‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 3)Chapitre 7 sur 553 · L. c, 111, 1, p. 404; III, 3, p. 105-6; IV, 1, p · texte numérisé non relu

L. c, 111, 1, p. 404; III, 3, p. 105-6; IV, 1, p

AGniCULTUHE. 7

d'autres encore'. Outre ces citations, il v a vraisemblahl. ment dans les livres anciens d'agronomie parvenus jusqu'à nous, et surtout dans les Géoponiques, beaucoup de choses qui remontent à Magon. Mais on ne peut indiquer ces emprunts avec certilude. même quand Cassius et Diophane sont expressément nommés, puisque Cassius, dont Diophane dépendait, ne fut pas un simple traducteur du Carthaginois. Si l'on avait le texte de Magon, l'on constaterait .sans doute aussi que ses enseignements s'étaient transmis aux Arabes, par l'intermédiaire des Géoponiques -, peut-être aussi par d'autres traités grecs, traduits en syriaque, en persan et en arabe \ .Magon fut véritablement un classique, malgré les réserves fort justes de Columelle* : « L'agriculteur ne devra pas ignorer les préceptes donnés en abondance par les auteurs puniques d'Afrique % bien que les gens de nos campagnes contestent l'exactitude de beaucoup de ces indications. Trémellius® est de leur avis, mais il explique ces erreurs apparentes par la diversité du sol et du climat de l'Italie et de l'Afrique, qui ne peuvent donner les mêmes produits. »

1. Palladius, III, 10, 3, et VI, 7 (d'après Columollo, V, .5, 4 et VI, 26). Hipfùatriques : voir injra, p. :{9, n. 2 et .3.

2. Soit dans l'édition de Cassianus Bassus, soit dans celle du x' siècle.

3. Dans un ouvragi* qu'Ibn al Awarn de Séville écri^vit en arabe au xii' siècle (Le livre de l'agriculture, traduit de l'arabe par Glérneut-Mullet, Paris, 1804-7, 3 vol. in-S"), on trouve des citations de Kasinous, Kasious, Qosllious ou Qaslhous; cilalions qui concordent très souvent avec des passaj^es des Géoponi(iues. Des érudits modernes ont voulu identifier soit Kasious. soit Qosthous avec Cassius Dionysius, le traducteur prec de .Maran (voir E. Meyer, Geschichle der Bolanik, III, p. 1.58-'J, 252, 2.j3). .Mais il est probable que Kasinous et Kasious sont un seul et même pcrsonnajre : il s'agirait de Cassianus Hassus, le compilateur des Géoponiques. Quant à (Justhous ou Qastbous, qui est cité dans d'autres ouvrajres arabes (avec des variantes dans la forme du nom), nous ne savons, jusqu'à présent, rien de certain sur lui. On s'est demandé s'il ne conviendrait pas de lidenlider, lui aussi, avec Cassianus : voir Oder, fiheinisches Muséum. XLVIII, 1S!(3, p. 40. La publication par M. V. Serres d'un manuscrit arabe de Tunis, (lui contient, dit-on, le traité de cet agronome, jettera sans doute un jour nouveau sur la question.

.'i. Il s'agit évidemment de .Magon, peut-être aussi d'Amilcar et d'autres, qui pouvaient d'ailleurs être cites par .Magon. 0. Cn. Tremellius Scrofa : conf. supra, p. 0, n. 3.

Nous avoPxS une quarantaine de citations de Magon. Elles se rapportent aux céréales, à la vigne, à l'olivier, à d'autres arbres fruitiers, à des légumes, à l'élevage (chevaux, mulets, bœufs), à la basse-cour, à l'apiculture, à des plantes non cultivées, mais utiles, à la conduite intérieure de la ferme. Les 28 livres devaient comprendre toutes les branches de l'exploitation du sol et de l'économie rurale ^ Deux passages attestent que Magon n'ignorait pas le grec ^ langue dont la connaissance était répandue à Carthage\ Il est probable que, pour rédiger son traité, il ne se contenta pas de son expérience personnelle, qu'il utilisa certains ouvrages grecs*. Mais, par les critiques que des Latins lui adressaient, on voit que ses préceptes s'appliquaient surtout à l'Afrique : ce qui était bien naturel. Cependant il ne passait pas sous silence des cultures étrangères à son pays natal ^.

L'agronomie fut donc à Carthage une véritable science, qui eut dans l'aristocratie des maîtres très instruits et des adeptes zélés. Les nobles prenaient à la gestion de leurs domaines une part beaucoup plus active que les grands propriétaires romains des provinces africaines aux siècles suivants.

1. On peut même inférer d'un passage de Varron (I, 2, 13) que cerlains agronomes reprochaient à Magon d'avoir donné à son sujet une extension exagérée : « Video enim [dit Scrofa], qui de agri cultura scripserunt et poenice et graece et latine, latius vagatos quam oportuerit ».

2. Pline, XXI, Hl : « (Mago) oiston adicit [correction proposée par 0. Weise, dans Jahrbiïcher fur classitsche Philologie, GXXIII, 1881, p. 512] a Graecis vocari quam inter ulvas sagittam appellamus ». GolumoUe, VI, 20, 2 : « (Mago praecipit) apprehendere testium nervos, quos Graeci xpEfj.affT"r|pa;... appellant ».

Page 1