MENDOZA
Don Diego Hurtado de Mendoza (1503-1575), exerça comme prosateur une influence favorable sur son époque. Esprit grave, sérieux, satirique, il prit Horace pour modèle, IT passa la plus grande partie de sa vie en Italie comme ambassadeur de Charles-Quint et y mérita les titres de Gonfalonnier et de Porte-Etendard de l'Eglise,
Mendoza avait reçu de la nature les plus belles facultés de l'intelligence ; il sut les cultiver et les mettre à profit pour la gloire littéraire de son pays, Ï étudia le grec, le latin, l'hébreu, l'arabe, la philosophie scolastique, la théologie et le droit canon. Les services qu'il rendit à la science et aux lettres sont incalculables, par les recherches qu’il fit dans les vieilles archives arabes, L'Europe lui doit la plupart des écrits des saints Pères grecs ct latins, d'Archimède, de Josèphe, d'Hiéron, d'Appius, ete,
Historien, homme d'état, orateur, philosophe, guerrier, polyglotte, poëte ct théologien, Mendoza affermit la poésie nationale en lui donnant une base plus solide, I lui donna de l'extension dans les genres sérieux. Mendoza était, avant tout, un talent classique. Son épître à Boscan sur le Bonheur de lu médiocrité (la mediania), rappelle une des épîtres résulières d'Horace, Son roman, les Aventures de Lazarille de Tormes, est encore fort goûté des Espagnols, Dans ce récit de friponneric, il