Diodore, XX
38 HISTUIUE MlLlTAIlll!: DK CAUTHAGE.
l'été, Amilcar s'approcha de cette ville avec une grande armée. Surpris au cours d'une marche nocturne, il tomba aux mains des lirecs et il fut mis à mort. On envoya sa tête à Agathocle% qui monta à cheval, s'avança jusqu'à portée de voix du camp punique et, exhibant ce trophée, révéla aux ennemis le sort de leur c( roi » -. Vivement aflligés, ils se prosternèrent, selon la coutume des barbares^. Mais Carthage, malgré tous ses malheurs, ne se montra pas disposée à traiter. Elle avait, comme on vient de le voir, des troupes en dehors de ses murs^ tout près de celles du tyran*, dont la situation paraît avoir été précaire ^ Soit qu'il ne voulût pas s'aliéner les Africains en les pillant, soit qu'il n'osât pas quitter son camp, de peur de l'exposer à une nouvelle attaque^ il était à court d'argent et ne payait point ses soldats. Ceux-ci ne cachaient pas leur mécontentement; la discipline se relâchait; certains chefs s'étaient rendus coupables d'actes qui leur faisaient craindre une punition. Un incident de médiocre importance déchaîna la révolte. Dans un festin, un officier, Lyciscos, pris de vin, insulta Agathocle, qui, ayant intérêt à le ménager à cause de ses talents militaires, tourna la chose en plaisanterie. Archagathos, moins patient que son père, s'emporta contre l'insolent. Le repas terminé, comme les convives retournaient vers leurs tentes, Lyciscos injuria le jeune homme et lui reprocha d'être l'amant
1. Diodore, XX, 30, 3. Sans djule à so:i camp de Tunis. Agathocle élaiî alors dans le voisinage d'un camp carthaginois, comme à l'époque oii éclata la révolte de ses troupes, qui eut lieu près de cette ville.