‹ Histoire abrégée de l'ouest canadienChapitre 7 sur 78 · LES POSTES FRANÇAIS DE L’OÜEST · texte numérisé non relu

LES POSTES FRANÇAIS DE L’OÜEST

12. Lavérendrye et ses premières Explorations. — Pierre Gaultier de Varennes de la Vérendrye — qui signait tout simplement Lavérendrye — était le fils d’un Français marié à une Canadienne, et avait vu le jour aux Trois-Rivières le 19 novembre i685. Après avoir servi honorablement dans l’armée française en Europe, il avait dû se mettre dans le commerce des fourrures; puis le gouverneur de Beauharnois lui avait officiellement confié la tâche de découvrir la fameuse mer de l’Ouest.

Dans ce but, ce gentilhomme quitta Montréal le 8 juin 1731 à la tête de a 5o voyageurs )), prenant avec lui en chemin le P. Charles Mesaiger, jésuite qui lui servit de premier aumônier. Dans l’automne de cette même année, il fonda le fort Saint-Pierre, sur le lac la Pluie, et, au mois de juin suivant, il érigeait le fort Saint-Charles, sur le lac des Bois.

Etant retourné dans l’Est en 1733, le missionnaire qui l’accompagnait eut pour successeur le P. J»ean-P. Aulneau, S. J., jeune prêtre plein de zèle qui fut massacré par des Sioux, avec le fils aîné de Lavérendrye et 19 autres Français, sur une île du lac des Bois, à 16 milles du fort Saint- Charles (6 juin 1736).

13. Sur les Plaines et aux Montagnes. — Ce malheur n’empêcha point Lavérendrye de continuer le cours de ses explorations et d’ajouter encore au nombre d’établissements de commerce que le forçait d’entreprendre le fait qu’on ne lui avait donné d’autres ressources pécuniaires

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que celles qu’il pourrait trouver dans la traite des pelleteries. Les sauvages admirèrent généralement sa bonté vraiment paternelle et son inépuisable patience; mais le commerce des fourrures ne lui permit jamais de faire face à ses obligations, et il se vit bientôt sérieusement en dette avec ses fournisseurs de Montréal. Il n’en fonda pas moins les forts Maurepas, à Tembouchure de la rivière

Winnipeg (1734), la Reine, à l’emplacement de Portagela-Prairie (septembre 1788) et Rouge, à l’embouchure des rivières Rouge et Assiniboine (très peu après). Le 24 septembre 1788 le vit pour la première fois à ce point important qui est aujourd’hui Winnipeg.

Du fort la Reine il se rendit, d’octobre 1788 à février 1789, au pays des Mandanes, Missouri supérieur; puis il fît faire à son fils le chevalier des explorations aux lacs Manitoba, Dauphin, Winnipegosis et Bourbon, ainsi qu’à la Saskatchewan inférieure. A la fin de 1742, le même

chevalier découvrit même les montagnes Rocheuses, dont il atteignit la base le 12 janvier de Tannée suivante.

Le P. Godefroy Cocquart, S. J., fut le chapelain de Lavérendrye aîné au fort la Reine à partir de Tété 1743 jusqu’au printemps 1744. Dans l’automne de cette dernière année, les dettes et les tracasseries des marchands et des fonctionnaires de TEst contraignirent Lavérendrye à démissionner comme explorateur officiel et administrateur des postes qu’il avait fondés.

14. Le premier successeur de Lavérendrye. — Le capitaine Charles-J. de Noyelle lui succéda dans cette double

^ charge, que le concours des fils du découvreur lui-même lui rendit plus légère. Il se rendit au fort la Reine dans Tété de 1748, en compagnie du chevalier de Lavérendrye, qui établit bientôt après un poste qu’il appela fort Bourbon, sur le lac du même nom et tout près du lac Winnipeg, ainsi qu’un autre, sur la Basse-Saskatchew^an, qui fut connu comme le fort Poskoyac, Paskoya ou Pasquia • — aujourd’hui Le Pas.

Le 6 décembre 1749, Lavérendrye père mourait à Montréal, et, malgré les instances de son fils le chevalier, qui eût voulu continuer son œuvre et recouvrer les crédits qu’il avait avancés dans l’Ouest, Jacques-R. Legardeur de Saint-Pierre, homme droit mais vif et sans ménagements, succéda à de Noyelle, recevant comme chapelain au fort la Reine (lySo) le P. Jean-Baptiste de la Morinie, Jésuite, qui ne put rester longtemps avec lui.

15. De Saint=Pierre et de la Corne. — L’administration de Saint-Pierre fut marquée par la fondation, à l’emplacement de la ville actuelle de Calgary, d’un poste auquel on donna le nom de fort la Jonquière (mai lySi). Le 22 février 1752, de Saint-Pierre faillit lui-même devenir victime des sauvages dans son propre établissement du fort

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