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historiens distinguent trois types, qui se rencontrent souvent ensemble, surtout les deux derniers : chelléen (« coups-depoing » sommairement taillés), acheuléen (« haches » en forme d'amande, d'une technique plus soignée), moustérien (pointes, lames, racloirs. travaillés sur une seule face)'.
A Ternifme, dans la province d'Oran', on a découvert de nombreux instruments en pierre et des ossements, débris de chasse, se rapportant à une faune quaternaire chaude : Elephas atlanticus, rhinocéros, hippopotame, sanglier, zèbre, chameau, girafe, antilopidés, etc. Ils gisaient pêle-mêle^ au pourtour d'une colline de sable, haute d'une trentaine de mètres, constituée par des apports de sources artésiennes et recouverte d'une couche de grès. Beaucoup d'os présentent des incisions, ou sont cassés au milieu, sans doute pour l'extraction de la moelle. Les outils ou armes sont des coups-de-poing chelléens, en grès et surtout en quartzite, très grossiers, dont la forme est vaguement celle d'une amande, longue de 0 m. 15 à 0 m. 20, ou bien d'un rectangle; des galets de grès, ou des moitiés de galets, en partie bruts (du côté où on les tenait en main), en
1. Nous laisserons de côté les éolithes, pierres qui auraient été simplement accommodées pour l'usage. On sait que des préhistoriens placent avant l'industrie paléolitiiique une longue période éolithique. Que les hommes se soient servis, non seulement de pierres brutes, mais aussi d'instruments très rudimenlaires, soit avant, soit après l'invention de la taille, c'est ce que l'on peut admettre sans difficulté. Mais il faudrait pouvoir distinguer les éolilhes, accommodés et utilisés, des cailloux qui présentent un aspect tout à fait semblable et qui, pourtant, n'ont été façonnés que par des agents naturels. Dans l'Afrique du Nord, on a signalé de prétendus éolithes à Chetma (prés de Biskra) et à Gafsa : Chantre, dans Assoc. française, Clermont-Ferrand, 1908, II, p. 688-, Eybert, dam Bull, de la Société archéologique de Sousse, IV, 1906, p. 141 et suiv. ; Schweinfurlh, dans Zeitschrift fixr Ethnologie, XXXIX, 1907, p. 150. Pour ceux de Gafsa, MM. de Morgan, Capitan et Boudy (Revue de VÉcole d'anthropologie, XX, 1910, p. 220) ont montré que ce sont des éclats qui se retrouvent dans des ateliers paléolithiques de la région, avec des pièces chelléennes, acheuléennes et moustériennes.
2. Près du village de Palikao, à l'Est de Mascara : Gsell, Atlas archéologique de VAlgérie, f 32, n° 14. — Sur ces trouvailles, voir surtout Pallary et Pomel, dans Matériaux pour rhistoire primitive de l'homme, XXII, 1888, p. 221-2.32.
3. Nous, devons ajouter que toutes les trouvailles faites en ce lieu ne datent pas de l'époque quaternaire. Des restes de poteries grossières {Matériaux, l. c, p. 223-4) sont certainement beaucoup plus récents.
partie façonnés à grands éclats; des morceaux de silex et de quartzite, de dimensions moindres, simplement cassés, ou à peine travaillés, qui ont pu servir de pointes et de racloirs.
Des constatations analogues ont été faites au lac Karar, petit réservoir naturel situé au Nord de Tlemcen', et ont donné lieu à une étude attentive^. Le gravier qui constituait le fond de la nappe d'eau contenait le même mélange d'ossements {Elephas atlanticus, rhinocéros, hippopotame, sanglier, zèbre, etc.) et d'outils primitifs. Parmi ceux-ci, les uns, en quartzite, ont la forme d'une amande, avec une pointe plus ou moins effilée; les plus longs dépassent 0 m. 20. Ils reproduisent exactement les deux types chelléen et acheuléen. Les autres sont des silex de petites dimensions : soit des éclats, qui ont pu être utilisés, soit quelques instruments taillés sur une seule face, pointes et racloirs. Il est très probable que les deux séries sont contemporaines ^
Ces stations* sont datées par la faune associée aux restes du travail humain. Sur bien d'autres points ^ au Maroc % en Algérie ',
1. Près du village de Montagnac : Gsell, Allas, î" 31, n" 47.
2. Boule, dans V Anthropologie, XI, 1900, p. 1-21, pi. I-II (découvertes de M. Gonlil).
3. Conf. les observations de Boule, l. c, p. 18. Une hache polie et des pointes de llèches à ailerons, trouvées aux abords immédi-ats de la pièce d'eau, sont d'une autre époque.
4. Une troisième station de la province d'Oran, celle d'Aboukir, au Sud-Est de Mostaganem, a donné des calcaires taillés à grands éclats et des bouts de silex, en général non retouchés, avec des ossements d'Elephas atlanticus, de rhinocéros, d'antilopes, d'un grand bœuf, et des amas d'escargots. Ces objets étaient ensevelis dans des sables, charriés par une source artésienne. Voir Pomel, dans Matériaux, XXII, 1888, p. 232; Pallary, dans Assoc. française, Marseille, 1891, II, p. (iOO.
5. Dans les notes qui suivent, je ne mentionnerai que les découvertes les plus importantes.
6. Rabat (chelléen) : Pallary, dans l'Anthropologie, XVIII, 1907. p. 309-310; XIX, 1908, p. 173-4. Oudjda (acheuléen) : Pallarv et Pinchou, ibid., XIX, p. 177-8, 427-9.
7. Ouzidane, au Nord de Tlemcen (acheuléen) : Pallary, Assoc. française, Besancon, 1893, II, p. 057-601. Ain el Hadjar, au Sud de Saida (acheuléen) : Doumergue, Bull. d'Oran, 1892, p. 547-r)o0, fig. 2 et 3. Takdempt, à l'Ouest d(^ Dellys (chelléen et acheuléen) : Reinacli, Bull, archéologique du Comité, 1892, p. 496; LacoLir et Turcat, ibid., 1900, p. 013. Diverses stations dans la région de Tèbcssa. au Nord et surtout au Si^d de celte ville (chelléen. acheuléen) : indi-
dans le Sud de la TanisieS au Sahara-, on a recueilli, à fleur de terre ou dans des all.uvions, des instruments chelléens et acheuléens, non accompagnés d'ossements Tantôt ils sont seuls, tantôt ils se trouvent avec des objets moustériens% pointes, racloirs, auxquels sont souvent mêlés des disques à bords coupants* et des galets dont la base est restée brute et dont le côté opposé offre des facettes concaves, alternées de manière à former une arête sinueuse : galets et disques devaient être des projectiles^.
Nous mentionnerons en particulier les découvertes faites aux environs de Gafsa, dans le Sud de la Tunisie ^ Les outils chelléens, acheuléens et moustériens abondent dans cette région. Très fréquemment, ils sont confondus et paraissent être de même époque. Ils se rencontrent soit sur des emplacements de stations, situées d'ordinaire en plaine, soit dans des ateliers, établis aux lieux où il y a des gisements de silex utilisable : ateliers qui étaient souvent importants, surtout sur les collines
cations de M. Latapie; couf. le même, Bull, archéol. du Comité, 1910, p. cclxi; Debruge, Rec. de Conslantine, XLIV, 1910, p. 88; Reygasse et Lalapie, i6id., XLV, 1911, p. 3ol-4 et trois planches.
1. Oum el Ksob, au Nord-Ouest de Gafsa (acheuléen) : Pallary, Revue africaine, LV, 1911, pi. à la p. 312, fig. 1 et 2. Région de Redeyef, à l'Ouest de Gafsa (chelléen, acheuléen) : Fleury, Bull, de la Société arclœologique de Sousse, VI, 1908, p. 67-69. Région de Gafsa : voir plus loin. — On n'a pas encore découvert d'outils chelléens et acheuléens dans la Tunisie septentrionale et centrale.
2. Outils acheuléens. Ghardaïa : Revue africaine, LV, pi. à la p. 312, fig. 3. Région de Temassinine : Rabourdin, dans Documents relatifs à la mission Flattcrs, p. 2.')4-o et pi. Vil A; Foureau, Documents scientifiques de la mission Foureau-Lamy, pi. XXVI (conf. V< rneau, ibid., p. 1114); voir aussi Flamand et Laquière, Rcrue africaine, L, 1900, p. 213-4. A 400-.JÛ0 kilomètres au Nord de Tombouctou ; Capitan, Comptes rendus de l'Académie des Inscriptions, 1911, p. 313-8.
3. Oudjda : Pinchon, dans l'Anthropologie, XIX, 1908, p. 427-430. Ouzidane : Pa!lary, Assoc. française, Besançon, 1893, II, p. 061^ et Bulletins de la Société d'anthropolojic de Paris, 1895, p. 92-93. Ain el Hadjar : Doumergue, Bull. d'Oran, 18'.)2, p. o47-.550. Oum el Ksob : musée d'Alger. Redeyef: de Morgan, Capitan et Boudy, Revue de l'École d^ anthropologie, XX, 1910, p. 270. Chabet Rechada, dans l'extrême Sud tunisien, ibid., p. 339-342.
4. Voir, par e.\emple. Revue de VÉcole d'anthropologie, XX, p. 273, fig. 09.
5. Pallary, dans i Homme préhistorique, 1909, p. 179-180; le même. Instructions, p. 17-18. On trouve de ces galets à éclats alternés et de ces disques dans les industries plus récentes, jusqu'au néolithique berbère.