquelle on devait faire droit deux ans plus tard.

56. Meurtre de M. Darveau. — En attendant, l’évêque de Juliopolis faisait prêcher la tempérance à tous ses prêtres. Parmi les plus dévoués à cette cause, se trouvait M. Darveau, que nous avons déjà vu à la baie des Canards. Sur l’invitation de certains Indiens du Pas, il s’était rendu

à leur place le 28 août i843, et y avait été en butte à toutes sortes de persécutions de la part des adeptes du catéchiste anglican, H. Budd, auxquels celui-ci avait persuadé que le missionnaire catholique était un windigo, espèce de sorcier malfaisant qu’il était alors d’habitude de tuer sans aucune forme de procès.

Malgré cela, le courageux prêtre avait promis à ses fidèles de revenir l’année suivante établir une mission au milieu d’eux. Il était parti pour remplir cette promesse lorsque, le 4 juin i844, il fut assassiné par des Indiens noncatholiques sur les bords du lac Winnipegosis. L’on fit alors courir le bruit qu’il s’était noyé. De peur qu’il ne trahît les meurtriers, son compagnon métis, un nommé Jean-Baptiste Boyer, partagea le même sort. Quant à un jeune Indien muskégong qui l’accompagnait également, sa vie fut momentanément épargnée. Mais comme il menaçait plus tard de révéler le drame dont il avait été témoin, on l’emmena un jour à la chasse et on ne le revit jamais plus.

57. Arrivée des premières Religieuses. — Comme pour compenser la perte d’une vie si précieuse, quatre soeurs grises arrivèrent à Saint-Boniface le 21 juin i844- Elles venaient du Bas-Canada, et leur supérieure était Mère Valade. C’était un grand renfort pour la colonie tout entière. Car non seulement ces religieuses se mirent immédiatement à faire la classe aux enfants, mais elles devaient bientôt recueillir chez elles les vieillards et prendre soin des malades.

L’institut auquel appartenaient les nouvelles arrivées, avait été fondé par Mère d’Youville, sœur du Lajemmeraie que nous avons vu remplir le rôle de lieutenant du grand Lavérendrye, et dont la mort prématurée avait occasionné la première sépulture chrétienne dans l’Ouest canadien.

LES MISSIONNAIRES

Les protestants furent alors heureux de recevoir la visite de l’évêque anglican de Montréal, qui vit son premier temple à la Rivière-Rouge le 23 juin i844, et visita les différentes missions sauvages sous les auspices de sa communion. Cette tournée leur donna le désir d’avoir parmi eux un dignitaire du même rang, désir qui allait se réaliser quelques années plus tard.

58. La première Exécution capitale dans l^Ouest. — Plus au sud, les métis avaient depuis quelques années vécu dans un état d’hostilité plus ou moins prononcée avec les Sioux des Etats-Unis. Le i4 novembre i844, ceux-ci leur firent des ouvertures de paix, qui aboutirent le 12 février de l’année suivante.

Cette circonstance rendit un peu de sécurité au pays, et des bandes de Sioux commencèrent à s’aventurer jusqu’au fort Garry sans être inquiétés par personne. Un jour pourtant l’un d’eux eut à souffrir de Lagression d’un Sauteux. C’était le 3i août i845 : d’une seule balle l’Indien en question abattit un Sioux et un Sauteux et faillit même tuer un blanc.

On voulut faire un exemple du meurtrier. Il fut jugé selon toutes les règles de la justice et pendu le 6 septembre suivant. C’était la première exécution capitale qu’on eût jamais vue dans tout le pays, et il va sans dire qu’elle fit beaucoup d’impression sur la population indienne. Elle apprit par là que le crime ne restait point impuni chez les blancs.

QUESTIONNAIRE

1. Quand arrivèrent les premiers ministres méthodistes et qui étaient-ils (51) ?

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