Voir t. II, p
6. Lors de la prise de Bizerte, Agalhocle possédait probablement des vaisseaux de guerre, puisqu'il livra un combat naval sous les murs de cette ville. Quelque temps auparavant, il avait pu réunir assez de navires de charge pour y embarquer les non-combattants de l'armée d'Ophelas.
7. Voir t. II, p. 147 et 141. Meltzer (/. c.) fuit remarquer que la position d'Aspis, sur la côte orientale de la péninsule, la préservait, dans une certaine mesure, des attaques auxquelles aurait été exposé un port situé sur la côte occidentale en face de Carliiage.
EXPÉDITIOx^ D'AGATHOCLE. 49
Les victoires remportées par Agathocle n'avaient pas eu en Sicile la répercussion qu'il prévoyait. Les Grecs ne s'étaient point unis pour chasser l'ennemi séculaire. Les bannis de Syracuse tenaient toujours la campagne, avec une assez forte armée. Les Agrigentins s'efforçaient de prendre l'hégémonie, et leurs premiers succès leur donnaient bon espoir d'y réussir. Si les Carthaginois, abandonnés de leurs alliés après le désastre d'Amilcar, avaient été chassés d'un certain nombre de villes où ils avaient mis des garnisons \ ils restaient en possession de leur province; leur flotte n'avait même pas cessé de bloquer Syracuse -.
Agathocle, jugeant qu'il n'avait rien à craindre en Libve, résolut de retourner dans l'île, où sa venue pourrait modifier heureusement les choses. Il fit construire des navires de transport, ainsi que des vaisseaux de guerre à cinquante rames, et s'embarqua avec 2 000 hommes, laissant le commandement de l'armée à Archagathos \
Celui-ci chargea un de ses lieutenants, Eumachos, de conduire une partie des troupes dans le haut pays. L'expédition fut heureuse. Eumachos prit d'abord Tocai, ville « d'une belle grandeur » *, et obtint l'alliance de nombreux ?sumides qui vivaient dans le voisinage. Il s'empara ensuite de la ville ap[)elée Phelliné et força à l'obéissance les habitants d'un pays limitroplie, les Asphodélodes, qui, par la couleur de
t. Diodorc, XX, 31, 5; :V2, 2.
2. Diodorp, XX. 32, 3-5; Gl, 5. Justin (XXII, 8, 2) dit même qu'après la mort d'Amilcar, les Carthaginois envoyèrent une nouvelle armée assièi::er Syracuse. Mais on voit par Diodore (XX, 50, 2) qu'entre 300 et 307, celte ville n'était pas !)lo<juée du cùté de la terre.
3. Diodore, XX, 55, 5. Voir aussi Justin, XXII, 8, 1. ■i. Diodore, XX, 57, 4 : Tcôxa;, 7iô>,tv eyfxeyéer,.
GSELL, III. 4
leur peau, rappelaient les Ethiopiens. Il prit encore une troisième ville, très grande, Meschela, fondée, disait-on, par des Grecs à leur retour de Troie *; puis une autre, Acra lïippou, homonyme de celle qu'AgathocIe avait conquise; enfin Acris, cité indépendante, dont il réduisit la population en esclavage ^ Il revint vers Archagathos avec un abondant butin ^
Qu'était cette ville d'une belle grandeur, située dans la haute Libye, que Diodore appelle Ttoxa»,? L'hypothèse la plus vraisemblable est celle qui l'identifie avec Thugga ^ (Dougga, près de Téboursouk), vieille cité indigène dans la région montagneuse de la Tunisie centrale. D'autres lieux, mentionnés par des documents de l'époque romaine, portèrent le même nom : Tucca Terebinthina, entre Maktar et Thala ^ ; Tucca, à l'embouchure de l'Amsaga (Oued el Kébir, au Nord-Ouest de Constantine), et une autre Tucca, située non loin de Milève (Mila) ^ Mais il ne peut être question de ces deux dernières, beaucoup trop éloignées de Tunis. D'autre part, on n'a aucune raison de préférer Tucca Terebinthina, petite cité obscure, à Thugga \ ville importante au milieu de second siècle avant J.-C. et probablement plus tôt encore ^ Phelliné, la ville des chênes-lièges, devait se trouver dans le Nord de la Tunisie ''. Les Asphodélodes, qui ressemblaient aux Ethiopiens, ont pu