‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 18 sur 468 · Conf. Gorippus, Johannide, I · texte numérisé non relu

Conf. Gorippus, Johannide, I

4. Conf. Polybe, I, 39, 3; Salluste, Jug., LXXVIII, 2-3; Strabon, XVII. 3, 20; Mêla, I, 33; Lucain, IX, 303 et suiv.

3. Conf. Mêla, l. c.\ Procope, Bell, vand., I, 13, 8. -6. Sur ces marées, voir Polybe, /. c; Strabon, XYII, 3, 17 et 20: Mêla. /. c: Pline, V, 26; Denys le Périégète, 107, 198 et suiv., et le commenlaire d'Enstathe (dans Geogr. gr. min. de Miiller, II, p. 109, 112, 232); Solin, XXVII, 3-4. 7. Voir à ce sujet Bêrard, les Phéniciens et VOdyssée, I, p. 393 et suiv.

pleine mer et, dans le port, ils demeurèrent au mouillage. Mais la navigation resta assez timorée, à la merci des sautes de vent, en quête de refuges. Aussi, même à l'époque romaine, les ports abondaient-ils sur les côtes africaines, comme le prouvent les indications d'écrits qui datent du ii* et du iii^ siècle de notre ère'. Quelques-uns étaient bons, la plupart médiocres ou mauvais. Parfois, ils occupaient des embouchures de rivières : c'était le cas de plusieurs ports du Maroc, de Leptis Magna en Tripolitaine-. Mais, sur l'Océan, l'accès des fleuves est rendu difficile par l'existence d'une barre; ailleurs, l'ensablement par les alluvions est un grave obstacle. D'autres ports furent établis en arrière d'une ou de plusieurs îles, très rapprochées de la côte^ Les Phéniciens recherchaient ces positions avantageuses: l'île formait un écran contre les vents du large; elle était aussi un emplacement favorable pour des entrepôts, défendus contre les convoitises des indigènes. Souvent encore, le port était abrité' par un cap, pointe en roches dures qui avait mieux résisté à l'érosion que les parages voisins ; sur le littoral septentrional, le havre se trouve en règle à l'Est du cap, qui le couvre des vents dangereux d'Ouest et de Nord-Ouest\ Plus tard, on constitua quelques ports artificiels, en construisant des jetées, ou en creusant des bassins intérieurs.

Ce n'était pas seulement la rareté des bons ports naturels qui pouvait écarter les étrangers de l'Afrique du Nord. C'étaitaussi la difficulté de pénétrer dans l'intérieur du pays, soit pour y trafiquer, soit pour en prendre définitivement possession Sur la côte septentrionale, les plaines bordant la mer sont

1. Ptolémée, la Table de Peutiiiger, l'Itinéraire d'Antonin, le Stadiasme. ^

2. Voir aussi Pseudo-Scylax, 111 (Geogr. gr. min., I, p. 90) : XiXxa TiôXtç èv^ tw T.rj-xixu>. Il s'agit peut-être de Ténès : conf. Gsell, Atlas archéologique de l'Algérie, C 12, n° 20.

3. Thapsus, Utique, Tabarca, Alger, Tipasa, Chercliel, Rachgoun (PoWhs Sigensis), Mogador. Voir aussi dans Scylax (§111) la mention d'îles, situées probablement entre Cherchel ('Io-jÀ-o-j à'zpa) et l'île de Rnchgoun (en arriére de laquelle était lltyr,), et qui paraissent avoir disparu.

4. Bône, Stora, CoUo, Bougie, Dellys, Alger. Arzou, Mi'lilla.

rares et nous avons vu' qu'elles n'avaient que peu de valeur pour les anciens. Presque partout, des chaînes de montagnes se dressent comme des remparts, au-dessus de ces plaines, ou immédiatement au-dessus des flots. Tl y a bien quelques voies d'accès vers l'intérieur. Des places maritimes ont pu être créées à leur débouché : Tabarca, près de l'oued el Kébir; Hippone, non loin de laSeybouse^; Bougie, à l'extrémité de la vallée de la Soummane. Mais ces routes s'étranglent bientôt^ Au Nord-Est, le golfe de Tunis, sur lequel les Phéniciens fondèrent Utique et Carthage, s'avance d'une cinquantaine de kilomètres dans les terres; il reçoit un fleuve important,' la Medjerda. Ce fut dans l'antiquité la porte principale de l'Afrique du Nord, à l'entrée de la ^Méditerranée occidentale, en face de la Sicile. Cependant la vallée de la Medjerda n'est pas une voie dépourvue d'obstacles*. Des côtes de l'Océan et de la Tunisie orientale, la pénétration est plus facile, mais c'est précisément dans ces parages que les ports naturels manquent le plus; en outre, ils sont déjà éloignés des contrées qui font face à la Berbérie et qui sont, par conséquent, destinées à avoir avec elle les relations les plus suivies.

Lorsqu'un conquérant a pris pied dans ce pays, il lui est malaisé de s'enfermer dans les régions dont la possession lui semble profitable. Il est entraîné à étendre sa domination sur les peuplades belliqueuses qui menacent sa conquête; des plaines fertiles, il doit pénétrer dans les massifs montagneux qui servent de repaires aux pillards; du littoral, il doit s'avancer jusqu'aux espaces parcourus par les nomades, jusqu'aux steppes, jusqu'au Sahara.

2. L'Ubus (la Seybouse) débouchait dans l'antiquité plus à l'Est qu'aujourd'hui, par conséquent à quelques kilomètres d'Hip[)one, et non aui)rès de celte ville : voir Gsell, Atlas, î' 9, u" 180.'

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