‹ Histoire abrégée de la littérature [microforme]Chapitre 186 sur 221 · Ses pendant >s goûts · texte numérisé non relu

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des ennuis d'un long procès. La petite Dorrit et les Temps difficiles sont plus récents. A la suite d’un voyage fait aux Etat-Unis en 1842, voyage qui ne fut qu'une longue ovation, Dickens publia ses Notes pour la circulation générale aux Etats-Unis, (1842), qui abondent en remarques fines et ingénieuses, Les Scènes d’Itulie (1846) parurent dans le Duily News, journal qu'il fonda avec Charles Dilke, pour servir d’organe au libéralisme progressif des classes moyennes d'Angleterre,

Tous les ouvrages de ce célèbr: romancier annoncent de la facilité, de l'abondance, de l'originalité et indiquent un grand talent d'observation,

Dickens est également apprécié ecmine écrivain, comme acteur et comme lecteur. Ces talents divers sont ianés en lui; sa grande passion était, dans les derniers temps de sa vie, de jouer dans ses salons des comédies de société. Sa réputation de conférencier est non moins grande. Toute l'Angleterre, tous les Etats-Unis l'ont entendu lire en public ses propres ouvrages, Plus d’un auditeur a souvent regretté qu'il n'ait pas abordé la carrière du théâtre, tellement il sait faire vivre, agir, parler les héros de se: romans, Il ne s’assied pas dans une chaise, remarque un de ses admirateurs, ou ne se tient pas debout devant une table, comme c’est l'habitude des lectureurs, non, il s'agite, va et vient, tout travaille en lui, les jambes, les bras, les mains, dont le mouvement n'est pas sêné par de longues manchettes blanches; tout son buste est en proie à une oscillation continuelle, son visage révèle les expressions les plus diverses, mais sans jamais déplaire. Quant au style de Dickens, il est très inégal ; tantôt correct et brillant, digne des palmes académiques d'Oxford; tantôt familier, presque trivial et entremêlé d’un si grand nombre de termes d’argot que la traduction en est presque impossible pour qui n'est point familiarisé avec les particularités de la langue et de la vie anglaise, [la fait une guerre acharnée au cant, et en général, à l'hypocrisie et à l’évoïsme, défauts anglais par excellence, sous quelque germe qu'ils se produisent, Illes dévoile avec une effrayante perspicacité et sangle de ses railleries acérées la société toute entière, depuis jes lords piéthoriques jusqu'aux cockneys en haiïllons, notant avec un soin extrême les moin lres traits de caractère pour les faire concourir a l'effet général] de ses ompositions.

Le grand romancier anglais mourut le 9 juin, 1870.

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William Makepeace Thackeray naquit à Calcutta,en 1811, et mourut à Londres, en 1863. Il fit ses études à Cambridge, et passa quatre années à voyager en France, en Italie et en Allemagne.

Après avoir perdu une fortune considérable dans le journalisme, il se vit contraint d'utiliser ses talents d'écrivain pour vivre, Il aborda tous les genres avec un égal succès, Successivement, il publia les Contes comiques, les Croquis de Paris, les Secondes funérailles de Napoléon, la Chronique du Drum, les Croquis irlandais et les Snobs. La plupart de ses esquisses parurent dans le Punch, et il les illustrait lui-même d'excellents dessins. Dans son livre des Snobs, il fustige spirituellement les ridicules de la société et de l'administration anglaise. Enfin, le Voyage de Cornhill au Caire, le Bul de Mistress Perkins, et surtout la Foire aux vanités, roman sans héros (1846), en font le digne rival de Dickens, Son Æistoire de Pendennis est un tableau des mœurs de la gentilhommerie anglaise,

A l'exemple de Dickens, Thackeray aborda la tribune des conférenciers littéraires. Le sujet de ses leçons fut les Zlumoristes Anglais du XAVZile siècle, depuis Swift jusqu'à Goldsmith: elles obtinrent un immense succès dans toute l’Angleterre, en Ecosse et en Amérique.

En 1862, il publia son roman historique d’Henry Esmond, dans lequel revivent d’une manière saissisante les mœurs et les principaux personnages du règne de la reine Anne. Les New comes (Nouveaux venus), les quatre Georges, Ballades, les Ongimiens, ete., complètent la liste de ses travaux. Dans les derniers temps, il avait la rédaction du Cornhill Magazine, avec 2,000 livres sterling d’appointement. Ainsi, Thackeray, par ses talents avait réussi à se faire une position de fortune supérieure à celle que son père lui avait laissée. Comme Dickens, il fut l'idole du publie anglais pendant 30 ans, et il restera comme lui un des grands romanciers de ce siècle ; la Foire aux vanités sera lue plus tard aux mêmes titres que l’Antiquaire ou Tom Jones.

On a porté contre Thackeray une seule accusation, celle de misanthropie. Au contraire, dit Miss Bronte, il y a chez ce formidable Thackeray beaucoup de sentiment, qu'il cache avec soin, mais qui n’en est pas moins sincère. Si son grand cœur ne renfermait pas une profonde sympathie pour ses semblables, il se plairait à les exterminer ; loin

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de là il cherche à les réformer. Il aime à dévoiler l'hypocrisie, ce vice capital de la dévote Angleterre, dit à son tour M. William Hughes, à montrer l'égoïsme qui affecte la bonté, l’orgueil prenant le masque de l'humilité, la bonhomie qui a étudié ses effets devant un miroir. S'il n'a pas l’habileté de certains romanciers, qui savent intéresser les lecteurs d’après les règles progressives, il a le rare mérite de peindre la comédie humaine sans jamais tomber dans la caricature. (C’est un métaphysicien qui a étudié à fond les tendances de la société moderne et qui ne la flatte pas. On devine dès les premières pages qu'il décrit la vie telle qu’il l’a vue ou sentie; on coudoie ses personnages dans le monde réel. Il n’a peut-être pas au même point que Dickens la puissance de confronter et l’art de faire progresser l'intérêt jusqu'au dénouement, qui, après tout, est le grand art du romancier, mais, en revanche, il possède des qualités de finesse et de sensibilité qui sont moins démontrées chez son rival. En outre, on sent chez lui un fonds d'instruction qui manque à l’auteur de David Copperfield,

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