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JOHNSON—GRAY—STERNE

Samuel Johnson, naquit en 1709.

Tour à tour maître d'école, traducteur, lexicographe et journaliste, Johnson s'est surtout distingué comme critique ; c’est le Schelgel de l'Angleterre. Son Livre des principaux poëtes anglais sert de source à ceux qui veulent étudier le mérite littéraire de l'Angleterre. Ce livre dénote beaucoup de science, une grande connaissance des hommes et des écrits, un goût classique et sûr.

Cependant, on considère son Dictionnaire anglais comme son chefd'œuvre. Il prit sept années à l'écrire.

Maloré toute la vogue qu'eurent ses écrits, Johnson vécut misérablement, A la mort de sa femme il lui fallut écrire un livre pour payer jes frais de l’enterrement, c’est le petit roman ÆRasselas qu’il composa en huit jours. C’est, de tous ses écrits, celui qui a le plus vivement excité la faveur publique.

(1) Livre des poetes anglais.

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Il a coopéré à la rédaction du Rodeur, du Flaneur et de ? Aventurier Ses articles sont toujours marqués au coin d’une saine critique, Sa tragédie d'/rène peut se placer à côté du C'iton d'Addison, Son poëme, lu Vunité des souhaits humtins, dénote un talent supérieur pour la poésie. Ses écrits sont contenus en 12 volumes.

La critique de Johnson se distingue par la pénétration du coup d'œil unie à un sentiment religieux, élevé et pratique; en poésie, c’est sans contredit le meilleur élève de Pope. C’est peut-être, de tous les écri-

rainsdu XVIIe siècle, celui qui de nos jours compte le plus de lecteurs en Angleterre.

Thomas Gray, naquit à Londres, le 26 novembre 1716, et mourut le 30 juillet 1771. Il fit ses études à Cambridge, prit ses desrés de Bachelier en loi, et devint par la suite professeur d'histoire et de langues modernes à cette Université.

Les Odes de ce poëte le rangent parmi les premiers lyriques de son pays. Son élégie, un Cümetière de compagne, paraît être son chef-d'œuvre. C'est ce que la littérature anglaise offre de plus poétique dans la période qui sépare Pope de Byron. Finesse de pensée, composition élégante, sentiments délicats, une mélodie tout archaïque, se confondent dans cette ode mélancolique que l'on à traduite dans toutes les langues,

Gray manie le style comme le peintre manie son pinceau, avec art; c’est un artiste en fait de style ; il est aussi tombé dans l'excès, et une recherche trop marquée se rencontre dans ses œuvres,

Parmi ses meilleures compositions on distingue ses odes à l'ÆAdrersité, à Mai, au Printemps, à la Vissicitude, à la Prospérité. I a encore laissé des écrits importants: De principiis cogitanti, une Longue histoire, le Gouvernement et l'Education, le Barde et le Progrès de la poésie. La poésie de Gray est harmonieuse dans toute l'acception du mot; chaque stance à une douceur extrême, Ses poésies lyriques doivent leur succès à l'imagination tendre et sympatique que le poëte manifeste soit par des chants mélancoliques, soit par des vers Joyeux, suivant que le sujet le requiert.

Gray était peut-être l'homme le plus instruit de son temps, on pourait dire de son siècle, Il connaissait chaque branche de l'histoire, non pas superficiellement ; mais il était capable de les analyser et d'en tirer les conséquences pratiques. Il avait étudié les principaux historiens originaux de la France, de l'Italie et de l'Angleterre. C'était encore

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un antiquaire consommé, S'il faut en croire son biographe Mason, il connaissait dans les principes l'architecture, la peinture, la musique, la géométrie, les mathématiques, la critique, la métaphysique. Il avait développé ses connaissances par de nombreux voyages. Sa conversation était aussi intéressante qu'entraînante, Sa seule ambition était la recherche de la vérité, l'étude, sa seule passion.

“S'ilest vrai, dit Teste, que la bizarrerie soit à l'originalité ce que la démence est à l'imagination, ce que le hasard est au génie, Sterne est Join de mériter la renommée dont il jouit, car il ne dut qu'aux travers d'un esprit fantasque et paradoxal l'honneur d'être cité comme le plus original des écrivains anglais. C'était néanmoins un homme extraordinaire, joignant à une érudition aussi vaste que variée la sensibilité la plus apricieuse, la verve la plus entraînante et par-dessus tout d'une gaîté qui rappelle celle de Cervantes, si elle n’était souvent bouffonne et presque toujours licencieuse ; mais Sterne ne respecte rien, ni ses lecteurs ni lui-même. Ministre de la religion, il n’en professe guère d'autre qu'un déisme absolu ; il se moque ouvertement de toutes les choses sacrées; moraliste sans mœurs, il prêche la bienveillance dans ses satyres, introduit l'épigramme jusque dans ses sermons, il laisse les siens dans l'indigence en invoquant la charité. Ses ouvrages enfin, décousus comme sa vie, sont écrits sans plan, sans suite, sans but et presque sans sujet; ce qui ne les a pas empêchés de faire à leur auteur une immense réputation,”

Laurent Sterne naquit en 1713, et mourut en 1768.

Il débuta par deux volumes de son 7ristram Shandy, ouvrage qui fut traduit dans plusieurs langues, et que certains critiques ont comparé au Gargantux de Rabelais ; il publia plus tard six autres volumes du même ouvrage, aussi intéressants que les premiers. Quoique inachevé, son Voyage sentimental est considéré comme le meilleur de ses écrits,

James Thompson (1700-1748) est un versificateur très populaire. Nes poëmes en vers blancs du Printemps, de l'Eté, de l'Automne et de l’Hiver, forment ce qu'on appelle généralement les Saisons de Thompson; la richesse du style unie à la variété s’y rencontrent, On a de lui deux autres poëmes, {4 Liberté et le Château de l'indolence ; ce dernier est son chef-d'œuvre. William Collins (1720-1756) est surtout connu par ses Odes aux Passions, au Soir et aux Superstitions «des Ecossais. Agé de 23 ans seulement, Akenside (1721-1670) publia

son poëme, Plaisirs de l'imagination, dans un langage harmonieux, abondant, expressif et coulant.

Nous devons à la plume d'Oliver Goldsmith (1728-1774) plusieurs poëmes remarquables par leur élégance, leur simplicité et leur pathétique. On mentionne surtout le Vicuire de Wakefield, le Village désert, et le Voyageur.

La poésie dramatique n'a produit rien de bien remarquable pendant cette époque sauf, dans la tragédie : la Fille grecque, d'Arthur Murphy; le Curactaeus de Mason, The gumester d'Edward Moore, le Douglas de John Home, la Mère mystérieuse d'Horace Walpole (1768), et dans la comédie : la Femme jalouse et le Mariage clandestin de George Colman ; The good natured mar etle Sicsx to Conquer de Goldsmith ; le Mari soupçonneux de Hoally ; la Fausse Délicatesse et l’ Ecole des femmes de Hugh Kelly, The maid of the will et l'Amour dans un village d'Isaac Bickerstaff.

L'imitation française avait donné naissance en Angleterre à un nouveau genre, le roman, Samuel Richardson (1689-1761), auteur du premier ouvrage classique dans cette branche de composition, publia en 1740, sa nouvelle (novel), Pamélu, qui obtient un grand succès. Henry Fielding (1707-1754) a voulu imiter Cervantes, Scarron et Lesage dans son Jistoire de Joseph Andrew et dans son Amélia. Il est trop licencieux dans son Tom Jones. Les récits de Fielding piquent la curiosité du lecteur, [Il manie l'intrigue en maître, et fait naître les incidents des incidents mêmes ; la multiplicité des événements obscurcissent et ralentissenc la marche de son action, Curessa et Sir Charles Grandisson sont encore de cet auteur. Ses œuvres forment une trentaine de volumes,

Tobias Smollet (1721-1771), a écrit les Aventures de Peregrine Peckle, Sir Lancelot, Greaves, Count Futhom, l'Expédition de Humnphry Clinker, ete. Richardson, Fielding et Smollet sont encore lus en Angleterre.

En général, on peut critiquer la licence avec laquelle ils ont écrit quelures-unes de leurs scènes; on rencontre des caractères faibles et bas, mais ils ont dépeint avec une grande exactitude les mœurs de leur temps. Ils ont fait école et eurent un grand uombre d’imitateurs. Johnson, Sterne, Goldsmith, devinrent leurs dignes rivaux. Deux autres nouvellistes remarquables, Henry Brooke, auteur du roman: The /ool

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of quality, et Charles Johnston, auteur des Aventures d'une quirée ; Henry Mackenzie, auteur de ! Homme de sentiment, de d Homme du monde et de Julia de Robigné ; Walpole, auteur du Château d'Ohonto ; Clara Recve, auteur de l'Histoire du vieux baron anglais, occupent aussi une place importante parmi les romanciers nouvellistes de l’école française.

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