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Cette classification n'est nullement définitive; elle ne doit pas nous faire oublier qu'en dehors des Merbères se rattachant aux types mentionnés, il en est d'autres, sans doute plus nombreux, qui présentent des caractères mixtes : nous dirions hybrides, si nous voulions admettre que ces trois types seuls sont primitifs, et qu'ils ont produit des variétés en se croisant1.
Dans la masse des indigènes, on rencontre souvent des barbes et des cheveux blonds, roux, châtains; des yeux bleus, gris, verts; des carnations pâles, qui, sous le soleil, rougissent au lieu de brunir, ou bien se couvrent de taches de rousseur. Ces particularités ne sont pas toujours associées, comme elles ie sont d'ordinaire dans le Nord de l'Europe. Les yeux clairs, ou du moins très peu foncés, paraissent être bien plus fréquents que les cheveux et les teints clairs. On s'est le plus souvent contenté de noter la couleur des cheveux, sans indiquer d'autres caractères physiques. Il semble pourtant qu'il y ait beaucoup de gens de haute taille parmi ces blonds-. Leur présence au milieu d'une grande majorité de bruns a frappé plus d'un obser-
1. Ainsi, selon MM. Chantre ri Bertholon (Assoc. française, Dijon, p. I2S el 130;
Bull, de la Soc. d'anthr. de Lyon, XXIX. p. 85, type I. M. le pre r el le troisième
types, en se croisant, auraient produit un sous-type de haute taille, à tendance brachycéphale. — M. Verneau (dans l'Anthropologie, XXIII, 1912, p. 671-683) reconnatl au Maroc un type ou l'on retrouve certains caractères de nos deux premiers : crâne assez allongé, à bosses pariétales très saillantes, Iront el face rela- Livement étroits, ui'z d'ordinaire assez mince, menton saillant. Ce type présente d'autre part un notable prognathisme alvéolaire.
2. Voir, pour les Doukkalas du Marne. Doutté, Merrdkech, p. 240; pour les l>l I-
du voisinage d'Honaïn, Vélain, Bull, de la Nue d'anthr., 1874, p. 125; pour ceux de la Khoumirie, Bertholon, Bull, de géographie historique, 1891, p. 455. il. Bertholon classe les Berbères blonds dans le premier des trois types indiqués plus haut; il croit même que ce type représente une » race ■ primitivement blonde, qui s'esl modifiée par des métissages avec des bruns Assoc. française, Reims, 1907, II. p, 1040). Selon il. Verneau (Archives des missions, 3' série, XIII, 1887, |>. 720 el
suiv.), les Guanches, anciens habitants des lies Canaries, étaient, i r une
bonne part, des blonds de haute tailjc, offranl le type de Cro-Magnon. — Il est d'ailleurs certain que les blonds sonl loin de présenter un type uniforme : conf. Collignon, /. c, \>. 322; Elisseïeff, analysé par Deniker, Revue d'anthropologie,
1886, p. 353 (il signale des sous-brachycéphales bl Is dans l'A s); Papillault,
Bull, de la Soc. d'anthr., 1897, p. 543-4 (il note que, dan- l'Aurès, ce sont les indigène les plus petits qui paraissent être les moins pigmentés); \ iré, ibid., 1893,
vateur au point de faire exagérer leur nombre '. Etaient-ils plus répandus autrefois? Nous ne pouvons pu-. l'affirmer, car il n'est nullement prouvé, comme on l'a cru -. que, dans toulo population mélangée do blonds et de bruns, la proportion des premiers ait tendance à diminuer.
Des blonds ont été signalés depuis le détroit de Gibraltar jusqu'au delà des Syrtes3. Cependant ils ne sont pas répartis d'une manière uniforme. Au Maroc, ils abondent dans le Rif*, mais ailleurs ils sont beaucoup plus rares5. En Algérie, leur nombre est très élevé dans la grande Ivabylie' et dans le massif
p. 71 h -H Kabylie, les blonds ne différeraient guère des bruns pour la taille el pour lu l'orme du crâne; ils auraient cependant la lace plus raccourcie, le nez moins convexe et plus charnu); Joly. Étude sur le Tilteri, p. M'< (brachycéphales qui tendent vers le type blond . Tout cela esl à reprendre.
1. Conf. 1rs réserves de Faidherbe, Hull. <ie l'Académie d'Hippone, IV. p. 68 : ■• Sur quatre cents tirailleurs de la garnison de Bùne, presque tous Berbères de race, nous n'en avons trouvé que cinq blonds et vingt châtains. » Voii Collignon, Revue d'anthropologie, 1888, p. 2-3.
2. Perier, Mémoires de la Soc d'anthropologie, 2 série, I. IS73, p. -ili-l-l. \. de' Candolle, Revue d'anthropologie, lss7. p. 265. Bertholon, Assoc. fran Le., p, 1047.
:'.. Voir, d'une manière générale, Perier, l. c., p. 36-48; Schir r, De n
irum qui Herbert dicuntur, p. .'i'.i et suiv.; Sergi, ifrica, p. 284 et hii\.: Bertholon, Assoc. française, Reims, p. 1036-1047. Pour la Tunisie, Collignon, Revue d'à tthropologie, 1888, p. 1-8.
4. Tissot, Géographie, I. p. 103-4. Quedenfeldt (traduction française), Revue africaine, XLVI, I'.iiil'. p. 106. De Segonzac, Voyages au Maroc, p. 17 (à peu près la moitié de la population I.
.'i. Conf. Quedenfeldt, '■ c, p. 107 el 110; de Segonzac, /. <\. |>. 209; le même, wi Cœur du Maroc, p. 109. Tissot il. c., p. 403) se trompai! forl quand il écrivait :
.. im reste certainement au-dessous de la vérité en affirmant que le type M I
forme le tiers de la population totale du Maroc. ■ — En dehors du Kit. on a signalé des blonds chez les Béni Mtir, au Sud de Meknès (Weisgerber, les Blancs d'Afrique, p. 172); ches les Doukkalas, au Sud de Mazagan (Doutlé, Merrâkech, p. 240; ils sont nombreux dans cette tribu): chez les Ait Aïach, sur la haute Mouiouia (Segonzac, Voyages, p. 166); à Figuig (Quedenfeldt, fteu. africaine, XI. VII. 1903, p. 382), el mente dans l'extième Sud (voir Schirmer. I. c, p. I
c. Shaler el Daumas, cités pur Vivien de Saint Martin, I Vord de l'Afrique dans l'antiquité, p. 56, n. I . Prévost, ReoHe archéologique, 1\ . 1847 8, p. 667. Fournel, ! . II. p. 100. Féraud, Revue africaine. II. 1857-8, p. 160.
Duhousset, li Soc. d'ellmog ■ ■■■ i article cité) p. 33. Bertillon, Bull,
de la Soc. d'anthr., 1882, p. 391-2. Viré, ibid., 1893, p. 70. Etc. — M. Viré évalue les blonds, les roux el les châtains au tiers de la population de la Ivabylie, ce qui
paraît exagéré. Parmi les Kabyles étudiés pai M. Prengrucber, la proportion
des blonds el des châtains réunis est de 13,44 p. 100 : Lissauer, Zeitsehrift fur
le l'Aurès1; on en retrouve aussi dans d'autres régions :
ue i .Mues •; on en retrouve aussi dans il autres régions : près d' Ho nain (sur la côte oranaise8), autour de Saïda et de Tiaret3, de Boghar et de Téniet*, aux environs de Collo5, au Nord de la plaine du Hodna c, au Sud-Ouest et au Sud-Est de <lonstantine 7, entre Philippeville et Guelma8. En Tunisie, l'association du teint, des yeux et des cheveux clairs est exceptionnelle " : il existe pourtant de véritables blonds, peu nombreux, en Khoumirie", dans les montagnes à l'Est de Gafsa'1, dans l'extrême Sud1- et çà et là sur la côte orientale'3. A peu près partout, en Algérie " comme en Tunisie ' ", on rencontre
1. Vuteurs cités par Vivien di- Saint-Martin, (. c, el par Perier, t. c, p. 44, h. |. Masqueray, Revue africaine, XXI, 1877, p. 98, 104, 106, 107; XXII, 1878 p. 142, 27s. 280, 459. Randall-Maeiver el Wilkin, Lil.yan notes, p. lis. Bertholon,î. <-.. p. 1042-3. — Là aussi, le nombre des blonds a été exagéré conf. Papîllault, Bull, de la Soe. d'anthropologie, 1897, p. 540; de Lartigue, Monographie a\ l'Aurès, p. 387.