‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 274 sur 407 · Tite-Live, XLllI, :j · texte numérisé non relu

Tite-Live, XLllI, :j

La vérité, c'est que, pendant une cinquantaine d'années, les rapports des deux Républiques furent corrects. A cette époque, le gouvernement romain n'était point partisan d'une politique de conquêtes et d'annexions : il le prouva après les victoires remportées sur Philippe, Antioclius et Persée. Il ne voulait ni créer l'administration, ni entretenir les armées nécessaires à de nouvelles provinces. Il trouvait plus commode de laisser subsister des Etats qui, sous le nom d'alliés, devenaient ses clients, ses vassaux dociles. Telle était Carthage. Désireux qu'elle ne se relevât pas de sa chute, il ne semblait pas souhaiter qu'elle disparût. Il lui imposait ses volontés, mais il respectait les formes diplomatiques. En 188, deux jeunes gens se permirent de malmener des députés carthaginois qui se trouvaient à Rome; le préteur urbain ordonna qu'ils fussent envoyés en Afrique, où l'on statuerait sur leur sort : du reste, ceux qu'ils avaient olTensés renoncèrent généreusement à la satisfaction qui leur était offerte ^

Les échanges d'ambassadeurs paraissent avoir été assez fréquents et avoir contribué à nouer des relations entre les personnages les plus importants des deux Etats ^ Le commerce créait d'autres liens. Des Italiens venaient ou résidaient à Carthage ^ Les Romains avaient souvent l'occasion de coudoyer dans leurs rues et d'entendre des Carthaginois : Hannon, le marchand africain, vêtu d'une longue tunique et exhalant une forte odeur d'ail, que Plante mettait en scène dans son Poenulus'', auquel il faisait même débiter quelques

1. Tite-Live, XXXVIII, 42, 7, et, d'après lui, Valère-Maxime, VI, 6, 3 (il dit par erreur que ce fait se passa en 187). Dion Cassius, fragm. G3, édit. Melber.

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