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GUIZOT

L'unité de la langue latine régnait, au XITe siècle, à des hauteurs presque inaccessibles pour les populations encore peu civilisées de l'Europe; c’est vers cette époque que les langues vulgaires se créèrent une existence à part, et qu'apparurent la plupart des idiômes populaires et nationaux,

La langue anglo-germanique est l'une des cinq branches de la famille des langues germaniques ; elle ne comprend que deux idiômes : l’anglo sixon, mélange des langues parlées par les Angles, les Saxons et les Pictes, lors de leur invasion en Angleterre au Ve siècle, modifié plus

par la conquête danoise, et éteint depuis plusieurs siècles; et l’anglais parlé de nos jours en Angleterre, formé d'anglo-saxon et d'anglonormand, de quelques mots celtiques et romans et qui se subdivise en plusieurs dialectes, comprenant: 1o l'angluis proprement dit ; 20 l'an-

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glais Northumbrien ; 30 l'écossais ; 40 l'anglais ultra-européen, usité en Amérique, Du VIe jusqu'au XIe siècle, l’anglo-saxon n'éprouva que peu de changement. À cette époque on cultivait la littérature avec peu de succès.

L'historien Guidas vivait vers 560. Bède a acquis une grande réputation, au VIIIe siècle. Mais le latin était encore la langue des savants, Le roi Alfred, au IXe siècle, a fait plusieurs traductions en langue saxonne pour l'instruction du peuple. Au Xe siècle, la noblesse anglaise envoyait en France ses enfants pour apprendre le français.

Guillaume le Conquérant (1066) implanta en Angleterre, avec sa conquête, la langue de la Normandie. La noblesse parlait le français et le peuple conservait le saxon. Peu à peu ces deux idiômes se fondirent et cette fusion est la base de l'anglais actuel. D’après Thommerel (1), l'anglais, sur 43,566 mot, en a emprunté 13,330 aux langues teutoniques, 29,864 aux langues romanes, 88 aux langues celtiques, 294 à des sources incertaines.

L'anglo-normand, qui se parlait dans le {pays avant la conquête, se rapproche plus de l'allemand que l’islandais, comme on le voit par l'Explication de l'Ancien Testament, paraphrase faite au XIIIe siècle par l'évêque Coedmon, ainsi que la traduction du Boece, de Bède et autres ouvrages du roi Alfred, et par les poésies de Beowulf sur l’histoire danoise,

Les ménestrels et les troubadours furent en honneur durant les XITe et XIIIe siècles ; ils contribuèrent beaucoup à développer l'instinct poétique du peuple. Mais les meilleures intelligences s’adonnaient encore au latin, ce qui fait que la langue anglaise a été plus tardive dans ses développements que toutes les autres langues néolatines.

Quelques écrits fixèrent la langue nationale, par exemple le Castel of Love de Grosthead, l'Hymenea, poésie de Godrie (1170), une traduction du Brut de Wace, faite sous le règne de Henri II. Une traduction en vers d’une méditation de Saint Augustin, marque un changement prononcé et un retour évident de l'anglo-saxon vers l'anglais. Henri III écrivait ses proclamations dans la langue du pays, et sous Edouard Ier, le moine Robert de Glocester rédigea une chronique en vers, exemple qui fut suivi 30 ans après par le moine Robert Manning qui en écrivait une

(1) Recherches sur la fusion du franco-normand et de l'anglo-saxon, Paris, 1844.

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Le XIVe siècle vit paraître plusieurs traductions des romans de chevalerie de France, mais le nom qui mérite le plus d’être mentionné est Guillaume Langland, auteur de la Vision de Pierre Plougham, critique mordante contre le clergé.

in 1362, Edouard IT introduisait l’anglais dans les procédures au lieu du français qui était encore en usage dans la sphère officielle depuis la conquête du Bâtard. La réforme accomplit l’œuvre en fixant pour toujours la langue anglaise dans la dialectique et les actes authentiques.

“ C’est ainsi, observe un historien, que la maturité n’arriva que fort tard pour cette langue qui, si l’on en excepte la prononciation, est devedue l'une des plus logiques, abrégeant les désinences, simplifiant les genres et réduisant la syntaxe à des règles précises ; elle a fondu ensemble les idiômes du midi et du nord; et il en est résulté une langue d’une force et d'une simplicité extrême, qui s’est répandue plus que toutes les autres dans les pays étrangers, langue tellement mixte et d’un génie si libre qu’il est impossible de l’astreindre au joug d’une académie, comme on y soumet d’autres idiômes dont la vivacité est cependant susceptible de discipline.”

Trois hommes supérieurs ont donné à la littérature anglaise, dans la

première période, un développement marqué: ce sont Chaucer, Barbour et Gower.

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