‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 3)Chapitre 113 sur 553 · Soliu, XXVI, 1 : source inconnue · texte numérisé non relu

Soliu, XXVI, 1 : source inconnue

cfttte renommée remontait-elle à l'époque punique. Nous avons dit ' que de.s pêcheries de pourpre, signalées sous l'Empire romain le long des côtes africaines, avaient été probablement exploitées plus tôt. Carthage eut une industrie textile prospère, dont il ne nous reste malheureusement rien-. Hermippe, poète athénien du v* siècle, célébrait ses tapis et ses coussins brodés*. Vers le début du second siècle, un érudit grec, Polémon, écrivit un ouvrage sur les voiles qui s'y trouvaient*. Il est vrai que ces pièces fameuses n'étaient jtas toutes de fabrication carthaginoise. Nous savons que Denys l'Ancien vendi à la Uépublique, pour le prix énorme de 120 talents'^, une étoffe*, mesurant 15 coudées de longueur, qu'il avait prise dans le temple d'Héra Lacinienne, près de Crotone; faite pour un Sybaritain, elle était ornée de broderies, représentant des divinités et d'autres hgures'. Preuve que les Carthaginois, malgré leur habileté en cette matière, n'en reconnaissaient pas moins la supériorité de certaines œuvres grecques.

Les llomains appréciaient le cuir punique, qui était teint en rouge", comme aujourd'hui le maruqum'\ Des corbeilles, lins ouvrages de vannerie, ont laissé leur empreinte dans quelques sépultures '".

2. Un t-x-voto mentionne peut-être un tisserand : C. /. S., I, 344.

3. Apud Athénée, I, 49 (p. 28, a) : ôaTtiÔa; xai Ttoiy.î).a Trpoay.Ecpà/.a-.a.

4. Athénée, Xli, 58 (p. 541, 6) ■.■m pi twv bi Kap/r|&6v. TÀT.)M•^.

5. :il20 kilogrammes d'argent, s'il s'agit de talents eubuiques.

0. Le texte grec emploie le mot i|jLâT;ov. Peut-être était-ce une tenture.

7. Pseudo-Aristote, Ue mirab. auscullationibus, 96 (d'après Timé(!?). Conf. Athénée, XU, 58 (p. 541, a-b).

8. Plante, Pseudolus, 22H : . poenicio corio •; Rudens, 998 et 1000 : « puniceo corio •, • puiMceum corium ». Le contexte prouve qu'il s'agit d'un cuir riiup'. Mais il semble bien que l'épithéte désigne l'origine autant que la couleur du cuir. Plus tard, Oribase (édit. Bussemaker et Daremberg, II. p. 174) indique (jue le cuir de Carthagc était d'une grande douceur.

9. Au temps d'Hérodote (IV. 189), les indigènes teignaient aussi en rouge les peaux de chèvre dont ils faisaient des vêtements.

10. Elles étaient sans doute remplies de fruits, dont les éléments acides ont entamé le marbre de» couvercles de sarcophages sur lesquels ou les avait ponces : Delattre. C. r. Aaid. Iitscr., 19((2, p. 21)4-5; le même, Bull. arcUéol. du CoiniU\ 1905. p. 420; MonuinenU Piol, XI 1, p. 88, flg. 3. Voir aussi Uelatlre, C. r. Acad. liiscr ,

A Carthage, on aimait à se parfumer; les femmes, peut-être aussi des hommes, se fardaient. Il y avait là de quoi alimenter une petite industrie, dans laquelle les Phéniciens étaient experts' et dont les produits se vendaient au loin^. Un ex-voto paraît mentionner un fabricant de pommade ^ Les vases destinés à contenir des parfums abondent dans les tombes récentes* : on peut se demander, cependant, s'ils ne restaient pas souvent vides. J'ai indiqué des boîtes à fard en plomb ^; au même usage servaient des coquilles ^ dont les deux valves étaient reliées par une charnière métallique \ Les brûle-parfums sont assez fréquents ^ D'ailleurs, les laboratoires locaux ne suffisaient pas à tous les besoins : des produits fins, huiles, pommades, poudres, devaient être enfermés dans une bonne partie de ces jolis flacons en terre cuite, décorés de peintures, de ces fioles en albâtre et en verre qui venaient de la Grèce et de l'Orient ^

Cette enquête sur les industries puniques a été, il faut l'avouer, monotone et peu attachante. Partout nous avons fait

1903, p. 30 : empreinte d'une corbeille cylindrique dans la terre qui remplissait un caveau. Vestiges d'une corbeille, qui était décorée de pastilles en ivoire et doublée en cuir : Delattre, Tombeaux puniques de Carthage, p. 7.1-70. — Nattes en jonc, mentionnées par Magon : Pline, XXI, 112; conf. supra, p. 30, u. 8.

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