Fischer, p
2. Il est impossible de dire où se trouvait le littoral habité par des nains, peut-être des Négriîles, et bordé de montagnes que Sataspès atteignit avant de revenir en arrière. S'il avait doublé les caps de Bonne-Espérance et des Aiguilles, au Sud de l'Afrique, et constaté la direction prise par la côte au delà de ces caps, il ne se serait sans doute pas découragé. Les montagnes font penser à celles des régions de Gonakry et de Sierra-Leone, en deçà et au delà desquelles le littoral est bas pendant des milliers de kilomètres (sauf aux deux ■• Mamelles » du cap Vert). Actuellement, il n'y a pas de Négriîles de ce côté; mais cela n'est pas une objection bien forte-
Hérodote n'a certainement point connu la relation d'Hannon; il ne nomme même pas ce personnage. Mais des savants pensent qu'il a recueilli de vagues échos de l'expédition carthaginoise \ Cette opinion est difficile à admettre.
Il ne faut pas alléguer la mention qu'il fait du cap Soloeis ; avant Hannon, des Phéniciens, peut-être des Grecs ^, avaient pu atteindre et dépasser ce promontoire. Parce qu'Hérodote, décrivant, d'après des Carthaginois, l'île de Cyraunis, aujourd'hui Kerkenna, sur la côte orientale de la Tunisie, a dit à tort qu'on y recueillait des paillettes d'or^ cela ne prouve point qu'il ait confondu Cyraunis avec Cerné*, où l'on n'en recueillait sans doute pas davantage.
M. Fischer^ a vu une allusion à la navigation d'Hannon dans un passage*' où, après avoir parlé du voyage accompli par des Phéniciens sous le règne de Néchao, l'historien ajoute : « Ainsi l'on connut pour la première fois que la Libye est entourée par la mer. Depuis, ce sont les Carthaginois qui le disent, puisque Sataspès n'a pas fait le tour de la Libye,... mais est revenu en arrière. » Les Carthaginois, dit M. Fischer, ont pu croire qu'Hannon était parvenu par l'Ouest jusqu'à un point que d'autres avaient atteint par l'Est et qu'il avait ainsi démontré la possibilité de faire le tour de l'Afrique,
Il est vrai que Pline, copiant quelque autre auteur, a écrit qu'Hannon s'avança jusqu'à l'extrémité de l'Arabie''. Cette
1. Millier, Geogr., p. xxiii. Meltzer, p. 231-5. Contra : Illing, p. 3-8.
2. Au temps où ils francliissaient librement le détroit et frcuiucnlaient Tartessos. D'ailleurs nous venons de voir qu'Hérodote entendit parler du Soloeis à oropos de la navigation du Perse Sataspès.