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CE PLEXUS EST-IL ARTÉRIEL OU VEINEUX

$S. XV. Nous avons poussé une injection dans l'aorte, et le liquide est parvenu dans cet organe vasculaire, en a distendu toutes les parties : en suivant le mème procédé sur les veines, après avoir placé des tubes dans les troncs veineux principaux ; nous avons distendu toutes les veines , sans avoir fait arriver la matière de l'injection dans les vaisseaux de ce plexus. Les mêmes expériences ont été exécutées plusieurs fois sur des animaux de même espèce et particulièrement sur des Marsouiïns ( Del-

phinus phocæna ).

$. XVI. Si l’on suit par la dissection , après une injection heureuse poussée dans l'aorte, lesdiverses artères qui sortent de la partie postérieure de ce tronc vasculaire, et qui, peu après leur origine, se divisent en deux branches, l’une pour le côté droit, l'autre pour le côté gauche, on les voit pénétrer la masse vasculaire, et en les déroulant , on parvient à reconnaître que ce plexus est formé

par le reploiement et les flexuosités de ces artères. On les voit dé-

crire des anses très-multipliées, très-longues ; qui constituent les diverses portions de cette masse artérielle. Il ne peut donc rester

d'incertitude sur la nature des vaisseaux de ce plexus (1).

$. XVII. Aucune membrane propre, aucune enveloppe particulière ne lui appartient ; la plèvre ne fait que recouvrir sa face an-

térieure , à laquelle elle tient par un tissu cellulaire très lâche.

$. XVII. Les nerfs intercostaux, les ganglions du nerf grand

{4) A. Desmoulins, en parlant du pouls veineux ou du reflux du sang dans les veines, indique, dans les Cétacés, l'existence de plexus vasculaires dans le canal rachidien; mais ce jeune anatomiste, chez lequel l’imagination précédait trop souvent l'observation des faits, a commis deux erreurs sur le point que nous examinons. Nous ne l’accuserons pas de n’avoir rien dit des plexus artériels renfermés dans le thorax des Cétacés, mais nous lui reprocherons de s’être trompé en considérant la partie de ces plexus qui est contenue dans le canal vertébral, comme un tissu veineux, et de lui avoir attribué des usages tout autres que ceux que remplissent les portions de ce plexus renfermées dans la cavité rachidienne. J, Hunter n'avait qu'indiqué ces organes, mais il avait assigné avec rigueur et exactitude leur nature anatomique. Voici le passage de A. Desmoulins.

« C’est dans les mammifères plongeurs que ce pouls ou reflux veineux est porté » au plus haut degré. Comme pendant tout le temps que l'animal est sous l’eau, le » sang ne peut passer par les poumons, et par conséquent par l'artère pulmonaire » ou le ventricule correspondant, ou du moins comme il n’y en passe qu’une très- » petite partie, le sang acculé à l'oreillette actuellemeni fermée, recule et refoule » des ondes de liquide sur une distance rétrograde d’autant plus grande quela res- » piration est plus long-temps suspendue. Il existe en outre dans les Cétacés, pour » suflire à ce refoulement, d’immenses réservoirs veineux tout le-long de la ca-

vité du canal vertébral. Ces canaux ou sinus veineux sont pleins d’anastomoses ; » c’est à eux qu'est réservé l’excès d’amplitude du canal vertébral, qui, dans tous

les animaux, est loin de représenter une mesure proportionnelle du volume de

la moelle épinière. » — Dictionnaire classique d'Histoire naturelle, t. IV, art. Circulation, p. 149,

sympathique, ainsi que les grandes branches splanchniques fournies par ce système nerveux, sont en connexions avec ce plexus vasculaire. Recouverts par ces masses, ils sortent par les intervalles qui les séparent les unes des autres, deviennent superficiels et sont apparens:sous la plèvre. (Foyez pl. 2.)

Dans toute la portion intrà-thoracique de ce plexus, c'est-àdire dans celle qu’on aperçoit sous les plèvres, on ne-distingue pas de veines, si ce n’est quelques branches rares et peu considérables , et une plus forte qui va communiquer avec la veine-cave supérieure : nous en parlerons plus loin. Dans la portion intràrachidienne de ce plexus, existent des veines en connexion avec les artères, mais bien distinctes et non accolées et collatérales; circonstance de laquelle il faut inférer que ces vaisseaux sont là pour des fonctions différentes , et n’appartiennent pas au mème ordre de circulation. Les veines sont ici disposées comme dans la cavité rachidienne des autres mammifères, et nous en avons fait l’histoire

“dans l'espèce humaine. Les artères sont ordinairement rares, presque capillaires chez l’homme et les grands mammifères, autres que

les Cétacés.

$. XIX. Le mode de terminaison des artères constituant ces plexus, est facile à déterminer : ces flexuosités vasculaires sont formées par des branches artérielles. Si l’on poursuit une de ces branches , depuis son origine à l'artère unique qui sort de l'aorte, jusqu'à sa terminaison anastomotique, avec une branche semblable, provenant de l'artère qui est au-dessus ou au-dessous, on voit que

le calibre du vaisseau reste à peu près le même , parce qu'il n’y a

presque pas de branches secondaires fournies par ces vaisseaux. On ne voit donc pas de décroissement successif du calibre de ces artères, et l'on peut les suivre dans toute leur étendue, sans les perdre soit parce qu'elles deviennent capillaires, soit parce qu’elles pénétrent dans un tissu parenchymateux, qui met un terme aux investigations de l’anatomiste : enfin on ne voit pas ces vaisseaux se continuer avec des capillaires veineux.

Ces artères ne vont donc point porter aux organes, les matériaux de leur nutrition , ou de leurs sécrétions. Cependant , de la partie externe de ce plexus vers les points correspondans aux espaces intercostaux, on aperçoit sortir des branches représentant les artères intercostales ; mais elles sont bien inférieures par leur calibre , à l'artère que l’on voit pénétrer dans ces mêmes plexus, par

leur partie interne. (Voyez planche 2.)

$. XX. Nous avons déjà fait remarquer qn'il n’existait aucune connexion entre les plexus artériels de la cavité de la poitrine et les veines azygos, car les veines azygos intrà-thoraciques manquent. En effet on n’apercoit point dansle thorax des Cétacés comme chez les autresmammifères, les veines azygos situéessur les côtés de la colonne rachidienne. Cette absence des veine$ azygos n’a pas encore été signalée , et nous croyons être le premier à l'indiquer chez les Cétacés. Mais où les veines intrà-rachidiennes , les lombaires,

les intercostales , etc., vont-elles s'ouvrir ?

$. XXI. Un tronc veineux considérable règne dans toute la longueur du côté antérieur du canal rachidien , appliqué sur la

face postérieure du corps des vertèbres, en connexion par son côté

postérieur avec le cordon médullaire, Ce tronc veineux recoit dans toute la longueur du rachis, sur les côtés, les branches veineuses , intercostales, lombaires, caudales. ( Voyez pl. 2 et 3.) Vers la troisième côte, entre cet arc osseux et le quatrième, ce tronc veineux traverse l’espace intercostal, arrive à la partie supérieure et droite de la cavité du thorax, et se dirigeant vers la ligne médiane , s'ouvre conjointement avec la veine jugulaire dans un tronc commun, qui après un court trajet finit à l'oreillette. Ce der-

nier tronc vasculaire est manifestement la veine-cave supérieure.

$. XXII. Nous considérons le tronc veineux de la cavité du ra— chis comme représentant la veine azygos. Chose remarquable, ce tronc est plutôt à droite que sur la ligne médiane , et il reçoit directement les veines du côté correspondant dans toute la longueur du canal. A gauche, une veine longitudinale existe, bien inférieure au tronc dont nous venons de parler ; en dehors, les branches intercostales, lombaires, viennent s'y terminer, etc.; et, de, l’autre côté, elle donne des branches au tronc veineux, qui va porter le sang dans la veine cave. Ne voilà-t-il pas les veines azygos transportées de la partie antérieure, à la face postérieure du rachis, et présentant entre elles une inégalité de calibre, comme on le remarque entre les mêmes veines chez l'homme et les autres mammifères. (Foyez pl. 2 et 3.)

Dans le canal rachidien , les veines dont nous parlons et les prolongemens des plexus artériels ont de nombreuses connexions. Le cordon médullaire se trouve embrassé sur toute sa circonfé-

rence par des vaisseaux sanguins très multipliés. (Voyez pl. 2 et 3.)

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