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COMPARÉS AUX RAMOLLISSENT. TNFLAMM

texture. On remarque en même temps une infiltration d'un liquide séreux, trouble, visqueux dans le tissu des os, qui sont aussi diminués de volume; ce tissu est compressible; dans quelques points, il s'écrase sous les doigts et se réduit en une substance pulvérulente , humide. La table compacte des os est devenue spongieuse, et leur partie moyenne et réticuïaire est très amincie. Le périoste est pâle , excessivement aminci; il ressemble à une gaze étendue sur l'os et peu adhérente. La moelle est convertie en un liquide sanieux , rougeâtre, ne contenant plus de graisse; quelques filets rares de tissu cellulaire mou et pâle remplacent la membrane médullaire. Ces os se ploient facilement, et se laissent pénétrer par le scalpel comme un cartilage macéré. Une matière d'apparence gélatineuse est infiltrée dans les mailles du tissu osseux ramolli ; dans quelques points, cette matière est mêlée à un excès de matière blanchâtre, pulvérulente, calcaire, qui, au lieu d'être incorporée dans les fibres, est déposée dans leurs interstices. C'est dans ces points que les os sont friables; les fibres osseuses y sont aussi raréfiées que dans la partie simplement ramollie et également molles; le ramollissement avec la friabilité occupe dans quelques cas la totalité d'un os, mais le plus souvent elle ne se montre que par places dans le tissu osseux ramolli.

i587. L'ostéomalaxie comparée à l'inflammation présente des caractères anatomiques très différents.

i°. La couleur de l'os ramolli n'est point rouge; on ne trouve point non plus dans son tissu d'injection capillaire, comme dans l'inflammation. La rougeur des os enflammés, quelque étendue qu'elle soit, n'est point égale dans tous les points comme la teinte jaune rougeâtre des tissus ramollis, laquelle occupe souvent

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tout un os, et même plusieurs os, et existe au même degré et sans aucune dégradation de teinte dans toutes les couches de cet os et dans toutes leurs parties.

2°. Le tissu osseux ramolli, bien que raréfié, ne présente point ces fibres souvent plus denses que dans l'état sain, écartées, et infiltrées dans leurs interstices d'un fluide rouge; sa raréfaction ne consiste que dans une diminution du volume des fibres, mais leur arrangement subsiste, tandis qu'il est altéré dans l'inflammation. Quelque violente et quelque étendue que soit cette dernière , on n'observe pas la raréfaction à un même degré dans toute la partie qu'elle occupe; elle est plus prononcée dans certains points et le fluide infiltré est lui-même différent par endroits, suivant que la phlegmasie a été plus ou moins violente, car elle n'est jamais égale dans tout son siège. Les seules différences que l'on remarque entre quelques points du tissu d'un os ramolli et le reste de cet os , consiste dans une infiltration de phosphate ou de carbonate de chaux, et une plus grande friabilité du tissu osseux dans ces points;

3°. La pâleur et l'amincissement du périoste et de la membrane médullaire n'existent jamais dans les inflammations osseuses;

4°. Les os enflammés se tuméfient; ceux qui sont ramollis diminuent de volume ;

5°. Le fluide infiltré dans les mailles des os ramollis ne présente jamais aucune ressemblance avec le pus;

6°. On ne voit jamais le tissu osseux ramolli, friable ou non , s'indurer , et devenir éburné ; au contraire sa densité est toujours considérablement diminuée;

7°. Il serait difficile de concevoir une phlegmasie

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aussi étendue dans le lissu osseux que l'ostéomalaxie, qui affecte souvent la plus grande partie du squelette , sans que le plus ordinairement la santé générale soit fortement dérangée; c'est ainsi que l'on voit des rachitiques se déformer dans tous leurs membres , sans perdre même l'appétit, et sans ressentir de douleurs ostéocopes;

8°. Si l'ostéomalaxie était une inflammation des os, pourquoi ne verrait-on pas les caries, les nécroses survenir, elles qui sont si communes chez les sujets réellement atteints de phlegmasies osseuses. Cependant on ne voit pas ordinairement dans le rachitis qu'il arrive autre chose qu'une déformation dans les os affectés; il ne faut pas, bien entendu , confondre avec le rachitis, comme on l'a fait souvent, les affections cancéreuses ou tuberculeuses du tissu osseux, lesquelles donnent lieu à des ramollissements, et à des fontes ichoreuses ou purulentes locales, qui ont plus ou moins de rapports avec les inflammations.

i588. La dissection des os ramollis peut mettre sur la voie pour découvrir la vraie nature des ramollissements; les fibres osseuses sont diminuées de volume et leur coniexture est plus lâche que dans l'état sain, mais elle n'est pas modifiée; le périoste, la membrane médullaire et la moelle , qui sont étroitement liés pour leur nutrition avec la nutrition même des os, sont atrophiés. Enfin , l'analyse chymique, tout insuffisante qu'elle soit pour nous révéler la nature des maladies, a prouvé qu'il y avait dans les os ramollis, une quantité beaucoup moindre de sels calcaires que dans l'état sain. D'un autre côté, l'étude de l'ostéogénésie, nous montre cette quantité de substance calcaire , presque nulle dans l'origine des os , augmenter à mesure qu'ils prennent de la consistance

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et qu'ils s'approchent de leur état de développement et de perfection. Il y a donc dans les os ramollis, nutrition imparfaite; la nutrition a pour ainsi dire rétrogradé dans ces organes.

SECTION II

Des ramollissements des membranes muqueuses ou villeuses.

î58g. Dans un Mémoire de M. Louis, sur les ramollissements des tuniques mucipares, inséré dans les Archives de Médecine du mois de mai 1824, on trouve deux exemples de ramollissement de la muqueuse œsophagienne. Dans le premier, cette membrane était extrêmement mince , et ramollie inférieurement; cette altération se caractérisait par des bandes bleuâtres ou brunâtres, séparées par des espaces très étroits, au niveau desquels la muqueuse conservait la couleur, la consistance et l'épaisseur qui lui sont naturelles; les parois de l'œsophage qui correspondaient à la lésion étaient très minces et faciles à déchirer. Sur le sujet de la deuxième observation de M. Louis, la muqueuse œsophagienne était détruite immédiatement au-dessus du cardia , dans une surface circulaire d'un pouce de diamètre; les membranes cellulaires, musculaire et pc'ritonéale étaient si ramollies dans le même point , qu'une simple traction suffisait pour les convertir en un trou de même étendue.

i5go. La membrane muqueuse delà vessie paraît exposée à se ramollir moins rarement que les autres muqueuses; nous l'avons cependant vue deux fois réduite, dans une grande étendue de son fond, en un mucilage à peine aussi consistant que les pseudo-membranes des muqueuses, La membrane ainsi altérée était

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pâle, même aux limites du ramollissement, qui se terminait peu à peu dans la muqueuse, de plus en plus dense. Il n'existait aucune injection ou congestion vasculaire dans aucun point delà vessie, ni dans les vaisseaux qui rampent extérieurement sur cet organe ; on ne trouvait aussi à l'intérieur aucune érosion ni aucun produit inflammatoire. Dans un de ces cas, le malade était mort d'une arachnoïdite , avec fièvre de mauvais caractère ; la muqueuse était plutôt amincie qu'épaissie. C'est sans doute dans ces ramollissements vésicaux que l'introduction delà sonde, même avec précaution , a quelquefois perforé la vessie; il faut remarquer qu'il n'existe pas, comme dans l'état d'inflammation, de véritable friabilité delà muqueuse; cette tunique est molle et comme formée d'une gélatine visqueuse, mais elle ne présente ni cette rougeur, nicelte infiltration, ni celte induration qui caractérisent l'inflammation.

i5gi. C'est plus particulièrement sur la villeuse gastro-intestinale que l'on a observé des ramollissements ; c'est plutôt aussi sur cette membrane que l'on a voulu voir dans cette altération l'effet d'une inflammation. Le Mémoire déjà cité de M. Louis contient, sur les ramollissements des villeuses, des faits d'autant plus intéressants, qu'ils sont recueillis avec un grand soin, et qu'ils ne portent l'empreinte d'aucune opinion préconçue. Décrivons d'abord bien exactement les caractères anatomiques de cette maladie, que nous considérerons à trois degrés distincts : i°. ramollisse^ ment commençant ; 2° . ramollissement achevé; 3°. ramollissement dont les produits ont disparu.

i5q2. Dans le premier degré de son ramollissement , la villeuse est amincie , d'une pâleur plus grande même que dans l'état sain. On ne remarque

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aucune injection vasculaire , ni autour, ni au-dessous du ramollissement, ni dans le tissu qu'il affecte, ni dans les vaisseaux mésentériques correspondants. La villeuse , examinée à la loupe, paraît flétrie ; ses vil losités sont affaissées et d'un blanc mal; cependant la villeuse conserve sa structure , mais elle se réduit en un mucilage épais et pulpeux au' plus léger grattage, et même quand on frotte sa surface avec le doigt. En suivant dans la partie ramollie les rameaux vasculaires sous-villeux , on voit ces rameaux se rapetisser en pénétrant sous la portion ramollie, où ils sont évidemment beaucoup plus rares et moins remplis de sang rouge que dans l'état sain. On ne remarque aussi sur la partie ramollie aucune mucosité visqueuse et épaissie.

i593. Si Ion compare; ce premier degré avec les inflammations naissantes aiguës ou chroniques , les différences sont très tranchées. Aucune inflammation des villeuses ne commence sans une injection plus ou moins vive de la villeuse , et sans une teinte rouge plus ou moins marquée de cette membrane; les vaisseaux, loin de diminuer de volume en arrivant dans le tissu qui s'enflamme, sont engorgés non seulement dans le sein et au-dessous de ce tissu , mais encore aux limites de l'inflammation naissante et dans les vaisseaux mésentériques correspondants. Les villosités, loin d'être affaissées, sont plus volumineuses et érigées; on remarque aussi sur la villeuse enflammée une plus ou moins grande quantité de mucus déjà épaissi. Il est excessivement difficile d'enlever des lambeaux de la villeuse, tandis que dans l'état de phlogose elle se détache plus aisément que dans l'état sain. Ces lambeaux, quand on peut en soulever des portions, ne sont point opaques, et en les regardant à contre-jour, on ne recon-

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naît aucune injection vasculaire dans leur épaisseur. i5g4. Dans l'état de ramollissement achevé « la cou- (( leur de la villeuse est d'un blanc pâle ordinairement « bleuâtre, continue ou disposée par bandes longues et « étroites, ou même par plaques plus ou ïrioins rappro- (f chées, irrégulièrement arrondies. Les parties qui oui « cet aspect bleuâtre , se font remarquer par une diffé- « rence de niveau aussi sensible au toucher qu'à la « vue, avec les parties environnantes ; on observe un « affaissement très marqué au point de contact de la « portion de la villeuse qui offre l'aspect indiqué , et « de celle qui l'environne ; la villeuse , dans les points « correspondants à la lésion, est pâle, d'une ténuité « et d'une mollesse extrême , transformée en une « espèce de mucus glaireux, pâle, demi-transparent, « plus mince que la tunique dans l'état sain ; en sorte « qu'en examinant avec peu d'attention, on aurait pu « croire, dans beaucoup de cas, la membrane villeuse « entièrement détruite, et la tunique cellulaire toutes à-fait à nu. » Nous avons emprunté cette description , qui est d'une grande exactitude au Mémoire de M. Louis; nous n'y ajouterons que quelques mots sur la couleur de la villeuse ramollie , et sur ses vaisseaux. Cette membrane est quelquefois colorée en jaune par la bile, qui se trouve en contact avec elle dans le tube digestif; nous l'avons vu colorée par la décoction de quinquina que l'on avait administrée aumaladej et qui était restée en contact avec elle dans l'estomac; il n'est pas très rare non plus de la trouver d'un rouge un peu brunâtre. Dans ce dernier cas , elle est colorée par du sang que la rupture de quelque petit vaisseau a fait extravaser au-dessous d'elle ; on s'assure aisément que cette couleur n'est point le résultat de l'inflammation , en cherchant le siège de l'hémorrhagie , qui est an-

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nonce par un petit caillot autour du vaisseau rompu; il suffirait d'ailleurs de laver le fond de la solution de continuité, que l'on produit en enlevant la partie ramollie, pour distinguer la blancheur du tissu cellulaire. Dans ce deuxième degré de ramollissement , comme dans le premier, on ne trouve absolument aucune trace de congestion vasculaire dans le tissu ramolli, autour et au-dessous de lui, non plus que dans la partie correspondante du mésentère. On ne remarque aussi aucune trace de phlegmasie dans le tissu qui environne immédiatement la partie ramollie, en sorte qu'il est impossible de considérer cette partie comme une escbare dont l'expulsion se préparait par une inflammation éliminatoire.

1595. Y a-t-il dans ces ramollissements confirmés des altérations semblables à celles des inflammations quelconques de la villeuse? aucune rougeur, de l'amincissement, un affaissement des villosités, point d'injection ni de congestion capillaires , aucune trace de produit de phlegmasie; ni pus, ni pseudo-membrane, ni ulcère, etc. La villeuse ramollie est un fluide demimuqueux, glaireux, pâle, qui ne ressemble point à celte villeuse friable, mais condensée, infiltrée, et nullement glaireuse, qui a été le siège d'une inflammation aiguë ou chronique. Ainsi aucun caractère de l'inflammation, et des désordres qui l'excluent. Il y a si loin de cet état à celui d'une phlegmasie, qu'aussitôt qu'il commence d'exister, la sécrétion muqueuse de la villeuse, qui augmente audébut des inflammations, ne se fait plus , quoiqu'elle continue dans les parties saines environnantes.

1596. Lorsque les produits du ramollissement ont disparu, on trouve sur la villeuse une solution de continuité à bords coupés à pic, nets, au fond de la-

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quelle on trouve le tissu cellulaire sous-villeux pâle, sans injection vasculaire. Dans quelques cas, la membrane villeuse a disparu dans une très grande étendue. La solution de continuité n'est point alors exactement circonscrite; le ramollissement et l'amincissement de la tunique subsistent à ses bords, qui paraissent ainsi irréguliers et coupés en biseau. On remarque aussi en même temps, sur plusieurs points , de la perte de substance des restes de la villeuse, qui sont tellement ramollis qu'ils n'ont pas plus de consistance que les mucosités que l'on trouve ordinairement dans le tube digestif. Lorsque le ramollissement a été peu étendu, il n'en reste d'ordinaire pas de trace autour de la solution de continuité, dont les bords sont nets et coupés à pic. Mais assez souvent aussi dans ce cas, outre d'autres points de la villeuse que l'on trouve ramollis, on a, pour juger la nature de la maladie , l'état de la tunique musculeuse et de la membrane péritonéale de l'intestin, qui sont aussi plus ou moins ramollies ? pâles, et ne présentent aucune trace d'injection vasculaire.

Si le ramollissement continue ses progrès, le tube digestif est complètement perforé. On connaît un assez grand nombre d'exemples de ces perforations spontanées; elles ont cela de remarquable que leurs bords, au lieu d'être enflammés, sont complètement pâles, nullement tuméfiés et parfaitement nets; ce qui prouve que le tissu qui a disparu s'est séparé sur la limite exacte de l'altération qu'il avait éprouvée.

L'état que nous venons de décrire ne se présente sous cette forme que dans les cas où la mort succède rapidement aux désordres du ramollissement. C'est particulièrement dans les perforations spontanées que cela se remarque.

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Si la vie se prolonge pendant un certain temps après la formation d'une perte de substance sur la villeuse, il se développe une phlegmasie plus ou moins vive dans les solutions de continuité, et l'on ne trouve quelquefois plus alors de signes qui puissent faire distinguer si le ramollissement a été primitif ou secondaire. Ce qui doit cependant, dans le plus grand nombre des cas, indiquer encore qu'il n'est pas secondaire , c'est que les bords des solutions de continuité et leur fond ne sont que légèrement injectés et très modérément gonflés; que les débris ramollis de la villeuse sont à peine rougis , à moins qu'il n'y ait eu une petite hémorrbagie par la rupture de quelque capillaire à sang rouge, et enfin que l'on ne trouve pas de pus ni de produit pseudo-membraneux inflammatoire sur les bords et au fond des solutions de continuité. Il n'y a pas de proportion entre les désordres si profonds d'un organe dépouillé de sa membrane interne, dans une étendue quelquefois très considérable, et assez souvent détruit dans toute son épaisseur et la phlogose légère des bords et du fond des pertes de substance.

1097. Dans les pertes de substance par ramollissements j on ne pourrait soutenir qu'il y a eu phlegmasie phagédénique des tuniques mucipares; car, ou il faudrait admettre un mode d'inflammation phagédénique bien différent de celui qui se remarque ordinairement dans la production des ulcères et sur lequel tous les médecins ont des idées bien arrêtées, ou ( 866 et suiv. ) il faudrait vouloir rapprocher et confondre des états morbides qui se caractérisent dans les tissus par des désordres qui ne sont pas seulement essentiellement différents, mais encore qui sont de natures directement opposées. On ne réussirait pas

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mieux à expliquer les solutions de continuité des villeuses ramollies par une pblegmasie gangreneuse ; il n'y a aucun des caractères de la gangrène dans ces cas (898), pas même la teinte brune noirâtre ou verdâtre de tous les tissus gangrenés, et l'odeur spécifique qu'ils répandent constamment.

i5g8. Malgré les différences extrêmes que nous avons remarquées entre les ramollissements des luniques mucipares et leurs inflammations , des observateurs habiles ont cependant cru devoir ne considérer les ramollissements que comme des résultats de phlegmasies. Cette opinion n'a pu s'accréditer que parce que l'anatomie pathologique des tissus ramollis est encore dans l'enfance. Il est d'une si grande importance de fixer bien exactement les idées sur ce sujet, que nous croyons devoir réfuter ici les raisonnements avec lesquels on a défendu celte opinion.

i5gg. Le ramollissement des tuniques mucipares est, dit-on, dans le plus grand nombre des cas, lié à des altérations évidemment inflammatoires, plus ou moins marquées , telles qu'une rougeur plus ou moins vive de la partie ramollie, une injection et une tuméfaction inflammatoires du fond et des bords des solutions de continuité, etc. Cette assertion est toutà-fait gratuite; dans tous les cas bien observés qui soient connus jusqu'à présent, le ramollissement, au premier degré , n'a presque jamais été réuni à des* altérations inflammatoires incontestables, à moins que ces altérations fussent indépendantes du ramollissement, et parvenues à un degré bien plus avancé que ce dernier; et encore ces cas, qui prouvent qu'il peut exister simultanément phlegmasie et ramollissement dans un même tissu, sont-ils fort rares. A peine si l'on en connaît quatre exemples bien avérés, parmi

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lesquels nous comptons les deux que M. Louis a consignés dans le Mémoire que nous avons cité.

Au deuxième degré, il est plus commun de voir le ramollissement réuni à des caractères incontestables de phlegmasie; mais, dans le plus grand nombre des cas , il est certain qu'aucun de ces caractères ne se remarque, et, quand ils existent, il faut bien distinguer si le ramollissement est réellement l'effet de la phlegmasie, ou si l'inflammation est secondaire; cette distinction est facile. Dans les ramollissements qui sont l'effet des pblegmasies , la partie ramollie est désorganisée , elle ne présente plus aucune trace de son organisation primitive; ainsi, sur les villeuses, plus d'apparence de villosités; la portion ramollie est un peu saillanie, parce qu'elle est gonflée, et la rougeur va en saffaiblissant graduellement à ses limites, où l'inflammation existant à un degré peu avancé n'a point encore produit le ramollissement, mais, au contraire, l'augmentation de densité du tissu enflammé. Aux limites de cette altération, au-dessous d'elle et jusqu'à une assez grande distance aulour d'elle, il y a une injection capillaire très prononcée. Nous disons que dans les ramollissements inflammatoires la membrane mucipare est désorganisée; ce qui le prouve, c'est qu'elle ne présente plus aucune apparence de sa structure pbysiologique; il n'y a même aucun intermédiaire entre cette désorganisation et les effets de l'inflammation moins avancée; tandis que, dans les ramollissements idiopatliiques, la lunique mucipare n'arrive que progressivement à l'état de ramollissement achevé. Au-dessous de ce dernier, et même lorsqu'il est déjà très avancé , la tunique présente encore son mode d'organisation physiologique; ce n'est qu'au degré de ramollissement par-

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fait que Ton ne voit plus ni cryptes , ni villosités, etc., au-dessous de ce degré extrême; la partie malade n'offre pas d'autre altération qu'un amincissement progressif, une pâleur croissante et un effacement successif de ses vaisseaux, qui ne sont non seulement pas engorgés , mais qui s'effacent et deviennent moins apparents que dans l'état sain. Il y a enfin une différence bien tranchée entre îe tissu des tuniques frappé de ramollissement idiopathique , et le même tissu ramolli par l'inflammation ; îe premier est muqueux et visqueux , et se rapproche progressivement de l'état muqueux du tissu cellulaire du fœtus, tandis que le second est friable, non visqueux, et tendant à se convertir en une matière comme pulvérulente, opaque, et non en une matière visqueuse et diaphane. Lorsqu'une tunique est ramollie dans une partie très pourvue de sang rouge, elle peut se colorer en rose rougeâtre ; cette couleur dépend d'un mélange avec la matière colorante du sang ; elle est loin d'être disposée par stries ou par points d'un rouge foncé, comme dans les- ramollissements inflammatoires ; elle n'est point non plus, comme dans ces derniers, en rapport avec l'état du fond et des bords de la partie affectée. Sa teinte est d'ailleurs assez pâle , et diffère de la couleur vermeille ou rouge brune violâtre des villeuses enflammées.

1600. C'est surtout en étudiant les caractères anatomiques des ramollissements à des degrés moins avancés, que l'on est conduit à ne reconnaître en eux aucune altération qui puisse les faire rapporter à une phlegmasie ; il y a plus, c'est que les caractères des ramollissements sont évidemment opposés à ceux des inflammations. Dans ces dernières, injection et congestion vasculaires; dans les ramollissements, efface- 11. 37

678 DES RAMOLLISSEMENTS IDIOPATHIQUES

nient et disparition des capillaires; dans les phlegniasies , ëpaississement , et d'abord augmentation de densité de la membrane, qui devient rugueuse au toucher; dans les ramollissements, amincissement et diminution de densité de la tunique , qui perd immédiatement de sa ténacité, et est plus molle au toucher; dans l'inflammation, produits inflammatoires spécifiques à la surface et dans l'épaisseur de 3a membrane; dans les ramollissements, diminution et absence, ensuite extinction de cette sécrétion, qui, non seulement n'est point augmentée au début de la maladie, comme dans l'inflammation naissante, mais est immédiatement diminuée, et ne se rapproche point des sécrétions inflammatoires dont on ne trouve jamais aucune trace, ni dans la partie ramollie, ni immédiatement autour d'elle. À considérer l'absence de tout indice d'inflammation dans les tissus des muqueuses ramollis, et, dans quelques cas, évidemment malades depuis un temps quelquefois assez long quand la mort arrive, et en tenant aussi compte des altérations intimes qui caractérisent ces ramollissements, l'on serait bien plutôt porté à voir en eux un état d'une nature directement opposée à celle des phlegmasies.

1601. S'il est bien évident que lors même qu'il existe des désordres inflammatoires autour des parties ramollies, on n'est pas fondé à attribuer à l'inflammation l'état de ramollissement tel que nous l'avons décrit, est-on mieux fondé à s'appuyer sur des analogies de ce qui arrive dans d'autres tissus, pour considérer les ramollissements comme des effets nécessaires de phlegmasies?

Les tissus enflammés deviennent, dit-on, à une certaine époque de leur inflammation , mous et friables; pourquoi n'en serait-il pas de même des mem-

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branes muqueuses et villeuses? Quoique ce raisonnement ne prouve rien par lui-même, car on ne peut juger par analogie dans une science graphique comme l'analomie pathologique, il n'est cependant que l'expression de la vérité, car il e^st certain que les tuniques mucipares sont ramollies par l'inflammation , mais ce ramollissement ne ressemble en rien aux ramollissements idiopathiques; il ne s'observe d'abord jamais sans traces très prononcées, et bien en rapport avec lui-même, d'inflammation aiguë, et même sans la présence des produits de cette inflammation , soit infiltrés, soit épanchés.

La distinction que nous venons d'établir dans les tuniques mucipares existe rigoureusement dans tous les autres tisstis ; aucun d'eux, pas même le tissu cellulaire de la tunique externe des artères, n'est ramolli par l'inflammation de la même manière que lorsqu'il l'est d'une manière idiopathique, car, quelque friable qu'il soit, il présente toujours une infiltration de sang ou de pus plus ou moins marquée, une injection vasculaire très forte, et malgré l'extrême facilité avec laquelle il se rompt, il est au toucher plus dense et plus compacte que dans l'état physiologique. Le tissu cellulaire, primitivement ramolli, se présente dans un état différent; il devient muqueux, filant, plus ou moins gélatineux , sans présenter aucune trace de rougeur, ni d'injection, ni de suppuration, etc.

1602. Après tous les détails dans lesquels nous venons d'entrer, nous n'avons pas besoin de réfuter directement ceux qui voudraient ne voir dans les ramollissements idiopathiques que des ulcérations ou des gangrènes des tuniques mucipares.

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SECTION III

Des ramollissements du tissu nerveux.

i6o3. Nous avons traite avec beaucoup de détails des nuances et des formes variées des altérations inflammatoires du tissu cérébral; on a vu que les plilegmasies faisaient naître dans ce tissu trois sortes de ramollissements que nous avons distingués, en rouges, jaunes et blancs. Il nous semble avoir prouvé d'une manière complète la nature inflammatoire de ces altérations; nous ne pouvons cependant pas en conclure qu'il n'y a pas d'autres ramollissements cérébraux non inflammatoires. Il nous reste donc à indiquer les caractères de ces derniers , et à les comparer avec ceux des ramollissements réellement inflammatoires; en procédant ainsi, nous éviterons l'erreur dans laquelle sont tombés ceux qui, après avoir démontré la nature inflammatoire des ramollissements que produisent les cérébrites, en ont conclu en général que tous les ramollissements cérébraux étaient des résultats de phlegmasie.

i6o4« Les ramollissements idiopalhiques du cerveau se distinguent par les caractères suivants :

i°. Le ramollissement se fond peu à peu, à ses limites, dans les parties saines;

i°. Il n'existe, autour des ramollissements cérébraux idiopatbiques, aucune trace d'altération, ni dans la couleur, ni dans la circulation capillaire, ni dans la densité du tissu cérébral, qui conserve hors du siège des ramollissements ses caractères physiologiques;

3°. Soit qu'il ait son siège dans la substance médullaire, soit au contraire qu'il occupe la substance cor-

COMPARES AUX RAMOLLISSEM. INFLAMM. 58 r

ticale, le ramollissement idiopathique ne change en rien la couleur du tissu qu'il affecte; il ne présente non plus aucune trace d'injection vasculaire ;

4°. Jamais on ne rencontre au centre du tissu cérébral ramolli, même jusqu'à Ja difïluence, la moindre trace d'épanchement séro-purulent ou purulent ;

5°. On ne trouve dans le tissu ramolli, ni autour de lui, aucun vestige d'injection vasculaire;

6°. En examinant avec attention le tissu ramolli, on voit les fibres cérébrales continuer et se prolonger dans son épaisseur; seulement la mollesse va en augmentant à mesure que l'on approche du centre du foyer, où elle est porlée au plus haut degré. Quelque avancé que soit le ramollissement, la disposition fibrillaire des globules du tissu cérébral est la même que dans l'état sain (1024); on ne trouve de différence qu'en ce que, dans le ramollissement, la pulpe cérébrale est plus molle, et les molécules semblent incorporées dans une substance visqueuse qui paraît plus abondante;

70. Le ramollissement idiopathique occupe ordinairement un espace assez considérable , quelquefois même il affecte toute l'étendue d'un lobe et même d'un hémisphère.

i6o5. Si l'on compare les caractères que nous venons d'indiquer, avec ceux des ramollissements inflammatoires de la pulpe, on sera étonné que l'on ait voulu confondre comme d'une nature identique des altérations si différentes.

i°. Les ramollissements inflammatoires sont toujours plus ou moins exactement circonscrits, au moins dans une partie de leur siège par la pulpe évidemment enflammée; dans les cas même où ils ne sont

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pas limités par des désordres morbides phlegmasiques, ils le sont réellement par les limites subites de la disposition fibrillaire du tissu cérébral ; cette disposition cesse subitement autour d'eux aux limites du tissu sain ;

2°. Le tissu cérébral, autour des ramollissements inflammatoires, est plus ou moins injecté de sérosité et même de sang; il présente toujours des caractères tranchés d'inflammation;

3°. Les ramollissements inflammatoires sont toujours plus ou moins colorés en rouge brique uniforme ou par stries; en rouge jaunâtre, en jaune plus ou moins pâle, et un peu verdâtre quand l'inflammation est suppurée. La pulpe ainsi ramollie est mate, tandis que dans le ramollissement idiopathique elle conserve le reflet qu'elle a dans l'état sain; peutêtre même ce reflet est-il alors plus prononcé;

4°. On remarque fréquemment autour et dans le sein du tissu cérébral ramolli par l'inflammation, du sang épanché ou infiltré; on trouve aussi de petites portions de pulpe indurée ou injectée, ou seulement rougie et moins molle que la pulpe déliquescente qui les environne;

5°. Les capillaires de la pulpe enflammée et ramollie sont plus ou moins injectés et gorgés de sang, an point qu'en saisissant un capillaire avec une pince, il s'enlève très aisément, entraînant à peine quelques débris de la pulpe déliquescente. Dans le ramollissement idiopathique, au contraire, non seulement les vaisseaux capillaires ne sont pas engorgés, ils sont même beaucoup moins apparents que dans l'état sain;

6°. Il n'y a plus de disposition fibreuse dans le tissu cérébral ramolli par l'inflammation; ce tissu est

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désorganisé, on ne remarque plus aucune régularité dans l'arrangement des globules ;

7°. Les ramollissements inflammatoires sont rarement très étendus; lorsque cela arrive, le tissu ramolli, outre l'injection vasculaire qu'il présente, est loin d'être homogène dans toutes ses parties. Dans quelques points on trouve une infiltration sanguine; dans d'autres une infiltration purulente; ailleurs de la sérosité plus ou moins rougeâtre ou puriforme, infiltrée ou disposée dans de petites locules , etc. ;

8°. Pour peu que le ramollissement inflammatoire dure depuis quelque temps, on remarque des traces de résorption dans son épaisseur, et surtout à ses bords ; de petites locules remplies de sérosité indiquent le commencement de ce travail de résorption. On ne remarque rien de semblable dans les ramollissements idiopathiques, les fibres se prolongent sans interruption en se ramollissant progressivement , du tissu sain environnant, dans le foyer de la maladie qu'elles traversent sans s'interrompre par aucune solution de continuité.

1606. Tout ce que nous avons dit sur la faiblesse des raisonnements par induction appliqués à l'anatomie pathologique ( i6oi ), peut être opposé aux auteurs qui ont voulu rapprocher les ramollissements idiopathiques des ramollissements inflammatoires de la pulpe cérébrale. Il n'y a rien à répondre à celui qui soutient que les ramollissements cérébraux doivent être tous des effets d'inflammation de la pulpe, parce que le tissu cellulaire enflammé est ramolli, sinon que les ramollissements cérébraux ne ressemblent pas plus aux ramollissements du tissu cellulaire, que ces deux tissus ne se ressemblent dans l'état sain, et que d'ailleurs les ramollissements inflammatoires du cer-

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veau de la nature desquels personne ne doute, n'ont de commun avec les ramollissements idiopathiques que la diminution de consistance de la pulpe; que, du reste, ils ont des caractères évidemment opposés, et qui indiquent une nature très différente. D'après les caractères anatomiques assignés par des écrivains aux ramollissements du cerveau, il est aisé de voir que ces auteurs n'ont vu que des ramollissements réellement inflammatoires; tout ce qu'ils ont dit ne peut donc s'appliquer aux ramollissements idiopathiques.

1607. Il ne faut pas confondre les ramollissements du cerveau avec la diminution de densité que présente le tissu de cet organe dans les infiltrations séreuses, infiltrations qui se remarquent particulièrement aux limites des phlegmasies intenses ( io3y ), et qui sont aussi quelquefois idiopathiques. Dans cet œdème du cerveau , la densité de cet organe est un peu diminuée; mais le système vasculaire est notablement engorgé et injecté, et la sérosité flue par la pression et sous le scalpel des morceaux du cerveau. Ajoutons à cela que la diminution de densité n'est jamais, dans ces cas comme dans les ramollissements , portée jusqu'à la difïluence de la pulpe.

SECTION IV

Des ramollissements du tissu musculaire.

1608. C'est particulièrement dans le cœur que l'on a observé des ramollissements du tissu musculaire, on les trouve cependant aussi dans les muscles des membres après des fièvres graves. Nous fixerons particulièrement l'attention de nos lecteurs sur les ramollissements du cœur, en rapportant la description que Laennec a donnée de cette maladie.

COMPARAS AUX R AMOLLI SSEM. INFLAMTVT. 585

« Le plus ordinairement le ramollissement du cœur « est accompagné d'une décoloration marquée de sa « substance, qui prend une teinte jaunâtre assez ana- « logue à celle des feuilles mortes les plus pâles. Cette « teinte n'occupe pas toujours toute l'épaisseur des « parois du cœur; souvent elle est très marquée dans « le milieu de cette épaisseur, et fort peu à l'extérieur « et à la surface interne. Assez souvent le ventricule « gauche et la cloison inter-ventriculaire la présentent (( d'une manière très marquée, tandis que le ventri- « cule droit conserve sa couleur naturelle et une den- « site plus grande.... On reconnaît le ramollissement u à la flaccidité du tissu du cœur, qui, au premier «: aspect, paraît comme flétri , et dont la substance se « déchire avec la plus grande facilité. Le ramollisse- « ment est quelquefois porté à un point tel que son (( tissu devient en quelque sorte friable, et qu'on peut « facilement pénétrer dans les ventricules en pressant « l'organe entre les doigts. Dans cet état, le cœur est « rarement gorgé de sang, et, quelle que soit la maladie « à laquelle le sujet a succombé , il paraît seulement « à demi plein, légèrement aplati et affaissé. Si on (( l'incise, les parois des deux ventricules s'affaissent « également quelle que soit leur épaisseur. » '

1609. Le ramollissement du cœur a été aussi considéré comme une altération inflammatoire, et toujours parce que l'inflammation ramollit, dit-on, le tissu cellulaire, celui des poumons, etc. On ne fait pas attention que ce tissu cellulaire, ce tissu des poumons, etc., que l'inflammation ramollit, sont injectés, rougis, indurés dans quelques parties, et quelquefois dans la plus grande partie de leur étendue; qu'ils ont augmenté de volume; que leurs vaisseaux sont engor-

'Auscultation méd. , t. TI, p. 286.

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gés, qu'ils sont pénétrés de sang, de fluide coagulable , de sérosité, de pus, etc.; enfin on ne considère pas qu'avant d'arriver à cet état de ramollissement, ces tissus ont passé par d'autres états inflammatoires. Il faudrait, en raisonnant comme on le fait par analogie, pour que l'on pût considérer le ramollissement du cœur comme inflammatoire, qu'il fût associé à toutes ces circonstances; mais il en est aussi indépendant que le sont les tissus osseux, muqueux, cérébral, idiopathiquement ramollis. Dans le tissu du cœur ramolli, point de congestion ni de rougeur, il y a, au contraire , décoloration. Dans quelques cas seulement où la circulation est affectée comme dans le scorbut, il s'est formé unein filtration, une sorte d'eccbymose de sang veineux? qui teint le cœur ramolli en violet; mais ces cas sont rares. Le cœur ramolli ne présente jamais dans son épaisseur ni à ses surfaces interne ou externe aucun produit inflammatoire. Le ramollissement n'est pas lié non plus à la péricardite ni à la phlegmasie de la membrane interne auriculo-ventriculaire. Il est même remarquable que ces inflammations n'existent jamais en même temps que lui; on sait qu'il n'en est pas de même dans les cas incontestables de cardite.

1 61 o. Le ramollissement du cœur occupe souvent la totalité de cet organe; quelquefois cependant, comme le dit Laennec, il est limité à une partie de l'épaisseur de ses parois. Nous l'avons observé, limité à un seul ventricule; il est remarquable que, dans ces cas, le tissu sain, contigu et continu au tissu ramolli, ne présente aucune injection, ni infiltration inflammatoire; il n'est point tuméfié : en serait-il de même aux limites de foyers inflammatoires? On voit les fibres du cœur se décolorer, en même temps qu'elles perdent leur consistance, en pénétrant des parties saines

COMPARÉS AUX RAMOLLISSEM. 1NFLAMM. 687

dans la portion ramollie. Ces altérations se font progressivement et non d'une manière subite.

161 1. M. Moreau a rapporté à l'Académie de Chirurgie, l'histoire d'une jeune femme qui périt deux mois après être accouchée , et à l'ouverture du cadavre de laquelle on trouva une perforation spontanée de l'utérus, semblable à celles qui se forment dans l'estomac. Les parois de la matrice étaient molles et considérablement amincies; il n'y avait aucune trace d'inflammation \ Cette observation prouve que la matrice est exposée comme les autres organes à se ramollir, et que ce ramollissement peut être porté jusqu'au point de détruire une partie de l'organe.

161 2. Les ramollissements du foie , de la rate et des autres viscères existent. Les auteurs en ont rapporté des exemples; nous en avons aussi vu, mais nous ne trouvons pas dans les auteurs des détails suffisants, et nous n'avons pas nous -même examiné avec assez de soin les faits que nous avons pu observer pour traiter ex professo de ces affections , et surtout pour déterminer exactement leurs caractères anatomiques.

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