Conf. Meltzer, I, p. 1G
6. Pausanias (X, 18, 7) nous apprend que les Marseillais offrirent à Delphes une statue d'Apollon, sur le butin enlevé aux Carthaginois dans une bataille navale. II est passible qu'il s'agisse d'une de ces victoires dont parle Justin, mais un ne saurait l'aflirmer, car il y eut probablement plus d'une guerre entre Marseille et Carthage. Ailleurs encore (X, 8, 6), Pausanias fait allusion à une victoire navale remportée par les Marseillais sur les Carthaginois; il dit qu'elle eut lieu lors de la fondation de la colonie, événement qu'il. place au temps de la fuite des Phocéens, assiégés par les Perses (voir plus haut, p. 423). Peut-être a-t-il commis des confusions. Des trophées, qui existaient encore à Marseille au I" siècle avant J.-G. (Strabon, IV, 1,3), rappelaient des victoires navales remporiées par les Marseillais « sur ceux qui leur avaient disputé la mer ».
souvenir? Fut-ce peu après la fondation de Marseille, au temps où les Phocéens entretenaient des relations amicales avec les Tartessiens et allaient trafiquer chez eux, où ils s'établissaient sur le littoral de l'Est de l'Espagne'? Ou faut-il reporter cette guerre à une date plus récente, au v^ siècle^? Il est impossible de le dire. Mais quelles qu'aient été les vicissitudes de la rivalité de Marseille et de Carthage en Espagne, on doit admettre qu'au milieu du iv^ siècle, Carthage était maîtresse de la côte jusqu'à Mastia, limite imposée par elle aux Romains, et sans doute aussi aux Grecs. Plus au Sud, les Phocéens avaient fondé Meenacé ^ Elle fut détruite S on ne sait quand ^ probablement par les Carthaginois.
Entre le détroit de Gibraltar et Mastia, ceux-ci s'établirent en divers lieux, soit qu'ils aient occupé de vieilles cités phéniciennes, soit qu'ils aient fondé des colonies nouvelles, soit qu'ils aient créé des comptoirs dans des villes indigènes.
Nous avons dit'' que le vieux Périple grec, source d'Aviénus,
1. Dans cette hypothèse, le texte de Thucydide cité p. 424 pourrait se rapporter aux mêmes événements : conf. Meltzer, II, p. .^02 (voir aussi le même, I, p. 165, 168, 481).
2. MûUenhoff, I, p. 180. Sonny, De Massiliensium rébus qiiaestiones (Saint-Pétersbourg, 1887), p. 6, 14, 71-72. Atenstàdt, l. c, p. 57. Juliian, Histoire, I, p. 391, 394-5 (peu avant la prise de Rome par les Gaulois).