il m. 308 pour la période
:,j LES CONDITIONS BU DEVtELQPflEMENT HISTORIQUE.
qu'aujourd'hui '., comme l'indiquent les ossements de certains animaux, recueillis avec ces instruments : éléphants (de l'espèce dite Elephas atlanticus), rhinocéros, hippopotames2. Le Sahara, sans doute plus sec que la région méditerranéenne3, n'était cependant pas un désert1. Il est permis de supposer qu'il a pu être traversé par «les animaux qui ont besoin de quantités abondantes d'eau5, car on a constaté llidentité d'un certain nombre d'espèces qui existaient alors en Berbérie et qui vivent encore aujourd'hui au Soudan et dans l'Afrique australe".
Un climat chaud et très humide régna dans L'Europe centrale pendant une partie de l'époque quaternaire, dans le long intervalle de deux périodes glaciaires; c'est alors qu'apparaissent dans cette contrée les plus anciens vestiges de l'industrie humaine. l'uis vint une période de froid humide, suivie d'un climat à la fois sec et froid, caractérisé, au point île vue de la faune, par le renne; les cavernes servirent de demeures aux hommes. (le refroidissement dut aussi se faire sentir dans l'Afrique du
1. Mais lien pas. semble-Wl, pendant toute la durci' de l'époque pleistocène : voir Pomèl, dans Comptes rendus de V Icadémie des Sciences, CXIX, 1894, p. 314 el suiv.; Gautier, Annales de Géographie, XX. l'.lll, p. 142; Flamand, Recherches géologiques el géographiques sur le Haut-Pays de l'Oranie, p. Tii-'i. — Noter que, même pendant la période dont nous parlons, il y avait dan,- l'Afrique du Nord des animaux qui s'accommodent aujourd'hui d'un climat chaud, mais sec : la girafe, le zèbre, le chameau.
2. \ Gafsa, dans le Sud de la Tunisie, des alluvions superposées sur une grande épaisseur contiennenl des outils paléolithiques offrant les types les plus primitifs. L'étude de la formation de ces alluvions a convaincu M. il'' Morgan qu'il y avait eu à celte époque des précipitations atmosphériques Ires abondantes el très violentes (Reaue de l'École d'anthropologie, XX, 1910, p. 220).
:!. Gautier, Sahara algérien, p. 20.
I L'argument, tiré Mêla botanique, que Sehirmer (le Sahara, p. 133) invoque
I affirmer la très haute antiquité du désert au Sahara, n'est nullement
péremptoire. Voir Chudeau, Sahara soudanais, p. 139.
i i a question est, il esl vrai, 1res obscure, car il y a lieu d'admettre que, dans uni' période 'lu quaternaire, peul être celle donl nous parlons, un désert, coupanl les communications, s'élcndail sur le Nord «lu Soudan : Chudeau, /. c, p. 252 ''i suiv.
G. Voir l'hap. iv. Plus lard, la faune il'1 la Befbérie h celle du Soudan se dis-
èrenl très nettement; le Sahari lui plus un pont, mais une barrière :
i. ibcl , Studien zw Zoogeographie, I. p. 32 el suiv., 83; II. p. 239.
LE CLIMAT DE L'AFRIQUE Ml' XIHID DANS L'ANTlljUTK. 53
Nord. \ causant la disparition1 ou la diminution de quelques espèces animales, amenant peut-être l'homme à s'abriter sous des grottesi .Mais il fut beaucoup moins marqué que dans le centre de l'Europe J. Il n'y a probablement jamais eu de glaciers en Bèrbérie* même sur les montagnes très élevées de l'Atlas marocain 3.
11 est bien difficile de dire ce qu'a été exactement le climat de l'Afrique septentrionale pendant la longue série de siècles qui s'écoula entre cet âge primitif de l'humanité et l'époque à laquelle appartiennent les documents historiques les plus anciens, c'est-à-dire le milieu du premier millénaire avant Jésus-Christ. On peut seulement constater que, dans le Tell, la faune qui accompagne les restes de l'industrie paléolithique la plus récente et de l'industrie néolithique vit. ou pourrait vivre encore dans le pays; des espèces aujourd'hui disparues ne sont que faiblement représentées4. Notons, d'une part, llabondance des débris d'œufs d'autruche, animal auquel un ciel trop humide ne convient pas3; d'autre part, celle des escargots, qui ne s'accommodent point d'un air trop sec. Les stations, les ateliers, à ciel ouvert ou dans des abris sous roche, que l'on a rencontrés sur divers points du Tell, occupaient des lieux où les conditions olimatériques permettraient encore de fonder des établissements permanents0.