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2. M. CoUignon (dans Matériaux, XXI, 1887, p. 196) croit cependant que le Nord et le centre de la Tunisie sont réellement très pauvres en préhistorique. Luimême et d'autres ont fait çà et là des recherches, qui sont restées infructueuses. Conf. Bellucci, rttà délia pietra in Tunisia (Roma, 1876), p. 11-12.

langue de terre presque entourée par la mer, un plateau, une croupe au confluent de deux rivières ou entre des ravins : tels étaient les lieux qu'ils préféraient, quand ils trouvaient une source dans le voisinage immédiat*. Peut-être même, dès cette époque, ont-ils quelquefois protégé leurs villages par des remparts, en blocs bruts, ajustés à sec : au djebel el Kalaa, dans la presqu'île du cap Bon, on a constaté l'existence de murs, d'aspect très primitif, à assises disposées en grossiers gradins, barrant les deux extrémités d'une étroite arête rocheuse, longue de 400 mètres, sur laquelle ont été recueillis des instruments en pierre, pointes de flèches et éclats de silex ^

Une étude approfondie des foyers, de leur répartition et des débris qui les entourent permettrait peut-être de présenter des hypothèses sur l'aspect et le groupement des habitations, de dire si les huttes étaient rondes ou quadrangulaires, si, en quelques endroits, on n'avait pas déjà commencé à édifier des maisons en moellons.

La civilisation néolithique des grottes se retrouve dans des stations découvertes sur différents points de l'Algérie *. Elles ont été très peu explorées et nous nous abstiendrons d'en parler, car nous ne pourrions que répéter ce que nous avons dit au sujet des troglodytes.

1. Gonf. Pallary, Bull, de la Société d'anthropologie de Lyon, XI, 1892, p. 287; Dehruge, Assoc. française, Xiaccio, 1901,11, p. 735; P&ïlaTy, Instructions, p. 61, 62-63.

2. Atlas archéologique de la Tunisie, f° de Tozegrane, n" 136.

3. On retrouve des débris do murs en pierres sèches sur l'arête du djebel el Kalaa : Atlas de la Tunisie, l. c.

i. M. Pallary en mentionne quehjues-unes de la province d'Oran, dans l'Homme préhistorique. III, 1905, p. 38 et 39, et dans ses Instructions, p. 49. La station de la gare d'Arbal, au Sud-Est d'Oran, paraît aussi appartenir à cette époque : Doumergue, Assoc. française, Nantes, 1898, II, p. 574-5; Bull. d'Oran, 1903, p. 399, et 1910, p. 411. Il en est peut-être de même de plusieurs stations découvertes au cap Djinet, à l'Est d'Alger (Viré, Bec. de Conslnntine, XXXIX, 1903, p. 10- 11 et planches); d'une partie de celles de la région d'Aumale, où, cependant, on n'indique pas de poteries (Debruge, Assoc. française, Paris, 1900, II, p. 739- 760; ibid., Ajaccio, 1901, II, p. 733-740; VHomme préhistorique, III, 1905, p. 270-3); de celle d'Aïn el Bey, au Sud de Constantine, où l'on ne signale pas non plus. ■le poteries (Thomas, Bull, de la Société des sciences physiques d'Alger, XIII, 1877, p. 37-31).

200 LES TExMPS PRIMITIFS.

C'est seulement dans des stations en plein air, et non plus dans des abris ', qu'apparaît une autre industrie néolithique, plus récente : on l'a qualifiée de berbère-. Elle a été rencontrée dans un grand nombre de lieux, depuis l'Océan jusqu'à Gafsa, depuis le littoral des départements d'Oran et d'Alger jusque dans le Sahara français occidental (vallées de l'oued Zousfana, de l'oued Souara, Tidikelt) ^ La décadence de la technique est

1. Pallarv, Instructions, p. 52. — Dans le Sud oranais, près d'Ain ed Douis, on trouve des stations situées en avant de cavités naturelles, que les hommes ont agrandies et qui contiennent une partie du mobilier (haches polies) ; Flamand, dans iAnthropologie, 111, 1892, p. 150-2. Un abri fouillé près de Bougie pourrait bien avoir été habité à l'époque de la civilisation néolithique berbère : Debruge, Rec. de Constantine, XXXVII, 1903, p. 146 et suiv. (« Grand Abri »).

2. Pallary, Instructions, p. 51. C'est M. Pallary qui a nettement reconnu le caractère récent de cette industrie.

3. L'énumération qui suit n'a pas la prétention d'être complète. Larache, sur l'Océan : Pallary, dans VAntliropologie, XVIU, 1907, p. 306-7. Eckmuhl, près d'Oran : Carrière, Bail. d'Oran, 1886, p. 148-9, fig. 7, 9-23. Canastel, près d'Oran : Pallary. Bull, de la Société d'anthropologie de Lyon, XI, 1892, p. 287. Takdempt, à l'Ouest de Dellys (département d'Alger); La Mizrana, à l'Est du même lieu : Lacour et Turcat, Bull, archéologique du Comité, 1900. p. 513-6, pi. XXVII-XXVIII; Viré. Rec.de Constantine, XXXIX, 1905, p. 12 et planches. — Oudjda, LallaMarnia, aux frontières du Maroc et de l'Algérie : Pinchon, dans V Anthropologie, XIX, 1908, p. 432, fig. 12-13; Barbin, Bull. d'Oran, 1910, p. 89-90. Divers lieux de la région de Mascara (Ras el Ma, djebel Ivhallel, Sidi Daho, Palikao, etc.) : Pallary, dans l'Anthropologie, XXII, 1911, p. 563; musée d'Alger. Régions de Saida et de Frenda : musée d'Alger. Région de Ghellala : Joly, Revue africaine, LUI, 1909, p. 12, fig. 23. Ain Sefra, dans le Sud oranais : Lenez, dans l'Homme préhistorique, II, 1904, p. 111, fig. 81-83; Pallary, ibid., p. 159. — Ain el Mouhad, à l'Est de Tébessa : Debruge, Rec. de Constantine, XLIV, 1910, p. 78, pi. I et II; Pallary, dans l'Antliropologie, XXII, p. 503. Nombreuses stations dans les régions de Tamerza, Redeyef, Gafsa : Couillault, dans l'Anthropologie, V, 1894, p. 534 et fig. 3; Pallary, Bull, de la Société archéologique de Sousse, V, 1907, p. 194-5 ;Fleury, ibid., VI, 1908, p. 71-73, flg. 6-9; de .Morgan, Capitan et Boudy, Revue de l'École d'anthropologie, XX, 1910, p. 274, 276, fig. 73 et 74. — Dans le Sahara occidental français, régions de l'oued Zousfana, de l'oued Souara, Tidikelt : Gautier, Sahani algérien, p. 122 et suiv., fig. 38; Barthélémy et Capitan, Revue de l'École d'anthropologie, XII, 1902, p 303 et suiv., fig. 95-97; musée d'Alger. — Çà et là, mais rarement, on recueille des pointes pédonculées du néolithique berbère au milieu de slalions oii l'on trouve une autre industrie (néolithique saharienne), décrite au § V : dans l'extrême Sud Tunisien (de Morgan, etc,, l. c, fig. 95 et 90, à la p. 286), dans les régions d'Ouargla et du grand Erg oriental (Verneau, apud Foureau, Documents scientifiques de la mission Foureau-Lamy , p. 1117; Capitan, Bull, archéologique du Comité, 1909, p. cxxvi; musée d'Alger). — .\ cette industrie berbère appartiennent des objets découverts à Oglat el Hassi, entre Lagliouat et El Goléa, sous une couche de travertin formée par des sources, aujourd'hui disparues (conf. Weisgerber, Revue d'ethnographie, IV-, 1885, p. 421, fig. 164*. C'est bien à tort que Tissol (Géographie de la province d'AJrique, I, p. 389)

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évidente. Les outils, en silex et en quartzite, sont massifs' et taillés hâtivement à grands éclats sur une seule face, au point de ressembler beaucoup à des types moustériens^. Ce sont des lames, des pointes, des grattoirs, des pierres de jet (disques coupants et galets à facettes). Ce sont surtout des pointes à pédoncule, épaisses, irrégulières, dont les plus grosses ont dû être adaptées à des javelots et à des piques, les plus petites à des flèches ^ Les haches polies, souvent de grande taille*, présentent presque toutes la forme en boudin^; elles sont d'ordinaire fabriquées en roche verte. La poterie est plus grossière que celle des grottes. On n'a constaté cette industrie que dans l'Afrique du Nord".

Les gravures rupestres du Sud oranais doivent être de la même époque ; à leur base, se retrouvent fréquemment des cam pements néolithiques berbères''. Elles nous donnent diverses indications sur le costume et l'armement des indigènes. On y voit des gens coiffés, semble-t-il, d'une couronne de plumes ^

considère cette station « comme un des plus anciens monuments de l'industrie humaine qu'on ait retrouvés jusqu'à présent ». Il n'est nullement nécessaire d'admettre que la formation de la couche de travertin ait exigé un temps très long; Rolland déclare qu'elle date de l'époque géologique actuelle : Comptes rendus de VAcadémie des Sciences, XGI, 1880, p. 246.

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