Advcrsum paganos, V, il
FAUNE ET FLORE DE L'aFUIQUE DU NORD. 137
oiseaux, troupeaux et autres bêtes, dont les corps putréfiés, gisant partout, accrurent encore le fléau... En Numidie, pays où régnait alors Micipsa, on dit qu'il périt huit cent mille hommes; dans la zone maritime oii sont situées Ulique et Carthage, plus de deux cent mille. Près dUtique, trente mille soldats, qui formaient l'armée romaine d'Afrique, furent exterminés par cette peste. Elle se déchaîna avec tant de rapidité et de violence qu'en un jour plus de quinze cents corps de ces jeunes gens furent emportés, affîrme-t-on, par une seule porte*. »
Aux temps préhistoriques, les Africains étaient grands mangeurs d'escargots, comme le prouve l'abondance extraordinaire de ces mollusques dans presque toutes les stations. A l'époque romaine, on appréciait fort les escargots d'Afrique^ : ils servaient de mets de choix ^ ou de médicaments *^. Ils étaient alors l'objet d'un véritable élevage.
La flore de la Berbérie ressemble beaucoup, dans le Tell, à celle de l'Espagne, du Midi de la France, de la Sicile, de l'Italie. Des deux côtés de la Méditerranée, ce sont d'ordinaire
1. Saint Augustin {Civit. Dei, III, 31) raconte les mêmes faits d'après la même source. Il ajoute que, sur 30 000 soldats, 10 000 seulement survécurent. Voir «ncore Tite-Live, Epit. l. LX (c'est probablement de cet historien que dérivent les indications données par Augustin et Orose); Julius Obsequens, 90 (il nous apprend que le fléau sévit aussi très cruellement en Gyrénaïque).
2. Les plus célèbres étaient les cocleae Solitanae (Varron, Rusl., III, 14, 4; Pline, IX, 173), ou lolitanae (Pline, XXX, 45). S'agit-il d'Iol (Cherche])? Dans ce cas, Varron et Pline les auraient qualifiés d'escargots de Maurélanie, plutôt que d'escargots d'Afrique. Les Cinyphii campi, dont Stace {Silves, IV, 9, 32-33) vante les escargots, ne paraissent pas être spécialement la région du Cinyps (en Tripolitaine) : c'est une manière poétique de désigner l'Afrique.