XVII
divers animaux dont l'habitat ordinaire est la forêt : singes, panthères, ours, sangliers. D'autre part, des constitutions du Bas-Empire nous apprennent que cette contrée pouvait fournir à Rome de grandes quantités de bois, pour le chauffage des bains publics'.
Nous voudrions connaître la répartition de ces forêts. Mais les renseignements dont nous disposons sont bien maigres.
Strabon affirme que le mont Abilé (sur le détroit de Gibraltar) porte des arbres élevés ^ Hannon mentionne sur l'Océan le cap Soloeis (aujourd'hui cap Cantin), couvert d'arbres ^ Des forêts épaisses, dont parlent Virgile*, Pline ^ Silius Italiens ^ Pausanias', Élien*, se dressaient sur l'Atlas marocain. Pline indique aussi ^ des forêts, peuples d'éléphants, près du fleuve Amilo, que Tissot croit être l'oued x\mlilou (ou Melillo), affluent de gauche de la Moulouia : ce qui n'est pas certain'".
On ne sait à peu près rien sur les forêts du pays qui, à l'époque romaine, fut la province de Maurétanie Césarienne (Ouest et centre de l'Algérie)". Le mont Ancorarius, qui porta
1. Code Théodosien, XIII, 5, 10 (en 364) : confirmation des privilèges accordés jadis aux armateurs africains qui doivent transporter des bois destinés aux usages publics (« navicularios africanos qui idonea publicis dispositionibus ac necessilatibus ligna convectant... »). Ibid., XIII, 5, 13 (en 369) : constitution fixant au nombre de soixante les linteones {des tisserands, qu'on s'étonne de rencontrer ici) et les armateurs, chargés de ce service par Constantin. Elle défend de leur demander plus que n'exigent les besoins des bains (« amplius... quani nécessitas exigit lavacrorum »). Conf. les commentaires de Godefroy. — Symmaque (Lettres, X, 49; en 384-5) mentionne aussi les « navicularios lignoruni obnoxios functioni ».