Nat. anim.. XIV. U
Quant au veau, ils l'emmènent chez eux. C'est un mets succulent.
Nous n'avons pas d'autre mention de bœufs sauvages en Berbérie, à l'époque romaine. Étaient-ce des descendants de ces grands buffles qui vivaient dans le pays aux temps préhistoriques*? des bœufs véritablement sauvages? ou des bœufs d'origine domestique, rendus à la liberté? Les buffles qu'on trouve aujourd'hui en Afrique sont d'importation toute récente *. On a signalé de prétendus bœufs sauvages au Maroc ^ mais ce renseignement est sujet à caution*.
Les lièvres abondaient S comme de nos jours, et l'on aimait à les chassera Hérodote indique chez les Libyens nomades trois espèces de rats"' : « Les uns s'appellent o'.-ootq; les autres,
1. Je suis peu disposé à le croire : ces animaux sont si remarquables par leur taille et leurs cornes que, s'ils avaient abondé en Afrique aux environs de notre ère,, nous en aurions sans doute des mentions et des images. Les animaux dont parle Don Cassius (XLYUI, 23) sont des antilopes bubales, et non des buffles : voir plus haut, p. 122. Isidore de Séville (EtymoL, XII, 1, 33) indique le bubalus, après les articles taurus, bos, vacca, vitulus, et avant l'article urus : « Bubali vocati per derivationem, quod sint similes boum; adeo indomiti ut prae feritate iugura cervicibus non recipiant. Hos Africa procréât. » Dans la pensée d'Isidore, il s'agit bien ici de bovidés. Mais on peut se demander si les mots « Hos Africa procréât » n'ont pas été ajoutés par suite d'une confusion entre le bubale d'Afrique (antilope) et l'animal qui, en latin vulgaire, était appelé bubalus.
2. Ceux que Tissot (I, p. 345) indique dans le district de Mater sont issus d'animaux lâchés par uù bey de Tunis : Kobelt, Studien zur Zoogeographie, II, p. 154. — Le prétendu buffle rouge, mentionné par Tissot (I, p. 343) et appelé, dit-il, begueur el ouahach par les indigènes, est l'antilope bubale : conf. Lataste, Faune des vertébrés de Barbarie, p. 170.