EFFETS DE L'ATTOUCHEMENT ET DE LA PRESSION
Ces effets sont plus ou moins considérables : les moindres sont des hoquets, des soulèvements d'estomac, des purgations; les plus considérables sont les convulsions que l'on nomme crises. L'endroit où l'attouchement se porte est aux hypocondres, au creux de l'estomac, et quelquefois sur les ovaires, quand ce sont des femmes que l'on touche. Les mains, les doigts pressent et compriment plus ou moins ces différentes régions.
SUR LE COLOX.
Le côlon , un de nos gros intestins, parcourt les deux régions
(1) Ce que nous ayons dit clans la précédente note s'applique encore ici. La conclusion des commissaires est celle-ci : l'imagination fait tout, le magnétisme est nul: on peut admettre sans restricliou la seconde partie de cette conclusion : le magnétisme est nul; mais des faits observés s'il en est qui doivent être attribués à l'imagination, d'autres doivent être rapportés au désir de se mettre en scène, de se donner en spectacle; d'autres à quelque intérêt caché, etc.; on verra du reste dans le rapport secret l'ait par les mêmes commissaires qu'il peut encore v avoir d'autres mobiles.
des hypocondres et la région épigastrique qui les sépare. Il est placé immédiatement sous les téguments. C'est donc sur cet intestin que l'attouchement se porte, sur cet intestin sensible et très-irritable. Le mouvement seul, le mouvement répété sans autre agent, excite l'action musculaire de l'intestin et procure quelquefois des évacuations. La nature semble indiquer comme par instinct celte manœuvre aux hypocondriaques. La pratique du magnétisme n'est que cette manœuvre même ; et les purgations qu'elle peut produire sont encore facilitées, dans le traitement magnétique, par l'usage fréquent et presque habituel d'un vrai purgatif, la crème de tartre en boisson (1).
Mais, lorsque le mouvement excite principalement l'irritabilité du côlon, cet intestin offre d'autres phénomènes. Il se gonfle plus ou moins, et prend quelquefois un volume considérable. Alors il communique au diaphragme une telle irritation, que cet organe entre plus ou moins en convulsion , et c'est ce qu'on appelle crise dans le traitement du magnétisme animal. Un des commissaires a vu une femme sujette à une espèce de vomissement spasmodique, répété plusieurs fois chaque jour. Les efforts ne produisaient qu'une eau trouble et visqueuse, semblable à celle que jettent les malades en crise dans la pratique du magnétisme. La convulsion avait son siège dans le diaphragme ; et la région du côlon était si sensible, que le plus léger attouchement sur cette partie , une forte commotion de l'air, la surprise causée par un bruit imprévu, suffisaient pour exciter la convulsion. Cette femme avait donc des crises sans magnétisme par la seule irritabilité du côlon et du diaphragme, et les femmes qui sont magnétisées ont leurs crises par la même cause et par cette irritabilité.
(1) Les manœuvres de nos magnétiseurs modernes ne sont plus aussi abjectes; ils ne vont plus ainsi exercer des palpations méthodiques sur toute la longueur du côlon ; aussi ne voyons-nous plus que leurs somnambules soient instantanément forcés d'obéir à ces ignobles besoins de la vie animale. Il y avait sans doute moins de délicatesse chez nos aïeux j du reste c'était chose assez plaisante de voir noter parmi les effets du fluide universel les phénomènes de cette nature: si semblable chose arrivait aujourd'hui aux cours de l'athénée royal, ce serait de fort mauvais ton.