Live, Epit. I. l. : > Graecis litteris eruditus
i. Pomponius Mêla, lll, 4U : « ... templum àegyptii Herculis conditoribus, rcligione, vetustate, opibus inlustre. Tyrii constituere; cur sanctum su ossa eius ibi siia efflciunt. • Irnobe, I. 36 : - Thebanus aul Tyrius Hercules, hic in Qnibus sepultus Hispaniae, (lammis alter concrematus Oetaeis. »
vers la Méditerranée et que tes Grecs identifièrent avec leur Héraclès.
Les légendes qui se rapportent aux expéditions d'Hercule en Occident sont très nombreuses. On peut supposer que certaines d'entre elles se rattachent, d'une manière plus ou moins étroite, à Melqart '. Cependant les Grecs, à l'imagination fertile, ont dû prendre une part beaucoup plus importante que les Phéniciens à la formation de ces fables, soit qu'ils les aient attribuées à un dieu purement grec. Héraclès, suit que le culte de Melqart, constaté par rux en divers lieux, ait fourni des traits à leurs contes. De leur côté, les écrivains de langue punique, fortement imprégnés de culture hellénique, purent faire des emprunts aux Grecs. Il est bien difficile, sinon impossible, de démêler les éléments dont se compose chaque légende.
Dans celle que nous étudions, une indication est d'origine grecque : c'est l'étymologie du nom des Numides, identifié avec le mot vop-àSs?, les nomades2. Il s'agit soit d'un nom africain, que les (îrecs auraient transformé en No^àos; par un jeu de mots, soil d'une appellation purement grecque ;. Ce furent sans doute aussi des Grecs qui, les premiers, donnèrent le nom de Libyens (Aîëueç) aux habitants de la Berbérie. (le nom, sous sa forme africaine Lebou, désigna d'abord des indigènes qui vivaient au Nord-Ouest de la vallée du Ml; les Grecs durent le recevoir des Egyptiens et le retrouver ensuite en Cvrénaïque; plus tard, ils retendirent jusqu'à l'extrémité orcidwitale de l'Afrique du Nord. Notons encore que la courte description des mœurs des autochtones répond à une conception en quelque sorte classique, loin que très contestable, de la vie
I. Mais ii » ni pas toutes, c me l'a prétendu Movers, die Phonizier, II. J, p. 117
el suiv.
-. Conf. Meltzer, I. •-.. I, p. 57, -'is.
:j. Dans la première hypothèse, le latin Numidae pourrait reproduire pi m,-- cxac
temenl !<• nom indigène; dans la seconde, 1rs Romains auraienl adopté le
grec, en lui taisant subir une altération difficile à expliquer,
primitive de l'humanité1 : peut-être est-elle également d'origine grecque.
D'autre part, un détail est africain. C'est en eiïet l'aspect des cabanes, des mapalia des Numides qui a inspiré le passage relatif aux vaisseaux des Perses, retournés et transformés en habitations.
Nous distinguons Vlonc dans notre légende des éléments phéniciens, grecs et africains. Pourquoi amène-t-elle jusqu'en Afrique des Perses, des Arméniens et des Mèdes, dont la venue dans cette contrée est tout à fait invraisemblable"?
Pour les Perses, on peut donner une explication très plausible3. Nous avons vu' qu'au Sud du Maroc, divers auteurs signalent des Pharusii et des Perorsi, qui n'étaient probablement qu'un seul et même peuple, bordant le rivage de l'Océan, mais s'enfonçant au loin dans l'intérieur des terres. Par désir de les rattacher à une nation célèbre, on en lit des Perses. Pline , mentionnant les Pharusii, ajoute : quondam Persae; il y a là une allusion à la légende, comme le prouvent les mots qui suivent : comités fuisse dicunlur Herculis ad Hesperidas lendentis". Les Jlèdes ont-ils été introduits dans cette fable