Plus probablement à un ouvrage eu plusieurs livres
4. Pline, XVllL 22 : « senatus noster... Cartliagine capta... cum regulis Africae bibliolliecas don.ret.... »
•"). il ne s'agit pas d'un autre Ilienipsal (fils de Micipsa), (jui fut assassiné dès le début de son règne.
contemporains de la destruction de Garthage. Le génitif employé par Salluste {ex libris punicis qui régis Hiempsalis dicebantur) marquerait la possession', et il faudrait en conclure que l'auteur était un Carthaginois. Cependant on ne voit guère pourquoi Salluste aurait nommé ici Hiempsal, qui n'aurait été, parmi les souverains numides, ni le premier, ni sans doute, le dernier détenteur de ces livres : ils durent passer à son fils Juba I", roi du pays avant la constitution de la province romaine dont Salluste fut le premier gouverneur. Les termes dont l'historien se sert indiquent plutôt que l'auteur était Hiempsal'. Certains princes numides ne dédaignaient pas la littérature : le grand-père d'Hiempsal, Mastanabal, était, nous dit-on, instruit dans les lettres grecques^; son petit-fils, Juba II, fut un écrivain grec célèbre. 11 n'y aurait pas lieu de s'étonner qu'Hiempsal se fût servi de la langue punique. Ces rois étaient tout imbus de civilisation carthaginoise ; plusieurs d'entre eux portaient des noms puniques (Mastanabal, Adherbal); leur langue officielle était le punique, comme le prouvent leurs monnaies; enfin nous venons de voir qu'ils recueillirent les débris des bibliothèques de Carthage. Ajoutons que cette seconde hypothèse paraît mieux justifier la vogue dont le récit traduit par Salluste jouissait parmi les habitants du pays.
Quoi qu'il en soit, nous y reconnaissons un élément proprement phénicien. Cet Hercule, mort en Espagne, était sans doute le dieu qui avait près de Gadès, colonie tyrienne, un sanctuaire fameux où l'on montrait son tombeau '* : c'était Melqart, le « maître de la ville » (de Tyr), dont le culte se répandit à tra-
1. Conf. Qaatremère, Journal des Savants, 1838, p. 301. Voir aussi Meltzer, Getchichte der Karthager, I, p. 435.
2. Opinion de Movers, die Phonizier, II, 2, p. 111, et de beaucoup d'autres.