‹ Histoire ancienne de l'Afrique du nord (volume 5)Chapitre 2 sur 404 · hjiv.ir.it el Maghrib · texte numérisé non relu

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2. 11 n'a pas ete écril d'ouvrage général sur la géographie do l'Afrique du Nord depuis Elisée Reclus [Nouvelle Géoijraphic universelle, lome XI, 1886). — Pour le Maroc, voir surtout Schnell, L'Atlas marocain, traduction Bernard (1898); Th. Fi m- lier. Mitlelmeer-Bilder, i. p, 358 et suiv.; !.. Gentil, le Maroc physique (1912); \. Mernaiil. le Maroc (1912), p. 11-34. - Pour l'Algérie, Bernard el Ficheur, Los

Rég - naturelles do l'Algérie, dans les Annales de Géographie, M. 1902, |>. 221-

2iii, 339-365, Hii-137. — Pour la Tunisie, Pervinquière, La Tunisie centrale, dans les Annales de Géographie, IX, 1900, p. 434-455; le même, Étude géologique de la Tunisie centrale (1903); le même, Le Sud tunisien, dan,- la Revue <le Géographie, III. 1909, p. 395-470; Pli. Thomas, Essai d'une description géologique de la Tunisie, Première partie, Vperçu sur la géographie physique (1907). Pour la Tripolitaine, Méhier de Mathuisieulx, dans 1rs Nouvelles Archives '1rs missions, XII. 1904, p. 18-59, h dans les Publications de l'Association historique de l'Afrique du Vord, \ 1906, i'. 47-81.

cours inférieur, a marqué pendant des siècles une limite entre des royaumes indigènes, puis des provinces romaines.

Au Sud, une longue dépression ', orientée de l'Est à l'Ouest, établit une communication facile entre l'Algérie et la côte de l'Atlantique. En suivant un affluent de gauche de la Moulouia, on arrive par Taza à un affluent de droite de l'oued Sebou, fleuve qui se jette dans l'Océan. Ce fut probablement par cette voie naturelle que passa la frontière militaire des Romains dans la Maurétanie Tingitane.

Le reste du .Maroc a pour épine dorsale le Haut-Atlas. Cette chaîne commence au-dessus de l'Océan, au cap Ghir, et, se dirigeant du Sud-Ouest au Nord-Est, forme une énorme muraille compacte, dont les sommets atteignent 4 500 mètres et <>ù les cols sont élevés et difficiles. Ce n'est qu'au Sud de la haute vallée de la Moulouia qu'elle s'abaisse et se morcelle, ouvrant des passages qui permettent d'atteindre sans peine les oasis sahariennes de l'oued Ziz et de l'oued Cuir.

Sur une grande partie de son parcours, le Haut-Atlas est flanqué, au Nord-Est, par les plissements parallèles du Moyen- Atlas, au Sud-Ouest, par la chaîne de l' Anti-Atlas, rattachée au Haut-Atlas par l'énorme volcan éteinl du Siroua.

Au Nord et au Nord-Ouest du Haut et du .Moyen-Atlas. s'étend, a partir du littoral, une région d'architecture tabulaire. que l'on a proposé d'appeler soit le plateau . subatlantique, soit la meseia marocaine (parce qu'elle offre la même structure que la meseta ibérique, plateau central espagnol). Une longue falaise la divise en deux terrasses superposées, la première d'une altitude moyenne de 150 mètres, la seconde de 500 mètres, coupées par les lits profonds de quelques rivières qui se dirigent vers l'Océan, en s'écartant comme les branches d'un éventail. Étroites au Sud-Ouest, ces terrasses s'élargissent ensuite ;

|. ijni lui un détroil à l'6p ique miocène, comme l'.i montré M. Gentil.

elles disparaissent au Nord pour faire place à la plaine d'alluvions de l'oued Sebou, entourée d'un pays de collines et de mamelons.

Le long des côtes et sur une profondeur moyenne de 70 kilomètres, cette région est en général suffisamment arrosée par des pluies qu'amènent les vents d'Ouest. Il y a là d'excellentes terres, surtout les sols noirs auxquels on a donné le nom indigène de tirs et dont l'origine est encore très discutée. Cette partie du Maroc, dépourvue d'arbres, est, sur de vastes espaces, très propice à la culture des céréales; elle offre aussi de riches pâturages au gros bétail, chevaux et bœufs. Mais les sources y sont très rares et l'on doit s'y procurer l'eau potable en creusant des puits profonds, ou en établissant des réservoirs.

En arrière, s'allonge une zone de steppes, dont la stérilité a pour cause la rareté des pluies, bien plus que la nature du sol. L'irrigation y est difficile à cause de la hauteur des berges des fleuves. On y élève des troupeaux qui. pendant l'été, doivent transhumer.

Enfin, a une altitude moyenne de 600 mètres, au pied même des montagnes, qui attirent les pluies et dont les neiges gardent des réserves d'eau jusque vers la fin du printemps. île nombreuses sources peuvent servir à des irrigations et faire prospérer de magnifiques vergers. Des ceintures de jardins entourent les villes et les villages qui ont pris naissance dans cette région élevée, au climat tempéré el salubre.

Le liant et le Moyen-Atlas forment des écrans qui arrêtent les nuages chargés d'humidité. Au delà de ces montagnes, la vie n'csl possible que le long des rivières i|ni en sortent el dont l'eau sert à arroser des cultures.

Du côté de l'Atlantique, entre le Haut-Atlas et l'Anti-Atlas, l'oued Sous parcourt, sur environ 2011 kilomètres, une plaine étroite, très encaissée. G'esl un désert en dehors de la bande

de jardins qui accompagne la rivière, entièrement utilisée pour les irrigations.

L'oued Ziz, l'oued Guir et d'autres cours d'eau qui les rejoignent naissent sur le versant méridional du massif atlantique et vont alimenter, en plein Sahara, des chapelets d'oasis, dont les plus belles sont celles du Tafilelt. Plus h L'Ouest, l'oued Draa, d'abord à peu près parallèle à ces rivières, tourne ensuite brusquement vers le couchant et son sillon se prolonge jusqu'à l'Océan, à travers le désert. Des oasis bordent les rivières qui le forment et celles qui, sortant de l'Anti-Atlas, cherchent à le rejoindre. Au delà même du coude qu'il décrit, l'o.ued Draa garde quelque humidité souterraine, et de maigres cultures'sont possibles dans son large lit.

L'Algérie comprend dans toute sa longueur une zone centrale de grandes plaines, situées à une altitude élevée, et, au Midi et au .Nord, deux zones fort accidentées. Au Sud, c'est la série de montagnes, orientées du Sud-Ouest au Nord-Est, qui constituent l'Atlas saharien. Au Nord, s'étend, sur une largeur moyenne de cent kilomètres, le Tell, dont le nom se rattache à un mot arabe signifiant colline, plutôt qu'au mot latin letlus, terre cultivable.

Le Tell est hérissé de chaînes confuses de diliérents âges, dirigées le plus souvent du Sud-Ouest au Nord-Est dans là partie occidentale de cette contrée, de l'Ouest à l'Est dans la partie orientale, jusque vers Jiùne, où une séparation assez nette est marquée par la plaine basse de la Seybouse. Il est fort difficile de débrouiller le chaos des montagnes du Tell'.

1. « Le Tell n'a pas d'unité orogénique. C'esl un habil d'Arlequin » : Gautier, Annales de Géographie, XX, 1911, p. 366.

MM. Bernard et Ficheur l'ont tenté dans un mémoire1 que nous avons beaucoup mis à contribution pour tracer cette rapide esquisse de L'Algérie.

Le littoral est bordé par les débris, épars çà et là, d'un massif ancien, fait de gneiss et de schistes, contre lequel s'est dressée au Sud une chaîne calcaire. Le massif, qui couvrait une partie de l'espace occupé aujourd'hui par la Méditerranée, a été presque entièrement englouti. Le golfe de Bougie est une fosse creusée par cet effondrement, qui eut lieu à l'époque pliocène et fut accompagné de phénomènes volcaniques sur les bords de la fracture'2.

Kntre les restes de ce massif, dans le voisinage immédiat de la nier, s'insèrent quelques plaines basses, très étendues, mais dont les anciens n'ont pas pu tirer grand parti. Celle qui s'allonge au Sud-Ouest et au Sud d'Oran, et qu'encombre une cuvette sans écoulement, est rendue stérile par la salure des tcries; ce sel. arraché à des gisements situés sur le rebord de la plaine, est charrié par les eaux et vient s'amasser dans le lac. Plus à l'Est, ileux rivières importantes, le Sig et l'Habra, se réunissent et forment, dans la plaine de la Macta, des marécages que les alluvions comblent peu à peu. Dans l'antiquité, le sol humide devait être presque partout impropre à la culture. On ne trouve guère de ruines que sur la lisière méridionale de ces deux plaines, le long d'une voie qui paraîl avoir marqué, pendant plus d'un siècle et demi, la frontière militaire de l'Empire romain. En arrière d'Alger, la Mitîdja, que la colonisation française a rendue si prospère, fut jadis un golfe, puis un lac, qu'un bourrelet de collines séparait de la mer et que les apports des rivières qui viennent du Sml ont lentement comblé : l'écoulement des eaux y est encore imparfait. Le centre de la plaine

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