‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 3)Chapitre 139 sur 553 · CS£LL, IV · texte numérisé non relu

CS£LL, IV

dans les collines qui barraient l'isthme de Carthage ' ; un pont sur la Medjerda, à peu de distance de la mer-; une digue qui, à travers des lagunes, portait la route du littoral, près de Leptis\ On s'étonne qu'un Etat où le commerce tenait une telle place ait tant tardé à battre monnaie. Ce n'était pas, il est vrai, un besoin pour les Carthaginois dans leurs relations avec les barbares: ceux-ci préféraient le vieux procédé du troc^. Sur des côtes lointaines, l'impossibilité de se comprendre et une défiance réciproque avaient fait adopter des modes d'échange particuliers, dont Hérodote", dans un passage déjà cité*, nous donne un curieux exemple. Quand les marchands puniques avaient affaire à des gens civilisés, ils devaient se servir soit de lingots, en barres que l'on pesait, soit de monnaies étrangères Ce fut seulement, eemble-t-il, au iv" siècle que des monnaies furent émises à Carthage même; dans la Sicile occidentale, la frappe commença un peu plus tôt^ Nous avons dit qu'aux iif et if siècles, les pièces sont souvent de mauvais aloi** : ce qui causait évidemment des difficultés dans les transactions. On constate aussi que les poids manquent de précision et qu'ils ont été établis d'après divers systèmes : le classement en est fort incertain '. Il faut donc convenir que, si l'Etat punique protégea le commerce, il négligea de lui assurer des garanties qui nous paraissent indispensables.

1. Polybe, I, 75, 4. Conf. t. II, p. 4; t. III, p. 111, n. 2.

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