PREMIÈRE PARTIE
THEORIE DE LA METHODE A LAQUELLE ON DONNE LE NOM DE MAGNETISME ANIMAL, ET RÉFLEXIONS SUR CETTE TH EOR IE.
§ 1er.
M. Deslon définit ce qu'on appelle magnétisme animal , « l'action qu'un homme exerce sur un autre homme , soit par le contact immédiat , soit à une certaine distance, par la simple direction du doigt ou d'un conducteur quelconque (2) » ; et il
(1) C'est ainsi que la question devait être divisée; nous l'avons indiqué nousmêmes au commencement de ce travail, et ceci devait être fait dans l'intérêt des magnétiseurs. Supposez en effet qu'on soumette à des commissaires des résultats tels qu'ils soient inexplicables par toutautreagent connu, par toute autre loi admise jusqu'à ce jour ; supposez que ces résultats soient de nature à prouver que des guérisons peuvent ainsi s'opérer; peu importe que la théorie soit inadmissible, absurde même; les effets étant mis hors de doute, cela suffirait. Dodc on avait raison de traiter à part ces deux questions, la théorie du magnétisme animal et son application.
Ajoutons maintenant que le côté théorique devait plutôt intéresser l'académie des sciences, puisqu'il était question de fluides, de courants, de marées, de planètes ; tandis que le côté pratique était plutôt du ressort de la société puisqu'il s'agissait, comme il est dit ici, du traitement des maladies.
(2) La définition de Deslon est un peu plus restreinte que celle de son maître Mesmer. Il se borne à ce qui se passe d'homme à homme; c'est qu'il parle à des médecins praticiens, et conséquemment à des hommes qui n'ont pas à s'occuper de ce qui se passe de planète à planète. Toutefois, on sait que la théorie de Deslon était la même que celle de Mesmer; et les commissaires ajoutent avec raison que cette action d'hommeà homme serait l'effet d'un fluide universellement répandu.
pense,que cette action «esi l'effel d'un fluide universel lemenl répandu. »
IÎKKLEMONS.
Nous observerons, par rapport à ce premier article, que l'expression tle magnétisme animal a été employée dans le xviie siècle ; que le magnétisme a eu alors de nombreux partisans ; qu'ils attachaient à ces mots les mêmes idées que l'on a renouvelées de nos jours ; qu'ils attribuaient également ce magnétisme à un fluide universellement répandu ; qu'ils l'annonçaient, ainsi que le font ses nouveaux partisans, comme un remède puissant dans le traitement de la plupart et même de toutes les maladies. Cette manière de les combattre, que l'on a essayé dé faire revivre sous la même dénomination , n'est donc qu'un système ancien, renouvelé dans ces derniers temps, annoncé dans les siècles précédents, défendu surtout et vanté pendant une partie du siècle dernier, et tombé dans l'oubli depuis que l'on n'admet dans les sciences que les faits, les résultats clairs et évidents des expériences , au lieu des systèmes et des hypothèses (1).
PREUVES DES OBSERVATIONS PRECEDENTES SUR L ANCIENNETE DE CE Qli ON * PPH.l.l MAC1NÉTISMI ANIMAL.
On trouve ces preuves réunies dans les ouvrages cités cidessous.
Paracels. Opéra ehimica Paragrani tract. 2.
Wvnhelmont, De Magneticâ Vuln. curai.
Goclenius, De Magneticâ Vuln. curât, etc., etc. Synarthrosis Magnet. ejusdem, etc., etc., etc., etc.
Piiilosophia Moysaica , etc., etc.
(1) Nous n'avons aucune observation à taire sur ce premier article, puisque nous avons traité ce sujet dans notre introduction. On a vu que les idées qui forment le fond du magnétisme sont en effet loin d'être nouvelles ; on les a reproduites sous des formes variées : mai* les suppositions étaient à peu près les même- à toutes les époques.
Maxwel , De Medicinâ magneticâ , etc.
Seb. Wirdig, Nova Medicinâ spirituum.
Ferd. Santanelli, Philosophia recondita , etc.
Burgramus , De Cura morb. Magneticâ.
Kircher , Magnetismus animalium , etc.
El les recherches el doutes sur le magnétisme animal, par M. Thouret, qui a prouvé l'ancienneté de l'hypothèse dans laquelle on a admis le magnétisme animal comme un agent en physique et en médecine, et qui a démontré en même temps l'insuffisance des preuves sur lesquelles cette supposition était appuyée Ce traité a paru avec l'approbation et le privilège de la société royale demédecine, qui avait chargé l'auteur de l'aire ces recherches.
M. Deslon ne connaît point de preuves physiques qui démontrent l'existence de l'agenl ou fluide auquel il attribue le magnétisme animal comme un principe dont il émane (1).
JNous entendons par preuves physiques des faits , des expériences , des résultais desquels on puisse juger parle rappori des sens extérieurs. Ce -cure de preuves estle seul admissible en physique ; (oui ce qui n'eu est pas susceptible demeure sans démonstration , ei nepeul être regardé quecomme un système (2).
L'existence du fluide ou agent , dont en suppose qu'émane le magnétisme animal . n'est (Jonc qu'une hypothèse.
(1) ("est ce que Mesmer avait été forcé d'avouer, bien contre son gré, •levant les commissaires de l'académie dos sciences; Deslon le pose en principe imit d'abord, et il a raison.
•2) H aurait sulli de dire, comme les membres de i académie des sciences, que les effets ne tombaient pas sous les sens; mais la conclusion est vicieuse. Système n'est pas synonyme d'hypothèse, de supposition, d'assertion; mais parmi les médecins c'est chose convenue de prendre système en mauvaise part. Il faut le dire cependant, un bon, un vrai système serait le chef-d'œuvre de l'esprit humain.
s in.
Au défaut de preuves physiques , M. Deslou, pour constater l'existence de cet agent ou fluide , cite des effets que l'on produit ou que l'on paraît produire parce qu'on appelle le magnétisme animal (1).
Ces effets sont :
1° Des sensations internes ;
2° Des mouvements convulsifs auxquels on donne le nom de crises , qu'éprouvent un certain nombre de sujets soumis au prétendu magnétisme animal.