‹ Histoire abrégée de la littérature [microforme]Chapitre 160 sur 221 · ÉCOLE ROMANTIQUE · texte numérisé non relu

ÉCOLE ROMANTIQUE

En même temps que Chateaubriand engageait la littérature dans une voie nouvelle, fondait le roman moderne avec Aéné, avec les Martyrs, et l'école historique moderne avec le Discours sur la chute de l'empire romain, Mme, de Staël initiait ses contemporains à la littérature allemande et posait les bâses du romantisme.

le rendre foule, en

ndité dans elle aïme racher au hinière et

novembre des Gens

de Dumas celle d'un eté, logeait entre nous règle, d'un hommes de rrières, qui . C'est le libéralités Dette figure À sa mère, mnaire qui are fortune illustres et que la plus umas, fils, Camélias, Lustel, La ble par ses ‘e contem-

e dans une Lartyrs, et le l'empire littérature

Tant de formes diverses que notre littérature avait revêtues pendant deux siècles du développement le plus riche et le plus actif, n’avaient pas épuisé, dit M. Joubert, l’ordre entier des sentiments et des idées de l'humanité. Il restait tout un côté de l’âme à exploiter pour l'éloquence et la poésie, Jusques là, les impressions qui naissent des beautés de la pature, des richesses variées de la création, n'avait occupé qu'une faible place dans notre littérature. Fénélon avait surtout étudié et senti les charmes de la campagne dans Homère; ses plus illustres contemporains avaient détourné des champs leurs regards fascinés par les grandeurs de la vie sociale et le luxe des cours. Les poëtes du XVIIIe siècle n'avaient fait, dans leurs bergeries, que la plus ridicule contrefaçon de la vie pastorale. La nature attendait done des peintres. En outre, toutes ces nuances de sentiments, toutes ces idées délicates et fugitives, ingénieuses et fantastiques, qui naissent de la partie la plus brillante et la plus capricieuse de l'imagination, que la raison n’admet que par une sorte de tolérence, mais dans lesquelles on trouve tant de douceur à se bercer, à se perdre quelquefois, et qui ont pour nous un charme indéfinissable de mystère et de rêverie; tout cela était resté en dehors d’une poésie, touchante, sans doute, dans nos grands maîtres du XVIIe siècle, mais toujours éminemment raisonnable, et, plus tard, ironique et froide au siècle suivant.

Ce sont ces cordes, jusque là muettes, que les romantiques allaient faire vibrer.

L'état de décrépitude dans lequel était tombé le théâtre, la poésie, le roman, à la suite des pâles imitateurs de Racine et de Voltaire, rendait nécessaire une révolution aussi radicale en littérature que celle de 1789 l'avait été en politique.

Le romantisme ne fut qu’une conséquence claire des tons mystérieux aui président au mouvement des idées dans l’ordre purement littéraire, aussi bien que dans l’ordre philosophique, historique et scientifique, Aux révolutionnaires de la politique devaient succéder les révolutionnaires des lettres. L'’affranchissement devait se produire à tous Îles degrés dans les esprits, et voilà pourquoi les règles caduques d’Aristote et la poétique trop sévère de Boïleau, tombèrent du jour où la main puissante de Victor Hugo osa arborer le drapeau de la réforme.

On renouvela tout, même la langue, mais ce ne fut pas sans une longue lutte, car la vieille école avait des représentants actifs et popu-

laires, mais la rénovation littéraire fut consommée par les audacieuses et heureuses tentatives de Lamartine, de Victor Hugo, et d'Alfred de Musset, ces trois grands maîtres qui personnifient le grand mouvement lyrique de 1830. Ces trois génies symbolisent toute une génération à la fois rêveuse, enthousiaste et frivole et comptent, parmi leurs imitateurs, des talents pleins d'originalité. C’est, pour ne nommer que les principaux : Barbier, le poëte des Zambes, d’une facture si neuve et gi vigoureuse; Barthélemy, le maître de la satyre politique ; Théophile Gauthier, l'élégant fantaisiste, le formiste irréprochable des Emaux et Camées ; c'est Brigeux, le tendre et mélancolique auteur des Ternaires et de Fleur d'Or ; Laprade qui a cherché ses inspirations, tantôt dans le panthéisme, tantôt dans l’évangile; Alfred de Vigny, religieux et chevaleresque; Sainte-Beuve, qui fut l’auteur des Nuits d'août, des Consolations, avant de devenir le critique du lundi; Leconte De l'Isle, amant de l’antiquité grecque; Baudelair, dont le talent incontestable est perdu à cause de l’étrangeté de la forme et la bizarrerie des inspirations.

L'école romantique a été non moins heureuse au théâtre; le nom qui y domine tous les autres, est comme dans la poésie lyrique, celui de Victor Hugo. L'auteur d'Hernani et de Ruy-Blas a vécu assez longtemps pour assister au triomphe de ses idées, et voir couronnés la plupart de ceux qui s'étaient fait ses élèves, il y a cinquante ans.

On a encore présent à l'esprit les manifestations littéraires qui accompagnèrent la reprise d'Hernani, et celle du théâtre d'Alexandre Dumas, l’'émule de Victor Hugo, et son disciple le plus populaire au théâtre, Mais les plus grands succès étaient réservés à Scribe, dont les pièces, irréprochables comme mise en scène, ont tenu l'affiche, non-seulement à Paris, mais dans toute l’Europe, pendant toute une génération. Son école est morte aujourd’hui; Scribe avait eu le tort de trop négliger l'idée pour ne voir que l’arrangement des scènes. La comédie contemporaine, réservée à un plus grand avenir, semble née d’un compromis entre la manière de Scribe et celle des romantiques: elle emprunte au premier son habileté d'arrangement, de mise en scène; aux seconds l'intérêt poignant et l'étude des mœurs. Alexandre Dumas, fils, Emile Augier, Victorien Sardou, Barrière, comptent parmi ceux qui ont le mieux réussi.

Le roman est aujourd'hui la forme la plus populaire de la littérature

] ( ( ‘ ) J Le

leuses et Ifred de Juvement ration à rs imitar que les uve et si 'héophile Jmaux et l'ernaires jt dans le gieux et août, des De l'Isle, ntestable les inspi-

nom qui celui de sez longronnés la S, 1 accom- > Dumas, théâtre, s pièces, eulement nn, Son négliger : contembm promis prunte au seconds ls, Emile ui ont le

ttérature

française. Entre les mains des écrivains éminents qui ont adopté ce genre, ila, pour ainsi dire, absorbé tous les autres ; il est tantôt une idylle, tantôt un drame, une satyre, une étude de mœurs, tantôt un traité de métaphysique ou de réforme sociale, et quelque fois même un sermon ; tantôt il popularisera la science, tantôt il est comme le fil d'Ariane qui conduit le lecteur jusque dans les endroits les plus cachés du labyrinthe de la conscience humaine, Alexandre Dumas et Balzac avaient tous deux étonné, émerveillé leur génération, l’un par une succession étourdissante et inattendue d'événements et de catastrophes, une variété inépuisable de physionomies et de costumes, l’autre par l'étude des caractères, par ses investigations dans les replis du cœur humain et les émotions poignantes tirées non des événements mais du simple jeu des passions. Cependant, comme œuvre d'art, aucun de ces livres n’a atteint la perfection de Notre-Dame de Paris, cette merveilleuse résurrection du moyen-âge. Après le maître, vient Stendhal et Prosper Mérimée, qui ont adopté la manière de Balzac. George Sand s’est faite la réformatrice passionnée des mœurs sociales, et a mis le talent le plus souple au service des idées les plus diverses.

Le roman-feuilleton a eu pour coryphées, indépendamment de Dumas, leur maître à tous, Eugène Sue, Elie Berthet, Ponson du Terrail, Em. Gonzalès; les études de mœurs intimes ont été cultivées plus spécialement par O. Feuillet, A. Dumas, fils, Murger, G. Flaubert, les frères de Goncourt, Hector Malot, Alp. Daudet et Chexbulliez ; le roman égrillard de Picaut et Lebrun a été continué par Paul de Kock, père et fils; M. M. Erckmann-Chatrian se sont fait une spécialité du roman patriotique ; Jules Sandeau, qui a tracé d’une main discrète des études de mœurs du temps de la Restauration ; Edgar Guinet qui s’est adonné au roman philosophique, Charles Nodier, Mery, Alphonse Karr, Léon Gozlan, Saintive, appartiennent au clan des fantaisistes dont l'unique ambition est de plaire et de faire montre d'originalité et de talent.

Le XIXe siècle occupera certainement dans l'avenir une belle place parmi les siècles littéraires ; on lui rendra compte de la somme énorme de talents dépensés, surtout en France, soit dans la poésie pure, soit dans le drame, soit dans le roman. Pourtant, son plus beau titre de gloire sera dans la renaissance des études historiques. La philosophie nous offre des noms illustres: le barreau et la tribune ont retenti des éloquentes paroles de Berryer et de Jules Favre; la politi-

que, des chaleureuses, patriotiques et mâles improvisations de Gambetta; la critique s'enorgueillit des Villemain, des Saint-Mare Girardin, des Sainte-Beuve, des Th. Gauthier, des About, et des Sarcy, mais la supériorité de ce siècle est surtout manifeste dans les études historiques. Si nous avions à caractériser d’un mot nos quatre derniers siècles, nous dirions que le XVIe est le siècle poétique; le XVITe, le siècle classique; le XVIIIe, le siècle philosophique; et le XIXe, le siècle historique,

La révolution qu'a fait le romantisme a été une révolution de forme et de fond ; au vers raide et symétrique du XVIIIe siècle, le romantisme a substitué un vers souple et puissant. D’autres différences que la richesse de rime, le déplacement de la césure distinguent le vers romantique du vers classique : c’est le plein du vers, la vigueur, l'énergie, l'audace du mot propre surtout. La révolution à été radicale. Il est des gens, dit un critique, qui s’imaginent que le romantisme a été un accident, une catastrophe, comme on l'a dit de la Révolution de 1848, une invasion des barbares un instant subie et heureusement repoussée. Il n'y a qu'une seule chose à répondre à cela : e’estque supprimer la littérature romantique du XIXe siècle, c’est supprimer toute la littérature. Qu'on retire en effet ces noms: Chateaubriand, Mme de Staël, Lamartine, Victor Hugo, Alexandre Dumas, Charles Nodier, Alfred de Vigny, Sainte-Beuve, Emile et Antony Deschamps, Balzac, Auguste Barbier, George Sand, Théophile Gauthier, Mérimée, Alfred de Musset, Jules Janin; que restera-t-il? Toute notre époque a été essentiellement romantique. La rénovation a été tentée dans tous les genres, drame, poésie lyrique, roman, histoire même ; l'histoire s’est transformée pour satisfaire ce besoin de nouveauté et d’exactitude qui se faisait sentir partout, Mais on ne peut disconvenir aussi que les questions de forme ont souvent

primé les questions de fond ; que dans l'ardeur de la lutte on a confondu

toutes les règles, celles qui étaient judicieuses comme celles qui étaient arbitraires, pour les renverser avec la même obstination enfantine, et que ces exauérations, tout en servant la liberté de l'art, lui ont nui en quelques points.

1s de Gam- Saint-Mare Jout, et des ste dans les & nos quatre poétique; le hique; et le

ion de forme le romantisences que la | vers romanénergie, l'au- .. Ilest des été un accile 1848, une ussée. Il n'y a littérature ure, Qu'on Lamartine, 1 de Vigny, ste Barbier, Tusset, Jules ment romanrame, poésie ur satisfaire tir partout, ont souvent n a confondu s qui étaient ntine, et que i en quelques

Page 1