CAROLVS. VII. DEI. GRA. FRANC. REX. CHRISTI ANISS
La partie droite conserve aux yeux de la postérité l'effigie du monarque nommé , en position d'allant, et armé, de buste entier, le chef orné dune couronne couverte à fleurs de lis et perles.
Revers: A DOMINO. FACTVM. EST. ISTVD.
Il représente une vierge au pied de la croix, tenant sur ses genoux le corps mort de son fils, descendu par ses amis : les deux effigies agenouillées de part et d'autre sont pour faire voir en cette action de grâce le roi dun côté aj'mé de toutes pièces, et Jeanne la Pucelle de l'autre, aussi armée, ses cheveux épars sur ses armes pour la reconnaître.
Sous l'exergue: AVREL. CIVIT. OBSID. LIBER. GRATI. ANIMI. CIV. H. M. P. CC. , et ce monument se voit encore de bronze, de gxandeur naturelle, sur le pont de la cité nommée, à main droite de ceux qui entrent.
(/j) Il a été publié une très belle gravure de ce monument, par M. Diot en 1817; elle se trouve chez Tautevir à Orléans; elle est accompagnée d'une feuille de texte explicatif. Les détails consignés dans la • notice en ont été extraits ainsi que des Essais historiques sur Orléans. Les antiquités nationales par M. Millin, renferment aussi la gravure de ce monument; mais elle est incorrecte et faite avec peu de soin.
(î) Doniremy sur Meuse, à trois lieues de Vaucouleurs d'où était native cette fameuse Pucelle d'Orléans, qui se nommait Jeanne d'Ay (d'Arc) ou Dallis. Ses descendants furent annoblis par faveur du roi, et nous nionstrarent les armes que le roi leur donna, qui sont d azur à une espée droite couronnée et jioignée d'or, et deux fleurs de lys d'or, au côté de ladite épée, de quoi un receveur de Vaucouleurs donna un écusson peint à M. de Gaselis ; le devant de la maisonnette où elle naquit, est tout peint de ses gestes, mais l'aage en a fort corrompu la peinture. H y a aussi un arbi-e le long d'une vigne qu'on nomme l'arbre de la Pucelle qui n a nulle autre chose à remarquer.
Extrait du Journal de Voyage de Michel de Montaigne en Italie par la Suisse et l'Allemagne, en i58o et i58i, édition de Rome 1774-
(k) Discours de M. Boucirot, curé cantonnai, adressé à messieurs les officiers et sous-officiers,
présentant le drapeau.
Mes chers Frères,
La démarche que vous faites en présentant ce drapeau à bénir, vous met sur les traces de l'héroïne que vous vous proposez d honorer^ car si elle s'est distinguée par des actions d éclat, elle ne s est pas moins fait remarquer par son éminente piété. Ce fut toujours dans la force et la puissance du Dieu des armées qu elle mit sa confiance , et jamais elle n'entreprit rien d'important sans avoir auparavant imploré la protection du ciel.
Les nombreuses victoires dont le ciel a couronné ses efforts , sa vie conservée au milieu des rangs ennemis, la terreur qu'elle inspirait à ceux qu'elle ne pouvait atteindre de son glaive, toutes ces merveilles nous apprennent ce dont est capable celui que le ciel protège, et combien la confiance en Dieu est bien fondée.
Ayez la foi, la piété de Jeanne dArc: comme elle, efforcez-vous de vous rendre le ciel propice; et comme elle, vous trouverez un appui, un soutien dans le bras du Seigneur. Il na jamais délaissé ceux qui ont eu recours à lui dans la sincérité de leur coeur.
Si jamais la paix et le bonheur de la France étaient troublés, si ce drapeau que vous allez déposer comme un trophée dans Ihabitation de Jeanne d'Arc, devait en sortir, pour aller combattre quelque ennemi, rappelez-vous et répétez à vos frères d'armes la belle leçon que nous a donnée cette héroïne, que c'est principalement dans la protection du ciel qu'il faut chercher la victoire.
(/) Discours prononcé par M. Boula de Coulonibiers , maîtredes requêtes, préfet du département des Vosges.
Messieurs,
Bientôt quatre siècles seront écoulés depuis que Jeanne d'Arc a quitté l'humble toit qui l'a vue naître, pour voler à la défense de son roi et pour délivrer son pays. Le temps, qui détruit tant de renommées, forcé de reconnaître l'empire de la vraie gloire, semble en s'écovilant ajouter encore un nouveau lustre à celle de notre héroïne; son nom, consacré à limmortalité, traverse les âges, entouré de la vénération et de la reconnaissance des Français: en est-il une preuve plus éclatante qvie ce nombreux et brillant concours aux lieux qui la virent naître? Qu il est noble et touchant cet unanime hommage rendu à la vierge de Domremy, par cette affluence de personnages éminents, de fonctionnaires distingués et par les députations de tant de cités diverses! Que leur présence au milieu de nous embellit et décore cette solennité! Gomment exprimer l'attendrissement qui nous pénétre, lorsque nous jiossédons, au berceau de Jeanne d'Arc, le délégué du premier magistrat du Loiret et les dignes représentants de la ville célèbre, toujours prête à signaler sa reconnaissance envers sa libératrice? avec quels sentiments aussi ne voyons-nous pas les illustres et savants députés de l'antique capitale de la Lorraine, aux lieux où tant de motifs excitent à s'enorgueillir d une commune patrie?
O Domremy ! l'éclat dont tu brilles n'égale-t-il pas en effet celui des villes les plus puissantes ? Longtemps ton unique ornement fut une chaumière, mais les {frands de la terre venaient s'incliner devant elle; la vénération générale lassimilait aux plus superbes monuments.
Il était digne du monarque désiré , qui, comme Charles VII, a rendu une patrie aux Français, d être en ces lieux l'interprète de la reconnaissance nationale.
Grâces à la munificence du Roi, sur cette terre glorieuse s élève un monument décoré de l'image de celle que nous révérons; une école gratuite est fondée en faveur des jeunes filles, des compagnes de Jeanne d'x\rc ! Ainsi, les bienfaits de renseignement répandus à la source même des actions généreuses, attesteront à jamais les grandes idées qui animent Sa Majesté, et l'intérêt quelle porte aux compatriotes libératrice de la de la France ; les souvenirs viendront ici fortifier les préceptes , et produiront les plus pures inspirations.
Goumie si tout ce qui tient à la mémoire de Jeanne d Arc devait porter avec soi un caractère particu-
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lier d'élévation, c'est par une belle action que le département des Vosges est devenu propriétaire de son humble demeure. Brave Gérardin! pourrais-je passer sous silence le noble désintéressement qui t'a fait rejeter 1 or de 1 étranger, et qui a conservé à la France cette précievise habitation qu'il voulait nous ravir? Redirai-je aussi lentliousiasme et lunanimité avec lesquels fut accueillie, au sein du conseil général, interpi"ète d'une population éminemment française, la proposition de M. Muel, un de ses membres, dacquérir, au nom du département, l'antique asile de Ihonneur (i)?
Dans ces lieux tout est riche de souvenirs, tout semble encore animé du souffle de Jeanne d'Arc. C'est dans le riant vallon qui se déploie devant nous qu'elle allait avec ses compagnes s'occuper de ses travaux champêtres. Là, souvent elle gémissait sur les maux de sa patrie. Ses vœux ardents pour le roi et pour la France montaient vers la divinité, dont elle recevait les plus nobles inspirations.
G est en effet dans l'amour de Dieu et du Roi, qui dominait toutes ses vertus, quil faut cliercher le mobile de ces sviblimes actions que la faiblesse humaine ne peut expliquer, mais que Ihistoire atteste.
Sans quitter le toit rustique de ses pères, Jeanne eut le bonheur de trouver au sein de sa famille des préceptes aussi bien que des exemples. Elle y apprit à être modeste, respectueuse, soumise pour les personnes élevées au-dessus d'elle, bienveillante pour tout ce qui l'approchait, compatissante pour ses ennemis.
Cette ame forte et généreuse, qu'elle reçut de la nature, formée par les meilleurs principes, ne se démentit jamais. Sous le chaume, connne au milieu des grandeurs, notre héroïne fut toujours la même. Elle sut braver l'adversité, comme elle sortit triomphante et pure des épreuves de la prospérité.
Son nom remplissait lEurope d admiration; ses exploits avaient délivré la ville d Orléans; à travers mille périls, des bords de la Loire, elle avait conduit Charles VII à Reims pour y recevoir l'onction sainte; au faîte des honneurs, elle était appelée à en jouir auprès du trône qu'elle avait relevé; toutes les séductions de la gloire l'environnaient, mais elles ne pouvaient maîtriser son ame héroïque.
C'est à cette époque même que Jeanne d'Arc , croyant que sa mission était terminée , ne sollicita plus que le repos et le bonheur d'une vie ignorée près du foyer de ses pères. Pressée par les instances les plus vives, il fallut les ordres du monarque pour qu'elle pût consentir à continuer de sacrifier ses goûts simples aux fracas des camps et aux pompes qui environnent la majesté des rois. ,
Comment se fait-il que les passions aient pu se déchaîner contre tant de vertus et de hauts faits? Comment ceux qui se disaient les ministres d'un Dieu de douceur et de bonté, sont-ils devenus les artisans de la vengeance et de la perfidie ! Déplorons , messieurs , les funestes effets des discordes civiles ; sous leur maligne influence, les talents et les vertus sont regardés comme des crimes; le nom même, le nom sacré de religion est profané ; il devient l'instrument de la fureur des partis.
Cependant la providence ne permet point que le triomphe du crime puisse se perpétuer. Le moment arrive enfin où la vérité peut se faire entendre. Elle ne tarda pas à se montrer dans tout son lustre à l'égard de Jeanne d'Arc : quatre siècles d'hommages et d'admiration ont vengé sa mémoire de l'arrêt fatal, éternel opprobre de ses juges.
Qu'il est doux de penser que du haut des demeures célestes, notre héroïne s'intéresse encore au sol qui l'a vue naître! Sans doute elle tourne quelquefois ses regards vers cette terre qu'elle chérissait; elle a reconnu les Français, en voyant la profonde émotion de nos âmes, lorsqu'une voix éloquente (2) et si digne d'elle, celle d'un descendant des du Lys, la célébrait au milieu de nous. N'en doutons pas, du séjour de l'immortalité elle protégera cette école, élevée par les soins des dignes ministres d un prince ami des lumières (3).
Jeunes vierges de Domremy et de Greux , vous qui donnez tant de charmes et d'intérêt à cette fête, dirigée par le goût et les talents, ne perdez jamais de vue que c'est sous les auspices de Jeanne d'Arc
(i) Le conseil général des Vosges, présidé par M. le duc de Choiseul, vota à l'unanimité, sur la proposition de M. Muel, l'acquisisition de la maison de .Jeanne d'Arc.
(2) M. de Haldatdu Lys, descendant de Catherine d'Arc du Lys, venait de prononcer dans l'église de Domremy l'éloge de l'héroine des Vosges.
(3) LL. EE. MM. Laine, le duc Decazes, le comte Siméon, qui ont accordé toute leur protection à l'établissement de l'école de jeunes filles.
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que vous allez jouir des avantages de l'éducation chrétienne , que notre monarque veut répandre sur toutes les classes de ses sujets. Venez souvent contempler ce monument du génie et des arts ; imitez les modestes vertus de celle dont vous admirez les traits; raj^pelez-vous qu'au milieu des grandeurs, elle regrettait souvent les vertes forêts et les riantes campagnes de Domremy ; n'oubliez pas que les champs sont le véritable asile de la sagesse et du bonheur. Pénétrées de reconnaissance envers votre auguste bienfaiteur, comme Jeanne d'Arc, confondez dans les mêmes sentiments le roi et la patrie.
Et nous. Messieurs, qui avons vu la France veuve de ses rois, en proie à tous les déchirements, à toutes les calamités, n'avons-nous pas aussi d'utiles leçons à puiser au pied de ce monument? S'il nous rappelle les malheurs qui pesèrent sur la patrie , au temps des Armagnacs et des Bourguignons , il nous atteste avant tout ce que peuvent les Français réunis pour défendre leurs princes et leurs pays. Par l'intrépidité de nos phalanges, combattant sous l'étendard que guidait l'héroïque Pucelle, par l'oubli des fatales divisions qui avaient fait la seule force de nos ennemis, le fier léopard, qui se croyait fermement assis sur le trône des lis, fut repoussé dans son île, et la dynastie de saint Louis rétablie dans tous ses droits. Que le passé nous éclaire: tous nous cherchons le bonheur de la patrie; eh bien, tout nous dit ici que le sceptre vénéré des Bourbons peut seul l'assurer. Oubliant les haines, les dissensions, rallions-nous donc à cette race auguste, la plus illustre du monde dès le temps de Jeanne d'Arc, et qui depuis a donné à la France tant de rois dont la mémoire vivra à jamais dans tous les coeurs français! Pénétrons-nous du bienfait de la légitimité, dogme sacié qui garantit tous les intérêts, qui, préservant à-la-fois des factions anarchiques, des révolutions prétoriennes et des prétentions étrangères, peut seul poser entre le pouvoir et les libertés , les limites que ne peuvent franchir ni la licence , ni le despotisme , ni la force des armes. VIVE LE Roi ! VlVElNT LES BOURBONS !
(in) Discours prononcé par M. le comte de Roclieplatte , maire de la ville d'Orléans.
Messieurs,
La ville d'Orléans célèbre depuis 142H, par une cérémonie annuelle et religieuse, sa reconnaissance pour l'illustre héroïne qui fut sa libératrice, en même temps qu'elle affranchit la France du joug étranger. Toujours empressée de payer à l'immortelie Jeanne d'Arc le tribut d'hommage dû à sa mémoire, elle n'a pas voulu rester étrangère à ceux f[ui lui sont rendus en ce jour solennel, au lieu qui l'a vue naître. Nous venons, au nom de cette ville, connue par sa fidélité à ses rois, ses moeurs antiques et son attachement aux saines doctrines, mêler nos voix aux acclamations de cette heureuse contrée. Et vous, honnête et brave Gérardin, nous venons aussi vous féliciter de votre louable désintéressement; conservez à la France le berceau de cette valeureuse fille. Vous avez ému le cœur de votre bon roi, et obtenu de sa royale munificence une récompense digne de vous.
Quand des bords de la Loire aux rives de la Meuse le même sentiment nous rassemble ici, messieurs, qu'il est doux de penser qu'héritiers de l'amour de Jeanne d'Arc pour son roi , nous saurions , comme elle, faire de notre fidélité un rempart à son trône, et rappeler, après des temps malheureux, les plus beaux jours de lempire des lys.
Honneur à toi, noble Pucelle d'Orléans, dont tous les points de la route que nous venons de parcourir nous ont retracé les hauts faits et la marche triomphante !
Honneur à vous, premier magistrat des Vosges, l'amour de ce département, vous à qui est dû l'éclat de la solennité qui fixe en ce moment l'intérêt et les regards de la France!
Au milieu du concours imposant de tant de magistrats, de tant de guerriers, de tant de bons Français, quel charme vous ajoutez à cette fête brillante, sexe aimable qui, alliant les grâces au courage, nous enseignez comme on aime et son Dieu et son roi. Vos âmes tendres et pieuses portent au pied des autels les vœux de la France ; si j'en crois un légitime espoir ils seront comblés, et bientôt les échos des Vosges et du Loiret se renverront les cris joyeux qui rediront à l'envi, VIVE LE Roi! VIVENT LES
FILS DE Saint-Louis!
(n) Discours prononcé par M. le duc de Choiseul, pair de France, président du conseil général du départe-'
ment des Fosçfes.
Messieurs,
S'il existe un bonheur réel, s'il existe une gloire et des honneurs durables, c'est dans l'accomplisse* ment de ses devoirs de citoyen, c'est dans l'estime et la vénération de ses compatriotes, c'est dans la certitude d avoir mérité l'honorable nom de bon Français. Ces sentiments se manifestent plus particulièrement encore, lorsque des services rendus à la patrie répandent leur éclat sur le lieu où l'on a pris naissance ; tout devient commun alors ; on se sent couvert d'une partie de la réputation acquise ; les liens sociaux en deviennent plus sacrés et plus durables.
C'est le sentiment que nous éprouvons tous, messieurs, en entrant dans cette enceinte; tout y respire l'héroïsme, et l'on se sent plus heureux encore d'être habitant des Vosges, lorsque l'on y célèbre et que l'on immortalise les exploits de cette fille célèbre, de cette Jeanne d'Arc, née à Domremy.
En effet, messieurs, est-il une gloire comparable à celle dont elle s'est couverte? Sa valeur, ses hautes et saintes inspirations, cet amour de la religion et de la patrie qui remplissait son ame; tout a fait de cette jeune fille l'appui de son roi, la libératrice de son pays, Ihéroïne de la France.
Ici, messieurs, il est permis peut-être de rappeler les sentiments patriotiques qui ont animé le sage administrateur de ce département (i), et le conseil général que j'avais alors l'honneur de présider.
Il me serait difficile de peindre l'enthousiasme avec lequel le conseil général décida, à l'unanimité, sur la proposition d'un de ses membres (2), l'acquisition de cette maison célèbre, et chargea M. le préfet, ainsi que moi, de solliciter la sanction royale. Nous devions tout espérer de la bonté et de la munificence du roi , et cette espérance ne fut pas déçue : c'est un devoir et un hommage rendu à la vérité que de faire connaître avec quels sentiments cette proposition fut reçue par l'auguste monarque qui nous gouverne.
A peine le vœu du département fut-il communiqué au ministre de l'intérievir d'alors (3), que nonseulement il l'accueillit avec ce zèle qu'il a toujours mis à ce qui était bon et utile, mais il alla au-delà de nos espérances.
Sur son rapport, le roi ordonna que le buste de la Pucelle serait donné par sa bonté et sa munificence : une somme considérable fut accordée pour restaurer cet antique asile; et par une de ces idées grandes et justes, qui distinguent si éminemment notre auguste monarque, il ordonna ([u'une école péciale de jeunes filles fût établie dans l'enceinte même delà modeste demeure de la Pucelle; que son buste, que son tableau, fruits des talents d'un artiste habile, notre compatriote (4), que l'histoire de sa vie, fussent placés, et fussent toujours sous les yeux des jeunes élèves, afin que sous la protection de celle qui portait l'étendard royal, cpii délivra la ville d'Orléans, qui fit sacrer le roi à Reims, elles apprissent que rien n'est impossible à l'amour de la patrie, à la fidélité envers le roi, et à la confiance que Dieu inspire.
Quel spectacle plus imposant peut-on en opposer et comparer à celui que présente aujourd'hui ce simple village? il réunit à la députation de la ville délivrée par la Pucelle, des députations des villes voisines, celles des corps les plus instruits, des premiers administrateurs de l'état ; cette foule immense, cette réunion toute populaire, toute française; ces jeux, ces fêtes, quel en est l'objet? C'est pour honorer la mémoire d'une jeune fille pauvre, obscure, qui n'avait que son cœur, son courage et sa vertu, une simple paysanne.
Mais gloire à cette jeune fille, cette paysanne modeste! elle a effacé les plus nobles, les plus antiques origines; elle a délivré la France, elle a rétabli son prince sur le trône, elle est morte martyre
(i) M. le préfet, Boula de Coulombiers.
(2) M. Muel.
(3) M. le comte maintenant le duc Decazes.
(4) M. Laurent.
i88 NOTES.
Je m'arrête : n'attristons pas ce beau jour par de pénibles souvenirs ; ne pensons qu'à la gloire de notre héroïne, imitons son dévouement pour la France; consacrons son cri de guerre, VIVE LE Roi! VIVE LA France ! et ajoutons Vive l'auguste mémoire de la PUCELLE !
Et vous, monsieur le maire de la ville d'Oi'léans; vous tous, messieurs les membres de cette illustre députation, en retournant dans vos riches et belles contrées, portez à vos concitoyens l'expression de la reconnaissance profonde des habitants des Vosges. Dites-leur que si nous avons souvent lu avec admiration l'histoire héroïque de cette jeune fdle , qui ])artit de ce village pour aller délivrer leur capitale , nous avons vu avec un attendrissement inexprimable, quelques siècles après, une députation de cette même ville venir appointer sur le seuil de cette chaumière un tribut d'honneur et de reconnaissance, consacrer cette fête nationale par sa noble présence, et mêler ses acclamations à celles dont nous entourons la statue de l'héroïne française.