‹ Histoire acadeḿique du magnétisme animal, accompagneé de notes et de remarques critiques. Sur toutes les observations et expeŕiences faites jusqu'a ce jourChapitre 16 sur 123 · XXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXIV INTRODUCTION

bes et les planches on mit des coins qu'on fit entrer à coups de marteau; quatre coins faisaient la question ordinaire, huit la question extraordinaire ; Laubardemont ne trouvait pas ces coins assez gros; le patient s’évanouit plusieurs fois. On ne cessa de battre les huit coins que quand les os des jambes se brisérent en éclats.

Conduit au lieu du supplice, Grandier fut placé sur un cercle de fer attaché à un poteau. Le lieutenant du prévôt avait promis à ce malheureux qu'il serait étranglé avant qu'on n’allumât le feu; mais les exorcistes avaient fait plusieurs nœuds à la corde, de sorte que quand le peuple cria à l’exécuteur de l’étrangler, celui-ci ne put en venir à bout, et Grandier fut brulé vif.

Tel a été l’épouvantable dénoûment de cette affaire. QueGrandier ait péri innocent, c’est là cequin’a pas même été un sujet de doute pour ses contemporains ; tout au plus y a-t-il eu divergence sur la nature des scènes qui s'étaient passées dans le couvent des Ursulines. Suivant Ménage, cité dans le dictionnaire de Bayle, la plupart des savants se sont accordés à regarder ces filles comme malades ; il trouve lui-même qu’elles n’étaient que tourmentées par des suffocations de matrice, et il dit que Grandier doit être ajouté au catalogue de Gabriel Naudé des grands hommes accusés de magie injustement. Mais, comme le remarque Bayle, la relation de Montconis prouve qu'il y avait imposture et fourberie (Loc. cit.); il est évident qu'il y eut à la fois fourberie et maladie, fourberie surtout chez la principale actrice, chez la supérieure dont les réponses, faites en mauvais latin, avaient été arrangées à l’avance; fourberies dévoilées par Duncan. Il y avait eu aussi imposture chez les religleuses quiont fini par se rétracter ; mais d’un autre côté il est probable que chez quelques jeunes sœurs il avait pu se manifester de véritables attaques convulsives. Le spectacle qu’elles avaient sous les yeux était une cause suflisante ; et on a exploité ces convulsions natu-

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