LES CÉTACÉS SONT-ILS LES SEULS ANIMAUX POURVUS DE CE GENRE
d’organes ?
§. XXIII. Mammifères. Nous n’avons jusqu’ici rencontré ce plexus vasculaire que sur les Cétacés ; mais l’on doit présumer que tousles animaux qui, avec une organisation générale analogue, vivent dans des conditions comparables à celles où existent les Cétacés, doivent présenter cet organe (1). Notre présomption est surtout applicable aux Phoques et autres Amphibies mammifères. Ils ont, suivant G. Cuvier (2), « un grand sinus veineux dans leur foie, qui doit les aider à plonger, en leur rendant la respiration moins
(1) M. Barkow a donné l’histoire du système artériel d’un grand nombre de mammifères terrestres, et sur aucun il n’a découvert les plexus vasculaires dont nous esquissons l’histoire : Voyez Disquisiliones circà originem et decursum arteriarum mammalimn; auctore J. Car. Leop. Barkowio. Accédant tabulai ceneœ IV. — * I.ipsiæ, 1829.
(2) Anatomie comparée. Loc. cit.
nécessaire au mouvement du sang. Leur sang est très abondant et très noir. »
§. XXIV. Il en est de l’existence de ce sinus veineux comme de la persistance du trou-Botal ou ouverture inter-auriculaire du cœur : la difficulté n’est pas dans la circulation veineuse , mais dans la nature du sang , qui doit être oxigéné pour pouvoir exciter les organes et entretenir la vie. Les Cétacés , comme les Amphibies , ont un système veineux considérable par l’ampleur et la multiplicité des vaisseaux constituant ce système, etM. de Blainville (1) a depuis long-temps indiqué cette disposition.
En favorisant lo retour du sang veineux jusqu’au cœur , et en facilitant son passage à travers les cavités de ce viscère , on ferait parvenir dans tous les tissus organiques un sang qui les jetterait dans la torpeur. A priori, on devrait penser que chez, les animaux à poumons, qui plongent dans l’eau et qui y séjournent quelque temps , il existe des réservoirs pour retenir ce sang veineux loin du cœur , afin qu’il ne soit pas distribué aux tissus par les mêmes
(1) i On trouve dans les Cétacés le summum de la modification du système vei- » neux; en effet, il est difficile de concevoir un animal qui ait ce système aussi dé- » veloppé dans toutes les parties du corps, et surtout sur la peau et à la base de la j> tête; on trouve en cet endroit de vastes sinus établissant des communications » nombreuses entre toutes les veines de ces parties, et la grande quantité de sang » que j’ai toujours trouvée dans le système veineux de tous les individus que j’ai » disséqués, me fait présumer que la cause de la mort de ces animaux, quand ils » sont hors de l’eau, est une véritable apoplexie cutanée, etc. » — D. de Blainville; art. Mammifère , t. 19, p. 146. — Nouveau dictionnaire d’histoire naturelle. — Edit, de Déterville. — Paris, 1818.
Le règne animal distribué d’après son organisation, etc. T. 1., p. 165. — Paris, 1817.
voies que celles qui portent le sang artériel. Il fallait admettre l'existence de diverticules pour ce sang artériel , afin de le rendre plus tard à la circulation générale, lors des intermittences de l’exercice de l’hématose dans le poumon , l’air atmosphérique ne pouvant plus arriver dans cet organe.