Pour la date, voir Critias, p. 108, e
2. Entre autres, par les Africains Tertuliien (Apolog., 40: Ad naticnes, I, 9; De pallio, 2) et Arnobe (I, .5). — Un certain Marcellus, auteur d'un ouvrage historique intitulé Wb.rjT^i/A, que Proclus cite dans son commentaire sur le Timée (édit. Diehl, I, p. 177: conf. Fragm. hist. graec, IV, p. 443), parlait d"îles situées dans l'Océan : trois très grandes, dont l'une, celle de Poséidon, était au milieu des deux autres et avait mille stades de tour, et sept autres, plus petites. Les habitants de l'ile de Poséidon auraient eu des traditions relatives à une ile immense, l'Atlantis, qui, pendant fort longtemps, aurait dominé sur toutes les îles de la mer Atlantique. Mais comment .Marcellus, qui ne nous est pas autrement connu, a-t-il recueilli ces prétendues traditions indigènes? et si ses sept lies sont les Canaries, où sont les trois autres? Il n'y a sans doute dans cette mention de VAtlantis qu'un écho de Platon. — On n'a donné aucune bonne raison pour rapporter à l'Atlantide un récit, d'ailleurs purement légendaire, (jue Silène aurait fait au roi Midas (Élien, Var. hisl., III, 18, citant Théopompe = Fragm. hist. graec, I, p. 289-290) : il y est question d'un continent situé au delà de TOcéan (et non d'une île de l'Océan), d'envahisseurs qui seraient venus de ce continent chez les Hyperboréens fet non en Afrique) et n'y seraient d'ailleurs pas restés. Un passage d'Ammien Marcellin (XV, 9, 4), que l'on a aussi allégué, ne se rapporte pas davantage à l'Atlantide.
3. Il y a dans Platon des contradictions qui mettent en défiance. Dans le Timée, Critias dit que cette histoire avait été racontée devant lui, alors qu'il était enfant, par sou aïeul qui la tenait de Solon, et qu'il a dû réfléchir la nuit pour rassembler de lointains souvenirs. Dans le Critias, il affirme qu'il a en sa possession des notes de Solon sur ce sujet et qu'il les a beaucoup étudiées dans son enfance. Solon, de retour dans sa patrie, n'aurait eu aucun motif de se taire suf les exploits attribués aux ancêtres des .athéniens, surtout s'il y croyait au point de vouloir les célébrer lui-même, comme le dit Platon (et aussi Plularque,
de tenir le moindre compte des assertions de Platon et il nous paraît superflu de signaler les nombreuses hypothèses et discussions auxquelles elles ont donné lieu'. Des géologues et des zoologistes- peuvent démontrer que, dans un passé très lointain, l'Amérique et le Nord-Ouest de l'Afrique furent reliés par un continent; que diis cataclysmes successifs morcelèrent ce pont gigantesque, puis; le firent disparaître, sauf quelques débris. Madère, Açores, Canaries, archipel du cap Vert. Ils peuvent soutenir que les derniers effondrements eurent lieu dans des temps assez récents pour que des hommes en aient été témoins; que le chenal séparant les Canaries de l'Afrique est postérieur à l'époque quaternaire. Mais, puisqu'ils se réclament de Platon, il leur reste à nous convaincre que des contemporains de la civilisation paléolithique, ou même de la civilisation néolithique, ont été réunis en un très grand État, ont formé d'immenses armées, construit d'innombrables vaisseaux, conduit leurs flottes à travers l'Océan jusque dans la Méditerranée; que, dans le même temps, les ancêtres des Athéniens ont constitué un Etat assez puissant pour repousser cette formidable invasion.
Nous trouvons dans la Guerre de Jagurtha ^ le résumé d'un
Solon, XXXI, 7, mais certainement d'après Platon). Il est vraiment bien étonnant que Platon ait eu à les révéler à ses conciloyens, deux siècles plus tard : on voit en effet, par les termes mômes dont il se sert, que les interlocuteurs de Critias les ignoraient. — Si Ton veut absolument que Platon n'ait pas inventé ce récit, on peut supposer que c'est lui, et non Solon, qui l'a entendu en Egypte.
1. Voir l'exposé très détaillé fait en 1841 par Henri Martin, Études sur le Timée de Platon, I, p. 257-333. La réfutation de Martin n'a pas empêché l'éclosion de nouvelles dissertations sur l'Atlantide : par exemple, GalTarel, dans la Revue de géographie, 1880, I, p. 241-259, -331-345, 421-430, et II, p. 21-29; Lagneau, Revue d'anthropologie, 1880, p. 460-8; nouvelle réfutation par Ploix, ibid., 1887, p. 291- 312. Il faut naturellement écarter, avant toutes les autres, les hypotlièses quifaussent la donnée du problème (une lie immense en avant du détroit de Gibraltar) : par exemple celle de Berlioux {les Atlantes, Paris, 1882), qui place l'Atlantide dans le Maroc occidental, au pied de l'Atlas.
2. Voir Gentil, le Maroc physique, p. 103-124; Termier, dans Revue scientifique, n° du 11 janvier 1913; Germain, dans Annales de Géographie, XXII, 1913, p. 209-22t).
3. Ghap. xviii. — Allusions à la légende rapportée par Salluste dans Pomponius Mêla, III, 103, et dans Pline, 'V , 46 : conf. plus loin. p. 334. Je serais peu
long récit qu'on avait traduit à Saliuste d'après des livres puniques, qui régis Hiempsalis dicehanlur (nous reviendrons sur ce membre de phrase) : l'auteur latin ajoute que cet exposé, contraire à la tradition la plus répandue, est cependant confgrme à l'opinion des gens du pays; d'ailleurs, il ne veut pas en prendre la responsabilité '.
« L'Afrique fut d'abord habitée parles Gétules et les Libyens, gens rudes et sauvages, qui se nourrissaient de la chair des bêtes fauves et aussi, comme le bétail, de l'herbe des champs. Sans mœurs, sans lois, sans maîtres, ils erraient au hasard, s'arrêtant dans les lieux oîi la nuit les surprenait.
« Lorsque Hercule, selon l'opinion des Africains, mourut en Espagne, son armée, composée de différents peuples, ayant perdu un chef dont beaucoup se disputaient la succession, ne tarda pas à se disperser. Les Mèdes, les Perses et les Arméniens qui en faisaient partie passèrent en Afrique sur des vaisseaux et occupèrent les pays voisins de notre mer. Les Perses s'établirent plus loin que les autres, du côté de l'Océan, et se servirent en guise d'habitations des coques de leurs navires, qu'ils retournèrent, car ils ne trouvaient point de matériaux convenables sur place et ils ne pouvaient pas en tirer d'Espagne par achat ou par échange : l'étendue de la mer et l'ignorance de la langue empêchaient tout commerce. Peu à peu, ils se fondirent par des mariages avec les Gétules. Comme ils s'étaient souvent déplacés pour éprouver la valeur du pays, ils s'appelèrent eux-mêmes Nomades^. Aujourd'hui encore, les demeures des paysans numides, les mapalia, ainsi qu'ils les nomment, ressemblent à une carène de navire par leur forme oblongue et leur toiture cintrée.
disposé à trouver un écho de cette légende (voir Pichon, les Sources de Lucam, p. 35, n. 8) dans ces vers de Lucain (IV, 680-1) :
aequaturusque sagittas Medorum, tremulum cum torsit missile, Mazax.