‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 154 sur 468 · P. 149 et suiv · texte numérisé non relu

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4. Conf. saint Augustin, Quacsl. in Heptateuchum, II, 2 : <> Sicut solet uber terra, etiam ante utrlia semina, quadam herbarum quamvis inutilium feracitate laudari... » Le même, Contra Fauslum, XXII, 70 : « ... agricolae (juam terram viderint, quamvis inutiles, tamen ingénies herbas progignere, frumentis aptam esse pronunliant. »

5. Nous les indiquerons quand nous étudierons l'agriculture carthaginoise et l'agriculture romaine.

une partie du littoral oriental de la Tunisie, au Sud du golfe de Hammamet, au Nord et autour de Sousse. La plupart des pays que nous venons d'énumérer sont des plaines, hautes ou basses. Ailleurs, dans les régions montagaeuses, Rif, grande et petite Kabylie, Khoumirie, Aurès, etc., des vallées se prêtent à la culture des céréales, mais les superficies disponibles sont en général peu étendues.

L'arboriculture a été autrefois et redeviendra sans doute très florissante en Afrique. Elle peut réussir sur des terres médiocrement favorables aux céréales. En premier lieu, dans les pays de montagnes, à pluies abondantes, mais à sol pauvre : comme la végétation naturelle des forêts, certaines espèces fruitières s'en contentent. Les sources, nombreuses dans ces régions, servent en été ou durant les périodes sèches de l'hiver à des irrigations, nécessaires aux jeunes plants et utiles aux arbres adultes.

Cependant les arbres fruitiers, surtout l'olivier, le figuier, l'amandier, supportent assez bien de longues sécheresses '. Leurs racines puissantes vont chercher l'humidité qui s'est maintenue dans les profondeurs du sol, alors que le soleil a desséché la croûte supérieure. Cette réserve existe en quantité suffisante, même dans des pays où la tranche de pluie ne dépasse guère 0 m. 25. Si, par l'aménagement habile des eaux disponibles, on s'y procure le liquide nécessaire à l'arrosage des jeunes sujets, on peut y créer de vastes vergers, à récoltes presque assurées. Telle fut, dans l'antiquité et même plus tard, la cause de la prospérité de la Tunisie orientale et méridionale, du pays des Némenchas, du Hodna.

Il est naturel que les centres de quelque importance s'entourent d'arbres fruitiers, dont les produits servent surtout à la consommation locale. Aujourd'hui encore, bien des villes de

1. Il faut excepter les espèces à pépins ((ui craignent les clialcurs séciics, et aussi les cerisiers et les pruniers.

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l'Afrique septentrionale sont parées d'une ceinture de beaux jardins'. Il en fut de même au moyen âge, comme l'attestent M les géographes arabes, et sans doute aussi dans l'antiquité : on sait que les vergers de Tlemcen ont succédé à ceux de Pomaria. Enfin, dans les oasis du Sud où l'irrigation permet la culture, de nombreux arbres à fruits poussent sous le couvert des palmiers-dattiers, assez chétivement et au prix d'un travail acharné; Seul, le dattier, probablement indigène au Sahara-, a une véritable valeur économique, que les anciens n'ont pas négligée ^

Dans la Berbérie proprement dite, les deux espèces principales sont la vigne et l'olivier, qui y existent à l'état sauvage depuis les temps les plus reculés*. Des oléastres se rencontrent

1. Tétouan, Fez, Sefrou, Meknès, Demnat, Debdou, Miliana, Mila, Msila, Ngaous, etc.

2. Cosson, le Règne végétal en Algérie, p. 52. De Candolle, Origine des plantes cultivées, p. 240-2. Fischer, Die Daltelpalme, dans Petcrmanns Mitteil., Ergàazung-sheft LXIV (1881), p. 2. II convient d'ajouter que l'on n'a aucune preuve de l'existence actuelle de dattiers véritablement sauvages dans le Sahara.

3. Hérodote, IV, 172, 182, 183. Théophraste, Hist. plant., II, 6, 2; IV, 3, 5. Pline, V, 13; XIII, 26 (où il est question de dattes qui ne se conservent pas et doivent être consommées sur place); XIII, 111; XVIII, 188.

4. Dans l'antiquité, des oliviers sauvages (oléastres) sont indiqués en divers lieux : Pline, V, 3 (près de Lixus, sur la cùte occidentale du Maroc); Ptolémée, IV, 1, 3 ('OÀéaiTTpov axpov, sur la côte septentrionale de la même contrée); Salluste, Jug., XLVIII, 3 (région de l'oued Mellègue); Table de Peutinger (Ad Oleastriim, entre Sfax et'Gabès); Corippus, Johannide, VI, 573 (au Sud-Est de Gabès); Périple de Scylax, § 110, dans Geogr. gr. min., I, p. 87 (île de Djerba); inscriptions d'Henchir Mettich, d'Ain Ouassel et d'Aïn e Djemala, apud Toutain, l'Inscription d'Henchir Mettich, p. 8 (III, 10-11), et Garcopino, Mélanges de V École de Rome, XXVI, 1900, p. 370 (Tunisie centrale). Conf. saint Augustin, Contra Faastum, XXII, 70 : « Agricolae... quem montem oleastris silvescere adspexerint, oleis esse utilem cultura accedente non dubitant. ■> — Battandier, Flore de V Algérie, Dicotyiédones, p. 581 : « Aucune plante ne peut, d'après sa dispersion actuelle, être considérée comme indigène en Algérie à plus juste titre que l'olivier, qui constitue notre espèce forestière la plus généralement répandue, en Jehors de toute action de l'homme. » Gonf. Fischer, Der Oelbaum, dans Pctermanns Mitteil., Erganzungsheft CXLVII (1904), p. 4-5, 8. On peut cependant se demander si une partie de ces oléastres ne sont pas nés de noyaux provenant d'oliviers cultivés, noyaux que les oiseaux auraient transportés.

La vigne, bien nettement caractérisée, a été trouvée dans des dépôts quaternaires eu Algérie (Battandier et Trabut, rAlgérie, p. 20), comme en Europe (de Saporta et Marion, VÉvolulion du règne végétal, II, p. 170; en Italie, dès le pliocène). Des textes anciens mentionnent des vignes sauvages. Telles étaient sans doute celles du cap Sparlel, qui valurent à ce promontoire le nom d'Ampe-

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à peu près partout, fort loin dans l'intérieur des terres *, et n'attendent que la greffe pour donner d'excellents produits L'olivier cultivé vient, sans avoir besoin d'engrais, sur les sols les plus pauvres, sauf sur les terrains marécageux ^ Il peut fructifier à des altitudes assez hautes, plus hautes même qu'on ne le dit d'ordinaire, puisque nous trouvons des restes de pressoirs antiques à plus de 1000 mètres^. Cependant il se ressent des froids vifs et persistants de l'hiver, des gelées tardives et répétées du printemps. Au contraire, la chaleur, pourvu qu'elle ne soit pas excessive*, semble exercer une influence heureuse sur la teneur des fruits en huile : on a constaté que « les mêmes

lusia ('AfATTcÀo-jo-ia, d'à(xu£).o;, vigne), traduction grecque d'un mot indigène ayant, nous dit-on, la même signification (kôtès) : Pomponius Mêla, I, 25; conf. Strabon, XVII, 3, 2, et Ptolémée, IV, 1, 2. Telles étaient peut-être aussi ces vignes de la Maurusie (Maroc actuel), au sujet desquelles Strabon (XVII, 3, 4) donne des indications dont il ne se porte pas garant : deux hommes pouvaient à peine en étreindre le tronc et les grappes avaient une coudée de longueur. Les Lixites, habitants de l'Atlas, se nourrissaient, dit Pausanias (I, 33, .5), du raisin des vignes sauvages (àfjnrc'Xor/ àyp'oiv).. Pline (XII, 133; conf. XXIII, 9) parle du produit de la vigne sauvage d'Afrique, qui servait à des usages médicinaux; on l'appelait massaris. Un traité faussement attribué à Aristote {De mirabilibus auscultationibus, 161) signale une espèce de vigne qui existait en Libye et qu'on appelait vigne folle : elle portait presque dans le même temps des fruits murs, verts et en fleur. C'était probablement une vigne sauvage. — La vigue pousse encore à l'état sauvage dans beaucoup de lieux de la Berbérie : Battandier et Trabul, V Algérie, p. 20-21 ; Engler, apud Hehn, Kuliurpflanzen und Haustldere, p. 89 de la 6* édition. Il faudrait savoir, il est vrai, s'il s'agit de vignes véritablement sauvages, ou de pieds issus de pépins pris à des plants par des oiseaux : sur les caractères dislinctifs de la Vitis silvestris et de la Vitis vinifera (vigne cultivée), voir Stummer, Milteilungen der anthropologischen Gesellschaft (Vienne), XLI, 1911, p. 283 et suiv. Dans l'Afrique du Nord, la Vitis vinifera a peutêtre été introduite par les Phéniciens.

1. On en trouve en plein Sahara : Schirmer, le Sahara, p. 100. Dans l'Ahaggar, l'olivier sauvage est appelé aleo, nom qui n'est sans doute (jue le mot latin olea (olivier cultivé) : indication de M. Basset, d'après le P. de Foucnuld.

2. Bivière et Lecq, Manuel, p. .3.53. Conf. Columelle, De arboribus. 17, 1.

3. Voir plus haut, p. 88, n. 6. — Selon une opinion rapportée par Théophraste {IJist. plant., VI, 2, 4; conf. Pline, XV, 1), l'olivier ne croîtrait pas à plus de trois cents stades de la mer (55 kilomètres). D'autres indiquaient une distance plus grande. Columelle, V, 8, 5 : « Hanc arborem plerique existimant ultra miliarium sexagesimum (près de 90 kilomètres) a mari aut non vivcrc, aut non essf feracem. Sed in quibusdam locis recte valet. » On rencontre dans l'Afrique du Nord des oliviers bien plus loin du littoral.

4. Conf. Pline, XV, 4 : <> Fabianus negat provenire in frigidissimis olea m, ncque in calidissimis. - Géoponiques, IX, 3 : l'air chaud et sec est nécessaire à rol'vier, comme cela se voit on Libye et en Cilicie.

variétés sont plus riches en matières grasses en Afrique qu'en France, et dans les stations du Sud que dans celles du Nord' ». La vigne cultivée prospère admirablement dans les régions à climat tempéré, voisines de la mer. A l'intérieur, elle peut être très éprouvée par des gelées survenant au printemps, alors qu'elle a déjà commencé à bourgeonnera

Le figuier et l'amandier paraissent être indigènes aussi en Berbérie ^ Le premier de ces arbres ne souffre ni du froid, ni de la sécheresse; il accepte tous les terrains et s'élève à de hautes altitudes (1 200 mètres en Kabylie). L'amandier est de même très rustique* et ne redoute guère, en dehors du littoral, que les froids printaniers.

Parmi les cultures légumières, celle des fèves convient particulièrement à l'Afrique du Nord^ Cette plante craint peu la sécheresse, grâce à ses racines très longues. De plus, par la qualité qu'elle a de fixer l'azote de l'air, elle constitue un véritable, engrais et prépare le sol à recevoir des céréales; il en est de même, du reste, des autres légumineuses.

1. Batlandier et Trabut, V Algérie, p. 80. Conf. Fischer, /. c, p. 39-40.

2. D'autre part, la culture de la vigne présente des risques dans les régions où régnent de très fortes chaleurs à l'époque de la vinification (par exemple dans la vallée du Chélif). La lermentation s'y fait dans de mauvaises conditions, à moins qu'on n'emploie des procédés de réfrigération, inconnus des anciens.

3. Pour l'indigénat du figuier dans les pays méditerranéens, voir Englcr, apud Hehu, l. c, p. 97-99. Le figuier cultivé descend certainement du figuier sauvage : de CandoUe, Origine des plantes cultivées, p. 236. — L'amandier abonde à l'étal sauvage (avec des amandes toujours amères) dans de nombreuses montagnes de l'Algérie. Cosson (le Règne végétal en Algérie, p. 26) déclare qu'il est •• manifestement indigène ». Baltandier, Flore de l'Algérie, Dicotylédones, p. 293 : •< Il parait réellement spontané sur divers points. »

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