‹ Histoire ancienne de l'Afrique du nord (volume 5)Chapitre 242 sur 404 · Vivien, p. I2T-S · texte numérisé non relu

Vivien, p. I2T-S

li. Conf. Mêla. III. 103 : ■ Pharusii aliquando tendenle ad Hesperidas Hercule dites. . Varron {apud Pline, III, 8) faisait venir des Perses en Espagne. S'agit-il

d' ■ vieille iradil d'origine Inconnue, qui, avec l'existence des Pharusii,

des Perorsi en Afrique, a pu contribuer à la formation de la légende? Il est plus probable que Varron a connu le récil reproduit par Salluste dans {eJugurtha;

RELATIONS AVEC D AUTRES CONTRÉES. H 3 : i

pour justifier l'appellation de Maures donnée à une grande partie des indigènes? Le passage Libyes... barbara lingua M <i un ix pro Médis adpellantes pourrait le faire croire. Il faudrait connaître exactement le nom, employé en Afrique, que les Romains ont transcrit -Mauri et dont les Grecs ont fait Mxupo j-w.. S'il s'agit d'un mot phénicien signifiant les Occidentaux, c'était Mahourim, ou quelque forme voisine; mais peut-être le terme dont les indigènes se servaient ressemblait-il davantage au nom que les Phéniciens donnaient aux Mèdes1. Quant aux Arméniens, leur prétendue invasion doit s'expliquer de la même manière : il y avait sans doute quelque peuplade africaine portant un nom analogue; cependant on n'a présenté à cet égard que des hypothèses peu satisfaisantes-.

Puisqu'on faisait venir de si loin les prétendus ancêtres d'une partie des indigènes, il fallait leur donner quelqu'un pour les conduire. Hercule, l'infatigable voyageur, était désigné pour ce rôle; nous allons voir que ce n'est pas la seule légende

peut-être les deux indications de Mêla el de Pline relatives aux Pharusii, que nous venons de citer, lui ont-elles été empruntées.

1. Pour expliquer la mention de ces Mèdes, on a invoqué le- noms 'le plusieurs tribus berbères signalées par îles auteurs arabes : les Medàça, les Mediouna (Vivien, p. 127: conf. Tissot, I. p. il3, n. I . le- Masmouda (Tauxier, Revue africaine, VII. 1863, p. ibi: Berlholon, Revue tunisienne, Y. 1898, p. 132). On a aussi parle de la Medjana. grande plaine a l'Ouest de Sélil (Cat, Essai sur lu province romaine de Maurélanie Césarienne, p. I7:i: ce nom pourrait venir directement d'un terme employé par les Latins, Medianas, mai- celui-ci esl peut-être d'origine indigène). On peut encore penser a un ethnique qui se retrouverait dans Madfiliis, Ma.l-hes, prétendu ancêtre d'une des deux grandes famille- des Berbères (Ibn Khaldoun, Histoire dm Berbères, trad. de Slane, 1, p. 168 el 181; conf. III, p. 180 et 181): d'où Madghasen, nom donne à un tombeau royal de Numidie (Gsell, Monuments antiques de l'Algérie, I, p. 63 el suiv.). Ou bien au mol Mazk, ethnique qui réparait dans diverses régions de l'Afrique du Nord; dans ce mol le : avait un son voisin du d (C. /. /... VIII, 9613; Gsell, Rec. de Constantine, XXXVI, 1902, p. 23, n. 2). Mazigh, (Ils de Canaan, passait pour l'ancêtre d'une partie des Berbères : Ibn Khaldoun, '. c, I, p. 169 el 178. Mais toutes ces conjectures sont évidemment 1res peu solides.

2. Vivien de Saint-Martin (p. I27i pense aux iiunnana. mentionnés par liai Khaldoun ('. c, I. p. 27'.i): Miller (dans Philologus, LVI, ISU7, |.. 333), aux 'Aputcc. 'le Ptolémée (IV, li. 6), ou bien aux riverains du fleuve Irmua, en

n li.' (Pline, V, 22i. .m même aux Garamantes, .le ne suis nullemenl

convaincu .

où il figure comme chef d'expéditions venues de l'Asie. Les l'erorsi étant établis sur la côte de l'Océan, il était naturel de faire passer leurs aïeux par l'Espagne. La mort d'Hercule dans cette contrée expliquait pourquoi les Asiatiques, privés d'un tel chef, s'étaient contentés d'occuper une région limitée du littoral, à proximité de la péninsule ibérique, au lieu de conquérir immédiatement toute la Berbérie.

En somme, tout est fable dans ce récit1. Je ne vois même pas pourquoi l'on y chercherait un souvenir très vague d'une grande invasion qui aurait pénétré dans l'Afrique septentrionale par le détroit de Gibraltar2.

Selon Strabon3, quelques uns disaient que les Maures étaient des Indiens, qui étaient venus en Libye avec Héraclès. On n'a pas d'autres renseignements sur cette légende '. Nous savons ce qu'il faut penser du rôle attribué à Hercule. Quant aux Indiens, rien ne permet de croire qu'ils aient contribué au peuplement de l'Afrique du Nord. Cari Hitler ' a rapproché, il est vrai, le nom de Berbères, donné par les Arabes aux indigènes du Magbrib, de plusieurs autres noms que l'on rencontre soit en Inde (les Warwara, qui. dans des temps reculés, auraient habité dans le Dekhan), soit sur le golfe d'Aden (la région appelée

1. Que Movers ('. c, II. -. p. 112, 123-4) considère comme un document de In plus haute importance pour l'histoire ancienne de l'Afrique.

2. « Ainsi s'explique la présence, parmi les Kabyles de l'Algérie, de tribus blondes - : Lenormanl (ri Babelon), Histoire ancienne de l'Orient, VI, p. 605-6. {'..ml'. Tissot, Géographie, I. p. i I i.

:). XVII, 3, 7 : Toùç 5è Maupou?iou; b'vio: paiiv 'lv8où; sîvai rou; uuTf>taTeJ.8ovca; 'HpaxXsi Seûpo.

i. il paratl téméraire de ciler ici Lucain (IV, 678-9) : - concolor Intlo Maurus », el Juvénal (XI, 125) : « Mauro obscurior Indus ». Il se peul cependanl que l<'^ gens donl parle Strabon n'aient pas l'arguments plus sérieux que ces comparaisons pour rattacher les Maures aux Indiens.

5. Die Erdkunde, 2° édit. (1822), I. p. 554 el suiv. Conf. Vivien de Saint-Martin, p. 208 9.

ilans l'antiquité Barbaria, où se trouve le lieu qu'on nomme encore aujourd'hui Berbera), soit en Nubie (les Barabra1, qui vivent dans la vallée du Nil entre la première et la quatrième cataracte: il y a sur le fleuve, en aval du confluent de l'Atbara, un lieu appelé Berber)2. Ces noms ne jalonneraient-ils pas la route suivie par les Berbères entre l'Inde et le Nord-Ouest du continent africain? Mais une telle hypothèse n'est pas soutenable. Sans vouloir discuter l'origine des autres noms indiqué», il nous suffira d'observer que. dans le Maghrib, le terme Berber n'est pas un ethnique datant d'une époque très lointaine, qu'il est simplement le mot latin barbants, ou, comme l'on disait dans l'Afrique romaine, barbar*. Avant l'invasion arabe, il désignait les indigènes restés réfractaires à la civilisation latine; pour les Arabes eux-mêmes, il s'opposait au terme Boum, les Romains \

Josèphe ' donne une très courte indication qui peut faire supposer que certains auteurs attribuaient aux Gétules une origine orientale. L'historien juif, commentant le chapitre x de la Genèse, dit qu'EùlXaç (Hévila), fils de Xoûffoç (Koush) et petitfils de Chani, fut l'auteur des EùiXalot, « qui maintenant sont appelés Gétules (TaiToûXoi.) s ». Or les fils de Koush énumérés dans la Bible7 (le passage semble dater du vie ou du v" siècle)

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