‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 3)Chapitre 490 sur 553 · Gauckler, Nécrop., p · texte numérisé non relu

Gauckler, Nécrop., p

LES PltATlQUES FUNERAIRES. 44",

de la chambre. On enveloppait probablement chaque cadavre dans un linceul, cjui n'a pas laissé de traces, mais qu'a pu attacher une longue épingle de bronze, trouvée souvent près du cou ou des épaules'. Beaucoup de morts n'étaient sans doute pas mieux protégés. Beaucoup d"autr(!s étaient mis dans des cercueils en bois, dont les débris ont çà et là résisté au temps-. C'était tantôt une caisse close de tous les côtés ^, munie de quatre poignées en bronze*, quelquefois montée sur pieds^; tantôt une boite sans fond^ dont on recouvrait le corps, déposé dans une fosse, ou sur le sol d'un caveau, sur une banquette, à l'intérieur d'une auge. On peignait d'ordinaire ces cercueils en rouget L'un d'eux, enfermé dans un sarcophage en marbre, était rehaussé de diverses couleurs et de dorures*. Un autre avait laissé son empreinte sur le sable qui remplissait l'auge où on l'avait placé : ce qui a permis de constater qu'il ollrait l'image, sculptée et peinte, delà morte^

1. Comme le suppose Cauckler. p. 405-6. Voir aussi, pour ces opinplos, Di'laltre, Tombeaux pan., p. bO; Taramelli, Mon. dei Lincei, XXI, p. 142.

2. Pour la technique de ces cercueils, voir p. 56, n. 10; p. TiT, n. 2.

3. A Saiule-.Moniriiie, ou a pu reconuallre que, dans certaines chambres, des cercueils en bois étaient posés les uns sur les autres : ils étaient donc pourvus d'un fond.

4. Voir, par exemple, Delattre, C. r. Acad. Inscr., 1006, p. 13. Pour ces poif^uées de cercueils, conf. M. Lavig., 1, p. 216, pi. XXXI, fl^. W.

5. Cercueil retrouvé en bon étal à Ksour es Saf, près de Mahdia ; Merlin, Monuments Piot, XVII, 1910, p. 128-130 et ligures. Pied d'un cercueil, à Thap^us : Anziani. Mél. de l'École de Home, XXXII, p. 293.

6. .V Carlhaf^e : Delattre, La nécropole punique de Doùïmès {(Josmos, 1897), p. 1 1 ; Mém. des Antiquaires, LVl, p. 315, 374; Gauckler, p. 452. En Sardaig;ne : F. Klena, Scavi nclla necropoH occidentale di Cagliari (Cagliari, 1868), p. 18-19; von Uuhn, dans Strena Helhitjiann, p. 68.

7. .\ Cartilage : Delattre, C. r. Acad. Inscr., 1903, p. 12 et 25; Sainte-Monique, 2" trimestre, p. 3. A Ksour es Saf ; .Merlin, /. c, p. 129. A El Alia : voir infra, p. 453. En Sardaigne : von Duhn, l. c, p. 68. A (iadès, dans un cimetière phénicien, on avait peint en rouge des dalles agencées de manière à constituer des tombes : Bull, des Antiquaires de France, 1893, p. 214; Rev. arcliéol., 1S98, 11, p. 335. O n'était pas seulement chez les Phéniciens que le rouge était une couleur funéraire. Pour les indigènes de l'Afrique du .Nord, voir t. 1, p. 272-3, et ici, infra, p. 4.")3, 454, 456. Chez les Grimes, on se servait de draps rouges pour ensevelir les morls. Etc.

8. Cimetière de Sainte-Monique : Delattre, C. r. Acad. Inscr., 1906, p. 13.

9. .Même cimetière : Delattre. Un cercueil de bois à couvercle anthropoïde [conf. supra, p. 78, u. 3J; C. r. Acad. Inscr., 1905, p. 328-9.

Nous ne reviendrons pas sur les sarcophages en pierre et en marbre recueillis à Carthage : nous avons montré' que ceux qui offrent un intérêt artistique sont des œuvres grecques. Les cercueils de plomb, fréquents en Phénicie, surtout à Sidon, où ils sont de basse époque*, manquent à Carthage; on en a extrait un d'un tombeau de Philippeville, qui date peut-être seulement du i"* siècle avant notre ère\ Des cercueils en terre cuite ne se sont rencontrés qu'à Malte*.

Sur la pente Sud-Ouest de la colline de Saint-Louis, des fosses, creusées en pleine terre, contiennent des corps d'adultes que l'on avait presque enveloppés dans des débris de jarres ^ D'autres sépultures, plus nombreuses, établies au même lieu, soit dans le sol, soit dans de vieux caveaux remployés, consistent.en des jarres, qu'on avait coupées vers le milieu, pour y introduire un cadavre d'enfant, et dont on avait ensuite rajusté les deux moitiés. Ces dépôts datent de la fin de Carthage ^ Quoique l'incinération fût alors un rite assez répandu, elle n'était pas en usage pour les très jeunes enfants ^ : comme les Grecs, les Romains et d'autres encore, les Carthaginois devaient penser que ces petits êtres étaient destinés à une renaissance, si la terre recevait leur corps intact *. Des cadavres d'enfants furent aussi insérés dans des jarres à Nora et à Cagliari, vers la même époque qu'en Afrique ^ On peut être

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