‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 403 sur 468 · III · texte numérisé non relu

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452 COLONISATION PHENICIENNE, EMPIHE DE CAHTHAGE.

ques ou tronconiques '. Pline indique qu'ils étaient en sable ^; il est plus probable que c'étaient des amas de pierres ^ Il y en avait évidemment deux : autrement la légende dont nous allons parler ne se comprendrait pas. L'un pouvait s'élever en territoire carthaginois, l'autre en territoire grec. Le Périple de Scylax les appelle Oùaivou ^copioî, le premier mot étant au génitif singulier; cette forme, qui devait être la seule correcte, se retrouve dans Polybe'^. Il s'agit sans doute d'un nom de lieu^ D'autres textes emploient le pluriel, <I>!.Àa'lvcL>v, Philaenorum ^ qui s'explique par une légende rapportée par Salluste \

Les Carthaginois, dit-il, et les Cyrénéens, las de se faire la guerre, convinrent qu'à un jour fixé, des gens jiartiraient en même temps de chacune des deux villes, et que l'endroit où ils se rencontreraient serait regardé comme la limite commune des deux peuples. Deux frères, appelés Philènes % sortirent donc de Carthage et s'avancèrent avec une grande vitesse. Les Cyrénéens allèrent plus lentement, soit par paresse, soit par suite de quelque accident ^ Voyant qu'ils ont été

1. Le mot |3w[j.Ô!; peut signifier tertre, tumulus, aussi bien qu'autel (Meltzer, I, p. 188).

2. V, 28 : « ... ad Philaenorum aras. Ex harena sunt hae. » On concédera sans peine que le sable est une matière peu propre à constituer un monument durable.

3. Peut-être étaient-ils analogues aux kerkoûr, si fréquents dans r.\frique du Nord, qui sont formés et accrus par des pierres que les voyageurs déposent. Beaucoup de ces monuments rudimentaires sont élevés dans des lieux de passage, où s'achèvent des étapes importantes : voir Doutté, Magie et religion dans VAfrique du Nord, p. 421 et suiv. On édifie aussi des kerkoùr aux endroits où des hommes ont péri de mort violente : Meltzer, I, p. 188; conf. Doutté, p. 424-7. Une confusion de ces deux idées aurait-elle contribué à la formation de la légende que raconte Salluste?

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