Diodore, XX
54 HISTOIUE MILITAIRE DE CAUÏIIAOE.
furent pas pris s'enfuirent auprès d'Arcliagathos, campé à 500 stades de là^ Nous ignorons où Ilannon remporta cette victoire.
Ilimilcon alla occuper une ville-, d'où il surveilla la marche d'Eumachos. Celui-ci revenait vers la côte, embarrassé par tout le butin qu'il avait recueilli. Quand il arriva à proxi- . mité des Carthaginois, il s'apprêta à leur livrer bataille. Ilimilcon laissa dans la ville la moitié de ses soldats, leur prescrivant d'en sortir lorsqu'ils le verraient se replier, et d'attaquer ceux qui le poursuivraient. Lui-même prit l'autre moitié et engagea le combat. Mais, bientôt, il s'enfuit avec les siens. Les gens d'Eumachos, cessant de garder leurs rangs, coururent après lui. Tout à coup, les troupes qui étaient restées dans la ville se présentèrent en bon ordre. Ce fut alors une panique chez les Grecs, auxquels Himilcon coupa la retraite vers leur camp. Ils gagnèrent une hauteur voisine, dépourvue d'eau. Cernés, accablés de traits, torturés par la soif, ils périrent presque tous. Sur 8 000 hommes d'infanterie, trente seulement purent s'échapper, et, sur 800 cavaliers, quarante^
A la nouvelle de ce désastre, Archagathos retourna à Tunis, où il réunit ce qui subsistait de son armée. Il envoya en Sicile des messagers pour prévenir son père et lui demander une aide aussi prompte que possible. D'autres malheurs s'abattirent sur les Grecs. La plupart de leurs alliés se détachèrent d'eux. Les ennemis se rapprochèrent et menacèrent leur camp. Ilimilcon* occupait les défilés et interceptait les communications avec l'intérieur de la Libye ; il n'était qu'à 100 stades de distance. Un autre général, Adherbal, campait à 40 stades de Tunis.