‹ Histoire ancienneChapitre 10 sur 104 · PHILOSTRATE · texte numérisé non relu

PHILOSTRATE

11 y a eu plusieurs sophistes de ce nom. IVous ne parlerons ici que de celui qui a fait la vie d'Apollone de Tyane. Il était du nombre des hommes de lettres qui fréquentaient la cour de l'impératrice Julie, femme de Sévère^. Il professa l'éloquence à Athènes, et ensuite à Rome sous Sévère. La vie d'Apollone, écrite

I Vo88. Hist.gr. 1. 2. , c. 15. 3 Vum. Hist. lat. Ub. 3.

3 Pbiloft. p. 668 590. « Suidas, An. J. C. 194.

par Damis , le plus zélé de ses disciples , qui n*était proprement que des mémoires assez mal écrits, étant tombée entre les mains de Julie , elle la donna à Pbilostrate , qui sur ces mémoires , et sur ce qu'il put tirer des ouvrages d'ApoUone même, et sur quelques autres écrits , composa l'histoire que nous en avons.

Eusèbe soutient qu'il serait facile de montrer qu'une grande partie de ses narrations se détruisent d'elles-mêmes ', et qu'elles ne sentent que la fable et le roman. Aussi il ne craint point d'assurer que tout son ouvrage est plein de fictions et de faussetés. Photius, qui rapporte en abrégé une partie des faits de cette histoire *, en traite plusieurs de fables impertinentes. Suidas en parle de même.

Ce dernier, outre la vie d'Apollone, attribue 9 Philostrate beaucoup d'écrits, et entre autres quatre livres de tableaux et de descriptions que nous avons encore, qui ont passé pour un ouvrage fort beau , bien soutenu , et écrit dans toute la délicatesse de la langue attique.

HÂCBOBE.

On donne à cet auteur, à la tête de ses ouvrages , les noms d'JureliuS'TheodosiuS'yimbrosius Macrobius, On y ajoute le titre d'illustre^ propre à ceux qui étaient élevés aux premières dignités de l'empire. 11 était d'un pays où la langue latine n'était pas d'un usage commun, c'est-à-dire de la Grèce ou de l'Orient. II a vécu sous Théodose et sous ses enfants.

Quoiqu'on n'ait pas de certitude que cet auteur soit le Macrobe qu'on trouve dans les lois d'Honorius et de Théodose, on ne peut guère néanmoins ^uter qu'il n'ait vécu vers ce temps-là , puisque toutes les personnes qu'il fait parler dans ses Saturnales en sont à peu près.

Il feint cet entretien pour ramasser tout ce qu'il savait d'antiquités ^, afin que ce recueil pût servir à l'instruction de son 6is Ëustathe , à qui il l'adresse. Et comme il y fait rassembler tous les plus grands et les plus habiles de Rome , durant les vacations des saturnales , ou a donné le nom de Saturnales a son

• Ea«eb. in Hier. ^ Saturn. I. 1, in Praef.

3phot. C.44.

ouvrage. H y fait profession de rapporter ordinairement les choses dans les propres termes des auteurs dont il les tirait, parce qu'il ne cherchait pas à faire paraître de l'éloquence , mais à instruire son flls ; outre qu'étant Grec , il n'avait pas une entière facilité à s'exprimer en latin. On prétend en effet que son élocution n'est ni pure ni belle ; et que dans les endroits où il parle de lui-même on voit un Grec qui bégaye en latin. Pour les choses, on y trouve de l'agrément et de l'érudition.

Outre les Saturnales , on^a encore deux livres de Blacrobe sur le songe que Cicéron attribue à Sci{Hon, faits aussi pour son fils Eustathe , à qui il les adresse.

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