‹ Histoire académique du magnétisme animalChapitre 24 sur 107 · XL1I INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XL1I INTRODUCTION

puisse voir ce qui se passe dans le corps de l'homme et quels sont les organes altérés : Quiinifenestrâcareamus quâ possimus partent affectamdetegere. C'estqnele magnétisme n'en était encore qu'à sa naissance, car aujourd'hui nos magnétiseurs nous ont fait découvrir mieux qu'une fenêtre, ils rendent le corps du malade assez transparent pour que leurs sujets puissent y voir et l'état de tous les organes et les progrès de toutes les maladies.

Mais en voici assez pour prouver que le magnétisme animal comme doctrine, comme théorie, avait été préconisé bien avant la fin du xvme siècle. Quant aux expériences, quant aux prétendus faits administrés par les magnétiseurs de l'époque de Mesmer, nous n'avons pas à nous en occuper dans cette introduction; ces faits seront mentionnés et examinés par nous dans la première partie de ce précis historique ; nous nous bornerons à rappeler ici et en peu de mots quelles sont les raisons que Thouret avait objectées pour démontrer la nullité du mesmérisme.

Nous l'avons déjà fait pressentir, fort de l'exemple de Van Dale, de Duncan , deHecquet et deHaèn, Thouret s'était proposé de faire tomber le prestige du mesmérisme , et cela par le seul examen , par la discussion seule des faits invoqués par les adeptes. Et d'abord pour ce qui était des prétendues guérisons opérées au baquet de Mesmer, Thouret disait avec raison (pp. cit., 144), que si l'on réfléchit bien à ce qui caractérise les affections nerveuses et surtout les affections hypocondriaques, on verra quelle facilité cet état présente aux charlatans adroits pour en profiter.

Au reste, poursuit Thouret, on peut dire de toutes les sectes, soit de l'art des enchantements, soit de l'astrologie judiciaire, soit des possessions, soit enfin du magnétisme, ce que Pline disait de la magie : Si l'on s'étonne que cette science ait acquis tant, de crédit, il en rend cette raison : C'est, dit oe naturaliste, qu'elle a su

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se prévaloir des trois sciences les plus estimées parmi les hommes, et prendre d'elles ce qu'elles ont de plus étrange, de plus merveilleux. Personne ne doute en effet qu'elle ne soit née de la médecine, qu'elle ne se soit appuyée d'abord sur l'art de donner des remèdes plus elBcaces que les remèdes ordinaires; puis elle a pris dans les faits religieux ce qui peut en imposer aux hommes, ce qui peut les séduire et les aveugler d'autorité; puis enfin elle a fait croire aux hommes qu'elle peut reconnaître dans l'avenir les événements qui doivent les intéresser.

Tous les charlatans adroits, tous les fourbes hardis se sont appuyés sur cette tendance de l'esprit humain à chercher la guérison de maux difficiles par des moyens étranges; ajoutez à cela qu'ils ont soin de s'adresser de préférence aux femmes nerveuses et hystériques^ à celles que les moindres impressions, que les moindres secousses peuvent jeter dans des attaques convulsives.

Un autre motif, non moins suspect et plus caché, se glisse dans ces jeux : c'est une sorte d'ambition d'occuper le public de soi, de fixer l'attention, d'attirer les regards. Enfin l'un des moyens les plus coupables, et cependant des plus employés, c'est la connivence au moyen de la quelle beaucoup dejconvulsions sont factices et simulées.

Il résulte de tout ce qui vient d'être dit que, pour déterminer la confiance dans une doctrine, il ne suffit pas, reprend très-judicieusement Thouret, de répéter qu'il y a des faits en sa faveur; n'en a-t-on pas cité à l'appui de toutes les impostures ?

On parle toujours des faits, on parle sans cesse d'observer ; mais il y a peut-être autant de fausses observations qu'on a fait de faux raisonnements. Tout dépend d'une chose dans les deux objets , de la manière d'y procéder; il est aussi commun, aussi possible d'observer mal que de mal raisonner. Ce n'est donc ni à l'appa-

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