‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 197 sur 468 · L. c, p. 91-92 et lO.ï · texte numérisé non relu

L. c, p. 91-92 et lO.ï

9. L. c, p. 9.3-94 (il s'agit des bœufs à cornes recourbées vers le front : voir plus loin).

10. Un rendement indique quelquefois le garrot, mais ce n'est pas une vérilable hûsse. sauf Deut-èlre sui un bœuf de Tyout et sur un autre de Rou Alom-

les zébus, nombreux dans l'antiquité en Egypte et de nos jours au Soudan, d'où ils ont été importés çà et là dans le Sahara'. La direction et la longueur des cornes sont si variables chez les bœufs qu'on ne saurait en faire des caractères spécifiques. Certaines gravures nous montrent des animaux à cornes recourbées vers le front^. Ailleurs, les cornes, à peu près droites, ou recourbées au sommet (soit en avant, soit en arrière), s'élèvent obliquement eu avant, ou même verticalement; elles sont le plus souvent courtes, ou de longueur moyenne^; parfois, cependant, elles atteignent de grandes dimensions*. Quelques bœufs ont des cornes dressées, entièrement courbes, dont les pointes se dirigent l'une vers l'autre \ H y a aussi des bovidés pourvus de longues cornes courbes et dirigées en avant ^; on peut toutefois se demander si les graveurs n'ont pas voulu

1. Schirraer, le Sahara, p. 128, 191; Chudeau, Sahara soudanais, p. 203; coaf. supra, p. 61. Rien ne prouve cependant que les bœufs des Garamantes, mentionnés par Hérodote (voir note suivante), aient été des zébus. S'ils avaient eu une bosse, l'historien n'aurait sans doute pas dit qu'à l'exception des cornes et de la peau, ils ne différaient en rien des autres bœufs. Les bœufs des gravures rupestres sahariennes, signalées à Telliz Zarhène par Barth (Reisen und Entdeckungen, I, fig. à la p. 214) et dans le Tibesti par Nachtigal (Sahara und Sudan, I, fig. à la p. 307), ne sont pas des zébus.

2. Nombreux à Tyout : conf. Pomel, l. c, pi. XIX. Un à Ksar el Ahmar (Sud •crânais). Peut-être à Ain Memnouna : Gautier, Sahara algérien, flg. 18, n° 5, à la p. 99. — La direction de ces cornes fait penser à la description qu'au v*^ siècle, Hérodote donne des bœufs du pays des Garamantes (IV, 183) : « Ils paissent à reculons, parce qu'ils ont des cornes qui s'inclinent en avant. Voilà pourquoi ils vont à reculons ; s'ils allaient devant eux, leurs cornes s'enfonceraient dans la terre. Au reste, ils ne diffèrent en rien des autres bœufs, sinon par l'épaisseur de leur peau et l'impression qu'elle produit au toucher. » Pomel (l. c, p. 92 et 94) observe qu'on rencontre encore fréquemment, dans la race dite de Guelma, des bœufs dont les cornes sont recourbées en avant, mais non pas au point de les forcer à paître à reculons.

3. Khanguet el Hadjar, près de Guelma. Stations du Sud oranais : Tyout, Ksar el Ahmar, Asla, Kef Mektouba, Guebar Rechim (dessins de M. Flamand). Col de Zenaga : Gautier, L c, flg. 12, n" y, à la p. 90); .\in Memnouna : ibid., fig. 18, n° 6 et probablement n° 2, à la p. 99.

4. Oued Itel : Rec. de Constantine, XXXIII, 1899. pi. à la p. .304; ibid., XX.WIII, 1904, planches à la p. 167 (« pierre n° 3 » et « pierre n° 4 »).

0. Plusieurs à Tyout un à Bou Alem. Col de Zenaga : Gautier, /. c, flg. 13, n° a, à la p. 91 ; peut-être à Hadjra Mektouba : ibid., fig. 19, n° 3, à la p. 100.

6. Khanguet el Hadjar. Oued Itel : Rec. de Constantine, XX.KVIII, pi. à la p. 107 (« pierre n" 1 »). Barrebi, au Sud de Figuig : Gautier, l. c, fig. 15, n° 2, à la p. 9.').

ORIGIiNES DE L ÉLEVAGE ET DE LA CULTURE. 22i

représenter des buffles, non des bœufs, et s'ils n'ont pas donné aux cornes une direction inexacte, afin qu'elles fussent plus distinctes.

Il est à peu près certain que des bœufs domestiques existaient alors en Berbérie*. A Khanguet el Hadjar, dans la région de Guelma, un bœuf, à cornes courtes, est tenu en laisse par un homme '^ Ailleurs, plusieurs bovidés à longues cornes paraissent porter une sorte de bât ou de housse \ A l'oued Itel, au Sud-Ouest de Biskra, des signes ressemblant à des lettres de l'alphabet libyque sont tracés sur le cou et la croupe de l'un d'entre eux* : ce sont peut-être des marques de propriété'.

Ces animaux domestiques étaient-ils issus de bovidés sauvages indigènes*? ou d'individus domestiques importés'? ou de croisements entre des bœufs étrangers et des bœufs indigènes? Il nous est impossible de le dire. A l'exception du Bos opisthonomus de Pomel, nous ne connaissons pas les bœufs

1. Nous savons que des Africains qui vivaient entre l'Egypte et la grande Syrte possédaient des bœufs auxin^etau xii" siècle avant notre ère. Inscription de Ménephtah, à Karnak (bœufs du chef des Lebou) : de Rougé, Rev. archéologique, 180", II, p. 41 ; Chabas, Études sur Vanliquité historique, 2" édit., p. 106. Inscription de Ramsès III, à Medinet Habou (139 taureaux pris aux Mashaouasha) : Chabas, L c, p. 244.

2. De Yigneral, Ruines romaines du cercle de Guelma, pi. IX (et, d'après lui, Pomel, Bœufs-taureaux, pi. XIX, fig. 1) : reproduction assez peu exacte (vidi).

3. Oued Itel : Rec. de Constantine, l. c. Barrebi : Gautier, flg. 15, n"' 2 et 5, à la p. 93. — Dans le Tibesti, Nachtigal {Saltara und Sudan, I, p. 307-8) signale des gravures rupestres représentant des bœufs, qui ont une corde enroulée autour de leurs cornes et dont quelques-uns portent des bâts. Mais il n'est pas certain que ces images soient de la même époque que les gravures préhistoriques de la Bcrbérie.

4. Les signes figurés à la hauteur de la croupe semblent être tracés, non sur la peau, mais sur une housse.

5. Rec. de Constantine, XXXIII, pi. à la p. 304. — A Khanguet el Hadjar, on remarque un signe analogue sur le corps d'un quadrupède qui ni'a paru être un bœuf : Reboud, Ibid., XXII, 1882, p. 63; Bernelle, ibid., XXVII, 1802, p. 57; Gsell, Bull, archéologique du Comité, 1899, p. 440.

6. Selon Pomel, il y aurait eu en Berbérie, dès l'époque quaternaire, une espèce qu'il a appelée Bos curvidens. « Elle paraît, dit-il (/. c, p. 105), avoir de grands rapports d'affinité avec le bœuf ibérique. »

7. C. Keller {Nalurgeschichte der Haustiere, p. 135, 137) croit que la race de Berbérie est originaire d'Asie et qu'elle a passé par l'Kgypte; elle se serait répandue en Europe soit par IWsie Mineure, soit plutôt par le Nord-Ouest de rAfri(jue.

OSELL. — Afrique du Nord. I. 15

sauvages qui vivaient dans le pays à l'époque préhistorique. Nous manquons, d'autre part, de bons documents pour instituer des comparaisons entre les plus anciens bœufs domestiques de l'Afrique du Nord et ceux qui existèrent en Eg^^pte et en Europe depuis des temps très reculés '.

Les bœufs domestiques fournissaient aux indigènes, comme les bœufs sauvages, leur viande^ et leur cuir. De leur vivant, ils pouvaient servir de bêtes de bât et de selle ^ et aussi de bêtes de trait, là oii le chariot et la charrue étaient en usage. La production du lait se développe par la traite régulière, mais ce n'est pas, nous l'avons dit, une des principales qualités des vaches de Berbérie *.

Le Bubalus antiquus, fréquemment représenté sur les gravures rupestres, a-t-il été domestiqué, ou tout au moins dompté? La puissante stature et la vigueur de ce buffle ne justifient peut-être pas une réponse négative % surtout si l'on admet qu'il ait été identique à l'arni, animal domestique en Inde. Nous venons de mentionner des gravures représentant des bovidés qui portent probablement un bât et qui pourraient être des buffles ^

Les ossements de suidés qui se trouvent dans les stations préhistoriques ont appartenu à des sangliers sauvages'. Quant

1. Au qualrièine millénaire, au plus tard, en Egypte; à l'époque néolithique dans l'Europe centrale : Keller, l. c, p. 114, 113.

2. A l'imitation des Egyptiens, les Libyens des pays situés à l'Est de la Tunisie ne mangeaient pas de viande de vache : Hérodote, IV, 186. Nous ignorons si les habitants de la Berbérie s'imposèrent la même abstinence.

3. Conf. plus haut, p. 221 et, pour l'époque historique, p. 61.

4. On sait que certains peuples, en particulier ceux de l'Asie orientale, ont horreur du lait. Il n'en était pas de même des indigènes de l'Afrique septentrionale (voir Homère, Odyssée, IV, 88-89; Hérodote, IV, 172 et 186; Périple de Scylax, 112; Salluste, Jug., LXXXIX, 7; Strabon, XVII, 3, 8 et 13; Mêla, I, 41). Un passage de Synésius {Lettre 148) indique, il est vrai, qu'en pleine époque chrétienne, les habitants de la Cyrénaïque s'abstenaient de traire leurs vaches. Mais rien ne prouve qu'il en ait été de même en Berbérie.

5. Pomel, BubaLas antiquus, p. 91 : « Il n'est pas probable qu'un pareil et si puissant colosse ait pu être domestiqué à aucun degré •

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