Tunisie (Paris, 1897), p
2. Suri le Maroc, où la malaria parai!, être très rare : Fischer, Uittelmeer-
BUder, II. p. 301.
3. IV, IS7; cpnf. 11. 77. Les Maures, dit Élien (Nat, nnim.. \IV . 5) -"iil beaux et grands.
« Race d'hommes au corps sain, agile, résistant à la fatigue; la plupart succombent à la vieillesse, saut' ceux qui périssent par le fer ou par les bêtes, car il est rare que la maladie les emporte1. » — « Les Numides, écrit Appien^, sont les plus robustes des Libyens et, parmi ces hommes qui vivent longtemps, ceux dont la vie est la plus longue. La cause en est peutêtre que l'hiver est peu rigoureux chez eux et que l'été n'y est pas d'une chaleur torride, comme chez les Ethiopiens et les Indiens. » Masinissa, qui mourut nonagénaire, qui eut, dit-on, un fils à quatre-vingt-six ans et montait encore à cheval deux ans avant sa mort, fut, pour les Grecs et les Romains, le plus bel exemple de cette vigueur et de cette endurance physiques3. A l'époque de la domination romaine, les inscriptions latines qui mentionnent des centenaires sont fort nombreuses4.
Certaines régions sont cependant fiévreuses, surtout qurlques plaines basses, voisines du littoral; elles devaient l'être plus encore dans l'antiquité, du moins dans les parties qui n'étaient pas drainées par des canaux artificiels, car le travail des fleuves, comblant peu à peu les marécages par des apports d'alluvions. (Hait moins avancé qu'aujourd'hui. Nous avons dit5 que la Mitidja était alors à peu près inhabitable; là même où la terre ferme avait pris la place du marais, la malaria s'opposait à des établissements humains. Il en était sans doute de même de la plaine de la Macta et d'une partie de celles qui
l. Jug., XVII, •'> : ■ Genus 1 linum salubri corpore, velox, patiens laborum;
plerosque seneetus dissolvit, nisi qui ferro aul bestiis interierc; nain morbus haud saepe quemquam superat. »
■1. I.ib.. 71.
3. Polybe, XXXVI, 16 (édition Bûltner-Wobst). \ppien, Lib., 71. Cicéron, De seneclute, X, 34. Valère-Maxime, IX. 13, ext., I.
4. Conf., entre autres, Masqueray, dans Bull, de correspondance africaine, I, iss2-:i, p. 108; Poulie, dans Bec. de Constantine, XXII, 1882, \>. 291-6; ibid., XXXI, 1897, p. 344-8. Je citerai en particulier cette inscription de Sétif (G. /. /.., VIII, Î0387) . ■ Pescennia Saturnina vix(it) an(nis) CXXV; se valente récit. -
s'étendent en arrière de Bùne. L'air île la ville d'IIippone était assez malsain, du moins en été'. A l'intérieur, il y avait aussi des régions insalubres. Une inscription d'Auzia (Aumale) est l'épitaphe d'une femme, qui vécut quarante ans sans avoir souffert des fièvres, sine febribus2 : c'était, dans cette ville romaine une exception digne d'être signalée". Observons aussi que les nombreux travaux hydrauliques établis par les anciens ont pu çà et là contribuer à la diffusion du paludisme. Au Sud de la Berbérie, les oasis, où les eaux d'irrigation s'écoulent mal, où souvent les rideaux de palmiers empêchent le vent de circuler, sont malsaines pour les blancs; les nègres et les métis en supportent mieux le climat4.
Des pestes, dont on n'indique pas en général le caractère exact, sont mentionnées à plusieurs reprises, soit à l'époque carthaginoise5, soit à l'époque romaine''. L'une d'elles, qui éclata à la lin du ve siècle avant J.-C, parait avoir été propagée par des troupes qui l'avaient contractée en Sicile7. LJne autre, qui fit beaucoup de victimes à Cartilage au milieu du m" siècle de notre ère. vint d'Ethiopie et se répandit dans tout le bassin de la Méditerranée8. Celle qui sévit sous la domination byzan-
1. Saint Augustin, Lettres, CXXVI, i : « aeris morbidi ». Augustin y mourut des (lèvres, à la fin du mois d'août 430 : Possidius, Vie de saint Augustin, 29. Conf. Gsell, Atlas archéologique de l'Algérie, f* 9, h 59 (p. •"'. col. 1).