Golumelle, I
AfiRlCULTlIHE. 47
n'atteste que rertains districts aient constitué de vastes domaines privés, des seigneuries, comme ce fut le cas sous l'Empire romain.
Sur les terres de l'aristocratie, s'élevaient de belles villas, installées avec un véritable luxe'. Les maîtres y résidaient donc, du moins pendant une partie de l'année, en été et en automne. Magon se montrait à cet égard fort exigeant. « Celui qui a acquis une terre, écrivait-il au début de son ouvrage, doit vendre sa maison, de peur qu'il n'aime mieux vivre à la ville qu'à la campagne. Si quelqu'un préfère habiter la ville, il n'a pas besoin d'un bien rural". » Mais le conseil était difficile à suivre pour des hommes qui avaient à s'occuper des affaires de l'Etat, dont ils accaparaient les magistratures et les frmctions; qui avaient sans doute aussi d'importantes entreprises commerciales à surveiller. Pour conserver et accroître leur fortune par les seules ressources de l'agriculture, il leur eût fallu disposer de très grands domaines.
Magon et Amilcar indiquaient avec minutie comment une exploitation devait être administrée'. Les esclaves ruraux étaient fort nombreux*. Leur entretien coûtait peu et ils échappaient à l'obligation du service militaire. Mais il était nécessaire qu'ils fussent surveillés de très près", car la manière dont la noblesse faisait valoir ses terres réclamait des soins que le travail servile ne donne pas volontiers. Peut-être employait-on. moyennant salaire, des ouvriers de condition libre, surtout pour quelques grosses besognes, qui devaient être accomplies dans un temps limité, fenaison, moisson, ven-