‹ Histoire académique du magnétisme animalChapitre 69 sur 107 · OBJETS DE CETTE SECONDE PARTIE · texte numérisé non relu

OBJETS DE CETTE SECONDE PARTIE

Avant de répondre à cette question importante, qui est l'objet principal et le but de l'examen dont nous avons été chargés, nous ferons une réflexion préliminaire.

Si ce qu'on appelle magnétisme animal, connu dans le siècle

(1) Il y a d'abord à répondre à cela que la définition serait absolument niée par les magnétiseurs; ils veulent, ils prétendent aujourd'hui comme alors que le magnétisme est utile en médecine, par la raison toute simple que c'est leur branche d'industrie; s'ils admettaient que le magnétisme n'est d'aucune utilité en thérapeutique, leurs œuvres ne seraient plus qu'une affaire de curiosité, et c'estee qu'ils n'entendent assurément pas. Ainsi de même que c'était restreindre la question de demander si l'art de provoquer des convulsions était chose utile en médecine; de même aujourd'hui ce serait trop restreindre la portée des prétentions magnétiques que de demander si l'art de provoquer le somnambulisme est chose propre à guérir les maladies.

Il est vrai que les anciens magnétiseurs avaient eux-mêmes singulièrement restreint leurpuissance comme on vale voir; c'était uniquement par des crises qu'ils voulaient traiter leurs malades; ces crises étaient un spectacle hideux. Les sujets après les expériences étaient horriblement fatigués, brisés, rompus; or comment attendre de tout cela, de bons, de salutaires effets? tandis que de nos jours les magnétiseurs se sont ouvert une bien autre carrière ; aussi ils ne nous permettraient pas, à nous autres médecins, de poser la question à l'antique manière, c'est-à-dire de chercher si l'art de provoquer un sommeil incomplet , un sommeil équivoque , est utile en médecine ; ils nous diraient que leur art comprend bien d'autres choses , qu'il donne aux sujets une habileté merveilleuse, une science médicale infuse, qu'il leur fait connaître l'avenir, qu'il les rend savants en anatomie, par la raison toute simple qu'ils peuvent contempler à loisir et la structure et le jeu de leurs propres organes, ou même regarder

précédent, vanté par de nombreux partisans, dont plusieurs jouissaient alors d'une grande célébrité , annoncé comme un remède puissant, efficace dans la plupart des maladies eût été réellement utile, l'usage s'en serait établi; il se serait confirmé, transmis et perpétué. Lorsqu'on annonce une découverte qui paraît être de nature à intéresser les hommes en général , ceux qui se croient en état d'en juger se partagent ; les uns adoptent et vantent, les autres rejettent et dépriment : le grand nombre, qui ne dispute pas, est séduit d'abord par la nouveauté; mais il n'adopte définitivement que ce qui peut lui être avantageux. Eclairé par le temps et par l'expérience, il juge sans appel les inventions et les nouveautés, et il fixe le sort de toutes les découvertes.

Cette réflexion se présentera d'elle-même à tous ceux qui s'occuperont de la question que nous avons à examiner. La conséquence est facile à déduire, et suffirait pour déterminer ceux qui sont versés dans l'histoire des sciences et qui connaissent l'esprit humain ; mais , chargés spécialement de faire un rapport sur la nature et les effets de ce qu'on appelle magnétisme animal , nous devons le considérer sous tous les aspects dont il nous paraît susceptible.

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Tl y a deux moyens de juger de l'utilité et des inconvénients d'un objet quelconque. Ces moyens sont les preuves Urées du raisonnement, et celles que fournissent les faits (4).

ce qui se passe dans le corps de leurs voisins; il leur fait discerner les bons médicaments, il leur indique à quelle dose on doit les administrer, quels effets ils produisent , etc., etc. Ainsi pour nos magnétiseurs , la question d'utilité ne pourrait plus être posée comme on le faisait autrefois. Si on voulait partir d'une délinition, il faudrait comprendre dansladétinilion actuelle tout ce que comprend l'art de magnétiser, et alors la réponse ne comporterait pas le plus petit doute.

(1) C'est un tort de séparer le raisonnement des faits, c'est sans doute à cause de cette mauvaise distinction que les commissaires ont voulu frapper de réprobation, ou plutôt n'ont pas compris ce qu'on doit entendre sous le nom de système. On ne peut pas admettre des preuves tirées du raisonnement, qui

■1" Par rapport au prétendu magnétisme animal, proposé comme remède, la connaissance des causes des maladies, celle de la manière d'agir du moyen proposé, et les résultats que l'on peut tirer de ces recherches comparées entre elles, fournissent les preuves de raisonnement. Celles de fait se tirent des changements en bien ou en mal , qui ont lieu dans ceux cpic l'on soumet à l'action de ce procédé, ou du défaut de changement dans l'état de ces mêmes personnes.

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