Gautier, Annales de Géograpitic, XXII, 1913, p
5. On a proposé un classement des dialectes fondé sur la prononciation : dialectes forts, faibles, intermédiaires : Basset, Manuel de langue kabyle, p. 3.
arabes. Ceux qui en font usage se comprennent mal ou ne se comprennent pas d'un groupe à l'autre. Mais l'identité du système grammatical et dune foule de racines ne permet pas de douter que ces dialectes ne se rattachent à une même langue. Celle ci s'est répandue en dehors de la Berbérie, sur le Sahara, de l'oasis de Syouah à l'Océan ^ ; elle a atteint le Sénégal et le Niger.
Quand même nous n'en aurions aucune preuve, nous devrions admettre qu'elle se parlait déjà dans les siècles qui précédèrent et suivirent l'ère chrétienne : nous sommes assez renseignés sur les temps postérieurs pour pouvoir affirmer qu'elle n'est pas d'importation plus récente. Malheureusement, le passé de cette langue berbère, ou, si l'on veut, libyque nous échappe presque entièrement.
On connaît quelques centaines d'inscriptions dites libyques, qui datent du temps des rois numides et surtout de la domination romaine. Elles sont écrites en un alphabet qui présente une étroite ressemblance avec celui des Touaregs; les inscriptions dites libyco-berbères du Sud oranais et du Sahara offrent une écriture intermédiaire^. Les inscriptions libyques ne sont évidemment rédigées ni en punique, ni en latin, car plusieurs sont accompagnées d'une traduction dans l'une de ces deux langues, qui avaient leur alphabet propre. De plus, beaucoup d'entre elles contiennent un terme que l'on a expliqué : c'est le mot ou, qui signifie fils et qui se retrouve dans la langue des Berbères. Il est donc certain qu'une bonne partie de ces textes, sinon tous, sont rédigés dans un idiome apparenté aux dialectes actuels. Mais, à l'exception du mot ou'^ et d'un grand nombre
1. Le guanche des îles Canaries, aujourd'hui disparu, était aussi un dialecte berbère.