Diodore, XX, 5, 1. Justin, XXH, a
Syracuse*. Ils s'avancèrent à sa rencontre, pour l'empêcher d'entrer, laissant ainsi libre la sortie du port. Les galèresd'Ai^atliocle la franchirent à toute vitesse et gagnèrent le large. Les Carthaginois étaient déjà près du convoi. Persuadés que lesvaisseaux syracusains venaient le secourir, ils se rangèrent en ordre de combat. Cependant Agathocle continuait droit sa course et il avait beaucoup d'avance quand les autres comprirent leur erreur et commencèrent à le poursuivre : ce dont. le convoi profita pour pénétrer dans le port. La chasse fut ardente, mais les Grecs ne furent pas rejoints avant la tombée de la nuit et ils se dérobèrent dans l'obscurité ^
Le lendemain, il y eut une éclipse totale du soleiP, dont la date a été fixée par les astronomes : le 15 août 310 \ Ce phénomène parut un présage de malheur aux compagnons d'Agathocle, déjà fort inquiets ^ On était dans une saison oii la Méditerranée est généralement calme. La traversée n'en dura pas moins six jours et six nuits "^ : peut-être les pilotes se détournèrent-ils de la route la plus directe, pour échapper à la pour* suite; peut-être s'égarèrent-ils.
A l'aurore du septième jour, les Grecs virent, à peu de distance, les galères ennemies \ qui les avaient retrouvés et qui venaient sur eux. Ils commencèrent aussi à distinguer les côtes d'Afrique. Le tyran ne se souciait pas de risquer sa fortune dans une bataille navale; il se dirigea le plus vite qu'il put vers la terre. Mais les Carthaginois avaient des rameurs plus exercés.
1. On peut, si l'on veut, supposer que cette diversion fut imaginée par Agathocle. Diodore ne le dit pas.