‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 49 sur 468 · IV · texte numérisé non relu

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d'oliviers, de vastes champs d'orge, d'innombrables troupeaux de moutons' ». Ce n'est plus cependant le paradis décrit par Hérodote. Peut-être l'informateur de celui-ci a-t-il exagéré -.

Quoiqu'elle reçoive aussi un peu de pluie, la région du Djebel est moins favorisée. Il serait sans doute impossible à des éléphants d'y vivre.

L'examen des textes et des documents archéologiques dont nous disposons peut donc autoriser quelques hésitations. Pourtant il paraît certain que, dans le demi-millénaire qui précéda l'ère chrétienne et dans celui qui la suivit, la lisière septentrionale du Sahara était déjà une zone sèche. Mais il est permis de croire que les montagnes qui la bordent recevaient un peu plus de pluie. Elles accaparaient l'eau du ciel; plus boisées peut-être qu'aujourd'hui ^ mieux garnies de terre végétale, elles emmagasinaient mieux cette eau, qui ressortait ensuite par des oueds, ou formait des nappes souterraines, qu'on atteignait par des puits.

Il nous reste à étudier le climat de la Berbérie proprement dite. On produit quelques arguments pour soutenir qu'il était plus humide dans Tantiquité que de nos jours.

C'est d'abord le dessèchement ou l'abaissement d'un certain nombre de sources et de puits \ Plusieurs causes peuvent être

1. -Méhier de Mathuisieulx, dans Publications de l'Association historique de l'Afrique du Nord, V, 1906, p. 67.

2. S'il pleuvait dans celte région, les pluies n'y étaient pas très abondantes, du moins sous la domination romaine. On y a aménagé les eaux avec le plus grand soin. M. de Mathuisieulx (l, c.) parle de barrages colossaux, de vastes citernes, de puits profonds.

3. Les bois épais de la colline des Grâces ont disparu, de même que ceux qui ' sont indiqués par Strabon (XVII, 3, 18) au cap Céphales, aujourd'hui cap Misrata, à l'Est de l'embouchure du Cinyps : conf. Tissot, I, p. 21.>6.

4. Carton, dans Annales de la Société géologique du Nord, XXIV, 1896, p. 32. La Blanchère, dans Archives des missions, troisième série, X, 1883, p. 63.

invoquées pour expliquer ces faits : 1° la diminution des pluies; 2° l'aggravation du ruissellement, conséquence du déboisement, de la destruction des terrasses construites en étages sur les pentes, de la diminution des étendues ameublies par les labours; 3° les mouvements du sol, qui ont pu modifier ou obstruer les issues des sources et bouleverser les nappes souterraines : on sait que les tremblements de terre sont fréquents dans l'Afrique du Nord, Dans les deux dernières hypothèses, il s'agirait de phénomènes locaux, qui n'intéresseraient pas le climat. Ajoutons que l'assèchement de certains puits, la disparition de certaines sources ne sont sans doute qu'apparents. Sources et puits sont simplement obstrués, par la faute des indigènes, qui négligent de les curer*. Bien différente était la conduite des anciens, qui recherchaient les sources avec beaucoup de soin; il y avait, dans l'Afrique romaine et même vandale, des ingénieurs spéciaux [aquilegi) dont c'était le métier ^ D'autres fois, le point d'émergence de la source s'est seulement déplacé'. Ailleurs, on constate qu'une source cesse de couler pendant quelque temps, puis reparaît*, qu'une autre, importante à l'époque romaine, mais aujourd'hui misérable, coulait assez abondamment il y a peu d'années^ : ces caprices doivent être attribués soit à des mouvements de terrain, soit

1. Voir, par exemple, Poulie, dans Recueil de Constanline, XVIII, 187G-7, p. 568- 570; Mougel, dans Bull, de l'Académie d'Hippone, XX, 1885, p. l6Q-~ ; Notice sur V hydraulique agricole en Algéri" (Alger, 1900), p. 62-63; Bourde, Rapport sur les cultures fruitières dans le centre de la Tunisie (édit. de 1899), p. 6; Payen, Rec. de Constanline, VllI, 1864, p. 3.

2. Cassiodore, Var. epist., III, 53 : « Comperimus aquilogum Romam venisse de partibus Africanis, ubi ars ipsa pro locorum siccilate magno studio semper cxcolitur, qui aridis locis aquas dare possit imaliles, ut bénéficie suc habitari faciat loca nimia sterilitate siccata. » — Une inscription du troisième siècle (C. /. L., YIII, 8809) mentionne dans la Medjana, au Sud-Ouest de Sétif, une source qui, depuis longtemps, avait disparu, « aqua fontis quae multo tempore depericrat ». Des travaux y remédièrent : « innovato opère aquae ductus abundans m fonte est perducta ».

3. Enquête sur les installations hydrauliques romaines en Tunisie, I, p. 00 et 70; II, p. 149, 150. Carton, dans Bull, archéologique du Comité, 1008, p. 428.

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