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gnou, qui vit aujourd'hui dans l'Afrique australe*. Le gnou offre des ressemblances à la fois avec le bœuf, le cheval et l'antilope; il a des touffes de poils sur le museau^; « son regard paraît être celui d'un fou ^ ». Il faut ajouter qu'il se meut avec une grande rapidité. Nous avons vu qu'il a existé dans l'Afrique du Nord à l'époque préhistorique*; il ne serait pas impossible qu'il eût survécu dans le Sud de cette contrée.
Des béliers sauvages sont indiqués par Hérodote^ (chez les Libyens nomades) et aussi par Golumelle ®. Celui-ci raconte que son oncle acheta à Gadès quelques béliers africains d'une couleur étonnante, qu'on avait transportés en Espagne pour les exhiber dans des spectacles ^ et qu'il les croisa avec des brebis de son domaine. Dans Timothée de Gaza^, nous trouvons la mention d'une espèce de moutons sauvages de Libye, animaux stupides et d'une chasse facile, dont la laine est sans valeur.
Elien ® parle de chèvres sauvages qui fréquentent les sommets des montagnes de la Libye. Elles atteignent presque la taille des bœufs. Leurs cuisses, leur poitrine, leur nuque, leur menton sont garnis de poils très épais. Elles ont le front bombé, les yeux vifs, les jambes courtes; au lieu d'être droites, comme chez les autres chèvres de montagne, leurs cornes divergent en sens transversal et descendent obliquement pour se rapprocher des épaules, tant elles sont longues. Il n'y a pas de chèvres plus agiles. Elles sautent avec une grande facilité de crête en crête; quand elles tombent, elles ne se font aucun mal, à cause de la
1. Gonf. 0. Keller, die antike Tierwelt, I, p. 296. Pomel {Bosélaphes Ray, p. 7) se refuse à admettre cette identiûcatioa; il croit qu'il s'agit du phacochère.