‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 246 sur 468 · Bertholon, l. c · texte numérisé non relu

Bertholon, l. c

9. 11 est rare en Khoumirie (Bertholon, Bull, de géographie historique, 1891, p. 440, 455), mais ne manque pas dans le centre de la Tunisie (Bertholon VAntbropologie, VIII, p. 422). — II paraît exister dans le Titteri, à l'intérieur de la province d'.\lger : Joly, Étude sur le Titteri iextrail du Bail, de la Société de géographie d'Alger, 1906), p. 36.

10. Faidherbe, Bull, de l'Acad. d'Hippone, IV, p. 55; Congrès de Bruxelles, p. 413-4. Bertholon, l. c, p. 423.

11. Bull, de la Société algérienne de cliinatolojie, XII, 1876, p. 198.

Cette classification n'est nullement définitive; elle ne doit pas nous faire oublier qu'en dehors des Berbères se rattachant aux types mentionnés, il en est d'autres, sans doute plus nombreux, qui présentent des caractères mixtes : nous dirions hybrides, si nous voulions admettre que ces trois types seuls sont primitifs, et qu'ils ont produit des variétés en se croisante

Dans la masse des indigènes, on rencontre souvent des barbes et des cheveux blonds, roux, châtains; des yeux bleus, gris, verts ; des carnations pâles, qui, sous le soleil, rougissent au lieu de brunir, ou bien se couvrent de taches de rousseur. Ces particularités ne sont pas toujours associées, comme elles le sont d'ordinaire dans le Nord de l'Europe. Les yeux clairs, ou du moins très peu foncés, paraissent être bien plus fréquents que les cheveux et les teints clairs. On s'est le plus souvent contenté de noter la couleur des cheveux, sans indiquer d'autres caractères physiques. Il semble pourtant qu'il y ait beaucoup de gens de haute taille parmi ces blonds-. Leur présence au milieu d'une grande majorité de bruns a frappé plus d'un obser-

1. Ainsi, selon MM. Chantre et Bertholon {Assoc. française, Dijon, p. 128 et 130; Bull, de la Soc. (Tanthr. de Lyon, XXIX, p. 85, type I, 6), le premier et le troisième types, en se croisant, auraient produit un sous-type de haute taille, à tendance brachycéphale. — M. Verneau (dans l'Anthropologie, XXIII, 1012, p. 071-683) reconnaît au Maroc un type où l'on retrouve certains caractères de nos deux premiers : crâne assez allongé, à bosses pariétales très saillantes, front et lace relativement étroits, nez d'ordinaire assez mince, menton saillant. C(! type présente d'autre part un notable prognathisme alvéolaire.

2. Voir, pour les Doukkulas du Maroc, Doutté, Mcrrâkech, p. 240; pour les blonds du voisinage d'Honnin, Yélain, Bull, de la Soc. d'anlhr., 1874, p. 12.j; pour ceux de la Khoumirie, Bertholon, Bull, de géographie historique, 1891, p. 4.55. M. Bertholon classe les Berbères blonds dans le premier des trois types indi(jués plus haut; il croit même que ce type représente une « race » primitivement blonde, qui s'est modifiée par des métissages avec des bruns (Assoc. française, Reims. 1907, II. p. 1040). Selon M. Verneau {Archives des missions, 3° série, XIII, 1887, p. 720 et suiv.), les Guanches, anciens habitants des îles Canaries, étaient, pour une bonne part, des blonds de haute taille, oiïrant le type de Cro-Magnon. — Il est d'ailleurs certain que les blonds sont loin de présenter un type uniforme : cunf. Coilignon, L c, p. 322; Elisseii>(f, analysé par Doniker, Revue d'anthi-o[,olojie. 1880. p. 333 (il signale des sous-hrachycéphales blonds dans l'Aurès): Papillault, Bull, de la Soc. d'anthr., 1897, p. 34.3-4 (il note que, dans l'.Vurès, ce sont les indigènes les plus petits qui paraissent être les moins pigmentés); Viré, ibid., 1893,

valeur au point de faire exagérer leurnombre *. Etaient-ils plus répandus autrefois? Nous ne pouvons pas l'affirmer, car il n'est nullement prouvé, comme on l'a cru ^ que, dans toute population mélangée de blonds et de bruns, la proportion des premiers ait tendance à diminuer.

Des blonds ont été signalés depuis le détroit de Gibraltar jusqu'au delà des Syrtes^ Cependant ils ne sont pas répartis d'une manière uniforme. Au Maroc, ils abondent dans le Rif S mais ailleurs ils sont beaucoup plus rares "\ En Algérie, leur nombre est très élevé dans la grande Kabylie ® et dans le massif

p. 71 (en Kabylie, les blonds ne différeraient guère des bruns pour la taille et pour ia forme du crâne; ils auraient cependant la face plus raccourcie, le nez moins convexe et plus charnu) ; Joly, Étude sur le Titteri, p. 36 (brachycéphales qui tendent vers le type blond). Tout cela est à reprendre.

i. Conf. les réserves de Faidherbe, Bull, de l'Académie d'Hippone, IV, p. 69 : « Sur quatre cents tirailleurs de la garnison de Bône, presque tous Berbères de race, nous n'en avons trouvé que cinq blonds et vingt châtains. » Voir aussi Collignon, Revue d'anthropologie, 1888, p. 2-.3.

2. Perier, Mémoires de la Soc. d'anthropologie, 2' série, I, 1873, p. 42-43. A. de CandoUe, Revue d'anthropologie, 1887, p. 265. Bertholon, Assoc. française, L c, p. 1047.

3. Voir, d'une manière générale, Perier, l. c, p. 36-48; Schirmer, De nomir' populorum qui Berberi dicuntur, p. 59 et suiv. ; Sergi, Africa, p. 284 et suiv. , Bertholon, Assoc. française, Reims, p. 1036-1047. Pour la Tunisie, Collignon, Revue d'anthropologie, 1888, p. 1-8.

4. Tissot, Géographie, I, p. 40.3-4. Quedenfeldt (traduction française), Revue africaine, XLVI, 1902, p. 106. De Segonzac, Voyages au Maroc, p. 47 (à peu près la moitié de la population).

0. Conf. Quedenfeldt, t. c, p. 107 et 110; de Segonzac, L c, p. 209; le même, au Cœur du Maroc, p. 169. Tissot {l. c, p. 403) se trompait fort quand il écrivait : « On reste certainement au-dessous de la vérité en affirmant que le type blond forme le tiers de la population totale du Maroc. » — En dehors du Rif, on a signalé des blonds chez les Béni Mtir, au Sud de Meknès (Weisgerber, les Blancs d'Afrique, p. 172); chez les Doukkalas, au Sud de Mazagan (Doutté, Merràkech, p. 240; ils sont nombreux dans cette tribu); chez les Ait Aïach, sur la haute Moulouia (Segonzac, Voyaçjes, p. 160) ; à Figuig (Quedenfeldt, Rev. africaine, XLVII, 1903, p. 382), et même dans l'extième Sud (voir Schirmer, /. c, p. 60).

6. Shaler et Daumas, cités par Vivien de Saint-Martin, le Nord de l'Afrique dans l'antiquité, p. 36, n. 1. Prévost, Revue archéologique, IV, 1847-8, p. 667. Fournel, Richesse minérale de l'Algérie, II, p. 106. Féraud, Revue africaine, II, 1837-8, p. 460. Duhousset, Mémoires de la Soc. d'ethnographie (article cité), p. 33. Berlillon, Bull, de la Soc. d'anthr., 1882, p. 391-2. Viré, ibid., 1893, p. 70. Etc. —M. Viré évalue les blonds, les roux et les châtains au tiers de la population de la Kabylie, ce qui me paraît exagéré. Parmi les Kabyles étudiés par M. Prengrueber, la proportion des blonds et des châtains réunis est de 13,44 p. 100 : Lissauer, Zeitschrift fiir Ethnologie, XL, p. 318.

de FAurès*; on en retrouve aussi dans d'autres régions : près d'Honaïn (sur la côte oranaise-), autour de Saïda et de Tiaret% de Boghar et de Téniet*, aux environs de Gollo % au Nord de la plaine du Hodna ^ au Sud-Ouest et au Sud-Est de Constantine ^ entre Philippeville et Guelma'*. En Tunisie, l'association du teint, des yeux et des cheveux clairs est exceptionnelle ' : il existe pourtant de véritables blonds, peu nombreux, en Khoumirie'\ dans les montagnes à l'Est de Gafsa", dans l'extrême Sud'^ et çà et là sur la côte orientale '^ A peu près partout, en Algérie '* comme en Tunisie '^ on rencontre

1. Auteurs cités par Vivien de Saint-Martin, l. c, et par Perier, l. c, p. 44, n. I. Masqueray, Revue africaine, XXI, 1877, p. 98, 104, 106, 107: XXII, 1878, p, 142, 278, 280, 459. Randall-Maciver et Wili^in, Libyan notes, p. 98. Bertholon, l. c, p. 1042-3. — Là aussi, le nombre des blonds a été exagéré : conf. Papillault, Bull, de la Soc. d'anthropologie, 1897, p. 540; de Lartigue, Monographie de l'Aurès, p. 387.

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